MEMORABILIA

Le Chaos Afghan: entre déconfiture américaine et bouleversement géopolitique régional…

Cette semaine, pour faire le point sur la situation afghane, Alexandre del Valle s’est entretenu avec deux grands experts de la région: Emmanuel Razavi, spécialiste du Moyen-Orient, directeur de la rédaction du site d’informations Fildmedia.com, qui a couvert la guerre en Afghanistan en tant que Grand Reporter de guerre, tant du côté de l’armée américaine que des Talibans, puis le géopolitologue Viatcheslav Avioutskii, spécialiste du monde russe et post-soviétique, fin connaisseur de la zone Af-Pak, professeur à l’ESSCA School of Management. Ces deux visions, l’une de terrain, l’autre académique, se complètent et confirment que la question afghane, fort complexe, doit être analysée dans ses différents contextes local, régional et global, et non en fonction d’émotions ou de visions conjoncturelles propres aux chaînes d’infos.

Viatcheslav Avioutskii Emmanuel Razavi et Alexandre Del Valle. ATLANTICO. 3 septemnbre 2021

La première question que le public et les décideurs se posent depuis le 15 août derniers est la suivante: les Talibans ont-ils vraiment changé? Est-ce vrai que les Etats-Unis, le Qatar et d’autres puissances qui ont négocié leur retour ont obtenu des garanties selon lesquelles ils auraient rompu avec le jihadisme international, Al-Qaïda, et ils préserveront les droits des femmes et des opposants, etc? Les événements survenus ces derniers jours, qui indiquent un début de persécution d’opposants et un retour à la dictature théocratique, ne semblent pas aller dans ce sens, d’autant que le numéro deux des Talibans n’est autre que Sirajuddin Haqqani, le leader de la mouvance jihadiste afghano-pakistanaise qui fait le lien entre les Talibans officiels et Al-Qaïda… 

Pour Emmanuel Razavi, qui scrute attentivement la situation afghane depuis le départ des Américains et la prise de Kaboul par les talibans, il est difficile de croire en pareille assertion dans la mesure où « les talibans, qui se montrent en apparence unis, sont en fait un mouvement hétérogène formé de différents groupes avec des chefs qui peuvent avoir des intérêts différents sur le plan local, mais aussi vis-à-vis du Pakistan », ce qui signifie que l’on peut négocier avec une tendance plus modérée sans que la tendance plus radicale ne se sente engagée… Sur le terrain, notamment, Razavi confirme la persistance de ces deux tendances au sein des Talibans et le fait qu’aucune ne domine l’autre: premièrement, celle, « historique », qui reprochait à Al Qaida d’avoir commis les attentats contre le World Trade Center et considéraient clairement Ben Laden comme l’homme qui avait causé leur chute en raison des attentats du World Trade Center. L’un d’entre eux, le Mollah Khaksar, disparu depuis, m’avait clairement laissé entendre qu’un Ben Laden neutralisé ne lui poserait aucun problème, et qu’il n’avait jamais apprécié l’homme, qu’il avait rencontré à plusieurs reprises. Les talibans de sa mouvance étaient en fait d’après lui contre l’exportation du jihad en Occident. Pour eux, la terre de Jihad était l’Afghanistan. Deuxièmement, l’autre, proche des services de renseignement pakistanais, qui entretenait des liens avec al Qaida. Certains d’entre eux considéraient l’organisation terroriste comme une alliée et respectaient Ben Laden.  Pour l’expert et ex-Grand reporter de Guerre en Afghanistan, « ce sont ces derniers qui vont imprimer leur marque, car ils sont soutenus par les services secrets Pakistanais et ont, de fait, un État puissant derrière eux. Il faut rappeler que le Pakistan utilise l’Afghanistan comme une base de repli stratégique dans le cadre du conflit qui l’oppose à l’Inde. Une partie des cadres des services secrets pakistanais, l’ISI, considèrent aussi les talibans comme des supplétifs ». Razavi en conclut que « la situation n’est guère meilleure qu’avant 2001 en Afghanistan et qu’elle est peut-être pire car les talibans ont repris Kaboul, il y a toujours al Qaida, et depuis 2015, Daesh »… Pour lui, c’est une « guerre perdue, qui laisse présager un retour au chaos et au terrorisme, y compris jusqu’en Europe, quoiqu’en disent les Talibans, qui ne sont pas fiables. Il faut comprendre qu’à leurs yeux, ils ont défait la plus grande armée du monde, ainsi que la coalition. En clair, il y a peu de raisons de les faire céder sur quoi que ce soit, même s’ils demeurent très fragiles sur le plan financier, ce qui est peut-être un moyen de faire pression sur eux. Enfin, le dogme et la violence des talibans n’ont évolué en rien. Normal, puisqu’une partie de leurs dirigeants sont les mêmes qu’il y a vingt ans ». Rien de très rassurant…

De son côté, le géopolitologue franco-russe Viatcheslav Avioutskii, qui connaît bien la région et les rivalités intertribales et idéologiques pour avoir longtemps étudié la guerre afghane contre l’invasion soviétique et ses conséquences, estime que la reprise du pouvoir en Afghanistan par les Talibans depuis le retrait total américain est « un bouleversement géopolitique majeur qui aura des répercussions régionales durables ». Il rappelle tout d’abord qu’il convient d’analyser la situation afghane du point de vue de la région Asie centrale postsoviétique qui « se trouve soudainement exposée à une menace de la propagation de l’idéologie des talibans, notamment dans la direction de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, les deux pays ayant des affinités ethnoculturelles avec le nord de l’Afghanistan, qui abrite une très importante communauté tadjike et une communauté ouzbèke. Le risque de débordement est donc pour lui très grand, car dans ces deux pays les gouvernements ont échoué de moderniser l’économie, la corruption est très répandue et les populations sont déçues par trois décennies qui ont suivi la fin de l’URSS ». Bien qu’assez critique vis-à-vis du pouvoir russe poutinien, Avioutskii répond à notre question de savoir quel jeu joue Moscou en Afghanistan, que « la Russie jouera sûrement un rôle stabilisateur de par sa présence militaire au Tadjikistan et sa coopération en Ouzbékistan ». En revanche, il rappelle que « c’est le Turkménistan qui inquiète le plus car il existe de très sérieux doutes quant à sa capacité de repousser une éventuelle attaque venue d’Afghanistan. Le Turkménistan vit en isolation auto-imposée et sa capacité militaire est méconnue. Dans la direction sud, le Pakistan reste exposé avec son arsenal nucléaire. Il faut savoir qu’une partie de la société pakistanaise adhère au projet islamiste ». Quant au Qatar, qui a joué un rôle central d’intermédiaire pour les négociations entre les Etats-Unis et les Talibans dans le cadre du plan de retrait des troupes américaines et qui a toujours entretenu de bon rapports diplomatiques avec les Talibans comme avec d’autres mouvances islamistes mondiales (Frères musulmans, Erdogan, Islamistes somaliens Shebab, jihadistes et islamistes maliens, Al-Qaïda en Syrie, etc), cet étrange allié de l’Occident semble selon Avioutskii « avoir profité de la situation, en se positionnant tantôt comme intermédiaire entre les talibans et le monde extérieur tantôt comme un soutien discret ».À LIRE AUSSIAfghanistan : le plus grand détournement d’argent public de l’histoire

Une autre question majeure posée à nos deux experts est celle relative aux opposants aux Talibans, notamment à la principale force armée qui a historiquement résisté aux Pachtounes et aux talibans, les tadjikes de Massoud. Certains Occidentaux ont d’ailleurs parfois idéalisé le clan Massoud, et d’autres constatent qu’ils négocient eux aussi avec les Talibans dans le cadre d’une stratégie de survie qui témoignerait de leur faiblesse stratégique. 

Pour Emmanuel Razavi, qui rappelle que les talibans ont conduit ces dernières heures un assaut sur la vallée du Panshir, on ne peut nier que les forces tadjikes de Ahmad Massoud incarnent l’une des dernières poches de la résistance, toutefois, il est indéniable que Massoud « est un pragmatique qui sait que la situation sur le terrain ne joue pas forcément en sa faveur, d’autant qu’il ne dispose pas ou de peu de points de replis stratégiques, y compris pour son ravitaillement, et ne peut rien sans un appui international. Il semble donc ouvert à la négociation avec les Talibans en raison de cela, mais à condition que ces derniers acceptent un gouvernement qui soit représentatif des différentes composantes ethniques ». Razavi ne partage pas l’avis de ceux qui annoncent une future capitulation des Tadjikes. Pour lui, qui connait certains de ses compagnons de route, il ne fait pas de doutes « que si Massoud ne parvient pas à un accord qui lui soit favorable, alors il ne cèdera pas. Les hommes qui le suivent sont déterminés, même s’il existe aussi des dissensions entre eux ». En effet, la géopolitique est complexe, et parfois paradoxale, comme l’être humain! Par ailleurs, « les talibans auront peut-être la partie plus difficile qu’ils ne le croient dans les grandes villes, où les femmes et les jeunes sont différents de ce qu’étaient leurs parents il y a 20 ans. Il va y avoir une forme de résistance culturelle et générationnelle d’une partie de cette population. C’est, je crois, un élément à prendre en compte ».

Pour Viatcheslav Avioutskii, il est clair que « la situation des résistants tadjiks et d’autres éléments de l’armée afghane qui ont refusé de se rendre et qui se sont réfugiés dans la vallée de Panshir est confuse et leur sort n’est encore pas tranché. Il dépendra sûrement des soutiens extérieurs en armes et en argent, qui dépend de l’attitude des parties prenantes au conflit envers les talibans. Si un futur dialogue entre les occidentaux échouent, cette enclave comme en 2001 pourrait redevenir une base de résistance au régime taleb ». L’expert géopolitologue rappelle que la Russie est aujourd’hui en attente et qu’elle n’a pas encore tranché en ce qui concerne l’attitude à avoir envers les nouveaux maîtres de Kaboul. Il estime même que même si Moscou a au départ songé à reconnaître le gouvernement taliban après avoir mené d’importantes négociations avec eux depuis des années, « si ce régime déstabilise l’Asie centrale, il n’est pas exclu que Moscou apporte son soutien à Ahmad Massoud ». Avioutskii estime que « la position des Russes n’est encore pas tranchée, à la différence des Chinois, pour qui le départ des Américains signifie une extension quasi naturelle de leur zone d’influence vers l’ouest ». Globalement, selon Avioutskii, les deux puissances leaders du « multipolarisme », la Russie et la Chine, perçoivent le départ des Etats-Unis de l’Afghanistan comme le « recul géopolitique flagrant de la première puissance mondiale. Toutefois, les intérêts des Chinois et des Russes ne sont pas tout à fait les mêmes, bien que les deux pays cherchent tout d’abord à sécuriser l’Asie centrale pour la Russie et le Xinjiang pour la Chine. On peut donc s’attendre à l’émergence d’une nouvelle rivalité russo-chinoise autour de l’Afghanistan avec un soutien des fractions différentes y compris au sein des talibans. Toutefois, il est encore très tôt pour en parler avec la certitude ».

Concernant la Turquie d’Erdogan, elle se voit selon l’expert comme une « remplaçante bienveillante des Américains, mais apparemment les Talibans ne sont pas prêts à accepter une nouvelle présence étrangère même s’ils en ont besoin pour remettre en marche l’aéroport et d’autres infrastructures sophistiquées qu’ils ne maîtrisent pas ». Enfin, s’agissant de l’Inde, autre acteur « régional » majeur, ennemi juré du Pakistan protecteur des Talibans, dont le rôle est souvent ignoré par les analyses médiatiques, Avioutskii rappelle que « si elle est restée très discrète depuis la chute de Kaboul, c’est toutefois logiquement elle qui est la plus intéressée au maintien de cette enclave anti-taliban » qu’est la zone tadjike contrôlée par le clan Massoud. « Les informations sur les négociations avec les talibans sont assez confuses. Leur issue dépendra de l’évolution du contexte géopolitique externe », poursuit-il.

Revenons maintenant à la question qui a saturé les médias et fait l’actu en France et en Occident depuis la prise de Kaboul par les Talibans le 15 août: Quid des Afghans qui ont collaboré et n’ont pas eu de visas ?

Emmanuel Razavi précise que « les diplomates français qui étaient en poste à Kaboul ont été remarquables dans la gestion des évacuations. Ils ont fait preuve de courage et de méthodologie, à commencer par l’ambassadeur de France, David Martinon, qui avait esquissé dès le printemps le scénario du pire, et qui a servi à Kaboul jusqu’au dernier moment. Il faut ainsi reconnaître que des choses avaient déjà été faites, même si ce n’est jamais satisfaisant sur le plan humain car en effet, certains n’ont pu être évacués. Il y a eu plus d’un millier de gens qui ont travaillé avec l’armée française en Afghanistan entre 2001 et 2014, et il y avait déjà eu plusieurs vagues de rapatriements entre 2014 et 2018″. Mais il y a eu parfois des cas très particuliers, comme un homme qui avait plusieurs épouses »…. Toutefois, l’expert ajoute » ce n’est pas à moi de dire ce qu’il fallait faire dans un cas comme celui-ci, mais l’on peut comprendre que cela ait posé question. Le fait est qu’il reste des gens sur place, qui risquent la mort. Avec les familles de ceux qui n’ont pu partir, on parle de plusieurs centaines, c’est véritable drame. Il faut souhaiter que la France réussisse à les rapatrier. En contact étroit avec des milieux militaire et du renseignement, Razavi assure que « nos services se démènent. Il est injuste à ce stade de les accuser d’abandon, même si la situation n’est pas satisfaisante.  Il ne faut quand même pas oublier que le retrait américain a mis tout le monde devant le fait accompli et qu’on fait face sur place à une situation de chaos ». Pour Viatcheslav Avioutskii, cette question est délicate car « il semblerait que les Afghans qui ont collaboré avec l’armée française sont répartis un peu partout en Afghanistan et qu’une partie d’entre eux, qui se trouve en-dehors de la capitale, n’a pu accéder à l’aéroport. Leur évacuation sera difficile dans les prochaines semaines à venir, probablement à travers le Pakistan ou le Tadjikistan. D’accord avec Razavi sur ce point, il estime que « comme pour ses partenaires de coalition, le sauvetage de ces collaborateurs est non seulement la question d’honneur, mais aussi de sa crédibilité, de la crédibilité de sa politique et de sa présence dans les pays musulmans ».

Venons-en à la grande question sécuritaire posée par la présence de l’État islamique en Afghanistan, sachant que Daech a revendiqué les derniers attentats suicides, dont celui de l’aéroport qui a fait 84 morts dont 13 soldats américains. Daech a-t-il un avenir en Afghanistan ? La violence des Talibans, leur nationalisme tribal, leur contrôle du territoire, leur supériorité numérique et leur nouvel agenda politique pragmatique ne sont-ils pas des obstacles majeurs à l’ascension de l’EI?  

Pour Emmanuel Razavi, la présence de l’EI est un fait qui « laisse présager le chaos absolu. Les Américains ont fait les frais de la menace qu’ils représentent il y a quelques jours avec l’attentat suicide dont ils ont été la cible ». L’expert s’appuie sur un rapport des nations Unies pour affirmer que Daesh compterait un peu plus de 2000 combattants dans le pays, avec parmi eux, d’anciens talibans pakistanais et afghans, ce qui montre que Daesh n’est pas qu’une organisation terroriste arabe étrangère dans ce pays mais qu’il s’appuie sur des ex-Talibans entre autres, majoritairement pachtounes, comme les maîtres de Kaboul. Bref, une organisation en pleine croissance, et qui recrute les Talibans déçus de voir une partie de leur chef négocier avec les anciens envahisseurs américains. « En 2004, rappelle l’ex-Grand Reporter de guerre, on parlait d’à peine 1200 talibans, et vous voyez où ils en sont aujourd’hui… Je sais que comparaison n’est pas raison, mais les terroristes de Daesh jouent sur le même terrain que les talibans, qu’ils désignent comme des apostats, les accusant d’avoir négocié avec les États-Unis. On peut donc imaginer que d’autres djihadistes encore plus radicaux les rejoindront pour cette raison, et qu’ils vont tout faire pour déstabiliser le nouveau pouvoir taliban, en pratiquant l’hyper-terrorisme, notamment dans les grandes villes ». 

De son côté, Viatcheslav Avioutskii rappelle que « des centaines de membres de l’EI-Kh (Etat islamique dans la Province du Khorasan, ndlr) ont été libérés des prisons afghanes au résultat de la conquête fulgurante des talibans. Le fait que l’EI-Kh ait réussi dans un temps record à lancer deux attaques contre l’aéroport dont l’une a malheureusement réussi montre que cette organisation est parvenue à se reconstituer et maintient son potentiel nocif dans ce pays prédisposé à des mouvements de guérilla en raison de son relief et de son isolement », complète-t-il. 

Enfin, que répondre à ceux qui reprochent au Président Biden d’avoir poursuivi la politique de désengagement qui était au coeur de la doctrine anti-interventionniste de son prédécesseur, Donald Trump, qui a décidé le retrait unilatéral des troupes américaines d’Afghanistan?

D’après Avioutskii, Biden aurait pu décider que les troupes US « restent en Afghanistan pour quelques années encore sans aucun résultat, vu la réticence à déployer plus de forces, mais l’opinion publique américaine s’opposait à ce maintien des troupes américaines. Le problème de Biden est l’incohérence de la politique américaine en Afghanistan, car le retrait de troupes a commencé avant d’avoir obtenu la victoire militaire sur le champ de bataille. Avioutskii rappelle un fait souvent ignoré par les commentateurs médiatiques anti-Trump: « le tournant s’est produit vers 2011, lorsque le conflit en Syrie a fait changer les priorités, ce qui a conduit à une réduction progressive de la présence militaire américaine en Afghanistan. Or, sans victoire militaire claire et sans l’adhésion massive de la population aux valeurs des vainqueurs, l’exportation de la démocratie échoue ». Jadis, l’exportation de la démocratie et la stratégie des « regime change » n’ont pu triompher en Allemagne et au Japon, selon le géopolitologue, « qu’après une défaite militaire très douloureuse dans ces deux pays. Il faut aussi reconnaître que les Américains ont échoué de proposer un modèle attractif à un pays très pauvre marqué par la prédominance de la société patriarcale agricole très peu concernée par la modernisation que les occidentaux n’ont pu introduire que dans quelques grandes villes. La taille du pays (38 millions d’habitants) a montré les limites du financement occidental trop insuffisant pour le changer en profondeur. L’instabilité a bloqué tout investissement productif et l’émergence de l’industrie minière par exemple. Pour changer radicalement la situation et très vite, il fallait une réelle et durable (plusieurs décennies) occupation du pays pour assurer la sécurité et créer un écosystème propice pour les investissements dont le volume devrait être largement supérieur à ce que les Américains étaient prêts à accorder »… 

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