MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Le procès oublié de l’islamisme et ses valets»

Par Ivan Rioufol. 9 septembre 2021. LE FIGARO

Ivan Rioufol. François BOUCHON/Le Figaro

CHRONIQUE – Il est facile de déclarer la guerre au Covid, comme l’a fait Emmanuel Macron le 16 mars 2020.

Mais un chef de l’État devrait réserver ces mots graves aux ennemis de la France.

La France, terrorisée par un virus, est-elle armée pour faire face à l’islam qui tue? Le procès des attentats du 13 novembre 2015(130 morts, à Saint-Denis et Paris) s’est ouvert mercredi à Paris et durera neuf mois. Il racontera l’horreur de ce vendredi soir. Un commando de dix djihadistes, dépêchés par l’État islamique en Syrie, faucha à la kalachnikov des vies sur des terrasses de bistrots (Le Carillon, Le Petit Cambodge, À la bonne bière, 
La Belle Équipe, Cosa Nostra). Il transforma la salle de spectacle du Bataclan en un bain de sang (90 morts). Les victimes raconteront cette barbarie. Seul un survivant du commando, le «Français» Salah Abdeslam, se retrouve dans le box auprès de treize autres accusés subalternes. Mais ce tribunal ne pourra être, hélas, le Nuremberg du nazislamisme et de ses collabos: cette idéologie mortifère prospère toujours en certaines terres d’islam. L’angélisme occidental est son valet.À découvrir

À LIRE AUSSI13-Novembre: «La violence terroriste est le fruit d’une idéologie politique, pas d’une folie»

La République exhibe trop de faiblesses pour impressionner ces fanatiques. Ses priorités ouatées pour le bien-être, la santé, le vivre-ensemble laissent voir sa pusillanimité. Les plaques commémorant les attentats de 2015 ne disent rien de leur caractère islamiste. Il est aisé pourtant de voir d’autres témoignages, dans les rues de Paris, rappelant sans fausse pudeur les crimes de l’occupant nazi. Le «pas d’amalgame», qui dissocie avec raison les musulmans de l’islam terroriste, est un prétexte pour effacer le lien entre la guerre sainte et une lecture du Coran. «Ceci n’est pas l’islam», répètent perroquets et autruches. Or cette peur d’avoir à mettre en cause le dévoiement d’une religion est un renoncement à combattre le mal. Après la décapitation par un djihadiste du professeur Samuel Paty, le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), une seule école maternelle ose porter son nom.

La débâcle américaine en Afghanistan, qui a offert aux talibans l’arsenal militaire US laissé sur place, n’a fait que ridiculiser davantage le monde libre et donneur de leçons

La France craintive doit s’endurcir si elle veut résister à la pression islamiste, qui se rit de la mort. Continuer à combattre ce totalitarisme au Sahel est une chose utile. Le briser sur le territoire national est plus indispensable encore. Il est facile de déclarer la guerre au Covid, comme l’a fait Emmanuel Macron le 16 mars 2020. Mais un chef de l’État devrait réserver ces mots graves aux ennemis de la France. À Marseille, l’autre jour, le chef de l’État n’a pas évoqué l’islamisation des quartiers nord ni leur séparatisme: un phénomène qu’il a dit pourtant, récemment, vouloir réduire. Depuis vingt ans – 11 septembre 2001 – l’Occident est la cible
d’une offensive de l’islam revanchard et guerrier. Or la débâcle américaine en Afghanistan, qui a offert aux talibans l’arsenal militaire US laissé sur place, n’a fait que ridiculiser davantage le monde libre et donneur de leçons.

Le procès de la terreur du 13 Novembre décortiquera les faits et les réseaux. Mais la réduction des attentats à leur seul aspect criminel occultera, sinon à la marge, la mise en accusation d’une idéologie suprémaciste, antisémite, antichrétienne. En France, cette dernière a aussi frappé à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, sur la Promenade des Anglais à Nice, dans sa basilique, etc. À Kaboul, le même obscurantisme coranique remet les femmes sous des burqas et applique la charia. Or ce totalitarisme, parce qu’il prétend défendre le dominé, a ses soutiens dans les démocraties qu’il vomit. La culpabilisation de l’Union européenne a favorisé le multiculturalisme et l’effacement des racines judéo-chrétiennes. Les «élites» ont acheté la sécurité des nations fatiguées en acceptant de les soumettre aux exigences de visibilité du monde islamique et de ses conquêtes. Ces traîtres mériteraient aussi leur procès.

Choc des civilisations

Ces assises rappellent néanmoins que l’histoire est tragique. Une société obnubilée par son confort immédiat s’avilit à se calfeutrer et à obéir à un système despotique. L’hystérie sanitaire a montré la facilité avec laquelle des Français étaient prêts à abandonner des libertés pour prix de leur sécurité. Or cette victoire apparente de l’idéologie hygiéniste, soutenue par une révolution numérique permettant la surveillance des individus, est une régression démocratique. Elle laisse craindre une même passivité du plus grand nombre en cas d’exigences islamistes renouvelées: la soumission est un état d’esprit pour qui cherche d’abord sa tranquillité. D’autant que l’État, qui joue des muscles pour imposer son biopouvoir, reste timoré face aux sicaires d’Allah. Comme le remarque Robert Redeker (1): «Les États se dessèchent, tombent en friche, par l’effet de la désertion passive des peuples (…) La crise planétaire du Covid-19 en 2020 et 2021 fut le leurre destiné à faire croire aux peuples que les États, puisqu’ils organisaient la mobilisation contre cette pandémie, étaient encore vivants.» Ce monde aseptisé et timoré est décadent.

Voici d’ailleurs un beau thème de campagne pour les partis endormis. À droite, la place de l’immigration et de l’islam ne commence qu’à peine à être approfondie. Pourtant, le choc des civilisations est au cœur des attentats djihadistes. Il est au cœur de la contre-société islamisée qui balkanise la nation et sème la guerre intérieure. Or il est saisissant d’observer la passivité du monde politique et, apparemment, d’une grande partie de l’opinion terrorisée par le Covid. Tandis que l’échéance présidentielle approche, un ronron prédomine. Le pouvoir fait valoir, avec raison, la rare convergence entre le gouvernement et le peuple, qui plébiscite les vaccins à 90 % et soutient le passe sanitaire à 67 %. Pourtant, ceux qui persistent à manifester chaque samedi ont raison de dénoncer le prix, exorbitant pour les libertés, de cet univers ultra-sécurisé et orwellien, né du mariage de la «Big Tech» et de l’État «Big Mamma». Il ressemble comme deux gouttes d’eau au nouveau monde sans contacts de la 
«grande réinitialisation» mondialiste et robotique, telle que Klaus Schwab, fondateur du sommet de Davos, le décrit (2).

Belmondo, si Français

La mort de Jean-Paul Belmondo, lundi. Avec lui, disparaît une France libre, impertinente, gouailleuse, joyeuse, cultivée, séductrice, débrouillarde. Même Libération a rendu hommage sur 13 pages à ce mâle blanc, hétérosexuel et populaire, qu’adore détester la gauche. La fin d’un monde? Aux Français d’en décider.


1. Réseaux sociaux: la guerre des Léviathans (Éditions du Rocher). 
2. Covid-19: la grande réinitialisation, avec Thierry Malleret (Forum Publishing)

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