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FOG – Macron, la dette de l’État et le syndrome marseillais

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ÉDITO. Après les « marseillades de M. Macron », FOG conseille au président de préparer la prochaine génération plutôt que la prochaine élection…

FOG - Macron, la dette de l'Etat et le syndrome marseillais
FOG – Macron, la dette de l’État et le syndrome marseillais

Publié le 11/09/2021 LE POINT

C’est le degré zéro de la politique, une mauvaise séquence de cinéma qui nous rappelle que, comme disait Nikita Khrouchtchev, les politiciens font un métier qui consiste à promettre de construire des ponts, même quand il n’y a pas de fleuve.

M. Macron vaut sans doute mieux que ça. Mais  son show marseillais , la semaine dernière, augurait mal du niveau de la  campagne présidentielle qui commence. Que les caisses de l’État soient quasi vides, cela n’a pas empêché « Manu-les-poches-pleines » de jouer au Père Noël, par ici la bonne soupe, sous l’œil complaisant des médias, qui avaient le doigt sur la couture du pantalon.

Autres temps, autres mœurs. Il avait fallu un an à M. Ayrault, Premier ministre de M. Hollande, pour mettre au point un plan de 3 milliards qui, en 2013, était déjà censé permettre à la métropole Aix-Marseille de faire face à la « montée de la criminalité ».  M. Macron a bâclé le sien, chiffré à 1,5 milliard , en quelques jours, après la mort d’un ado, en vertu d’un théorème qui ne contribue pas qu’un peu à rabaisser la politique : un fait divers qui émeut les Français égale une loi ou une subvention, ou les deux.

Qu’il faille investir sur Marseille, ville pauvre, c’est incontestable, et beaucoup a été fait, ces dernières années, sous le règne de  Jean-Claude Gaudin , à l’image des pharaoniques rénovations encore en cours dans les 3e ou 15e arrondissements de la ville, qui font partie des quartiers pauvres. Mais, avant de sortir en toute hâte le carnet de chèques (en bois), avant la présidentielle, n’aurait-il pas mieux valu que le chef de l’État consulte, écoute et réfléchisse un peu ? Peut-être considérait-il que c’eût été une perte de temps.

Puissent les candidats de 2022 ne pas multiplier les « marseillades » de ce genre et la campagne électorale ne pas ressembler encore à une foire aux promesses qui n’engageraient que ceux qui les reçoivent. L’heure est trop grave : dans l’état actuel de ses finances, la France n’a plus les moyens de la démagogie des politiciens, et ceux qui prétendent la représenter demain n’ont pas le droit de se vautrer dans l’ochlocratie, le gouvernement par la foule, que Jean-Jacques Rousseaudéfinissait comme une dégénérescence de la démocratie et la fin de la volonté générale.

Dans « Le Suicide français », énorme best-seller, paru en 2014,  Éric Zemmourannonçait dans un sépulcral épilogue que notre cher et vieux pays était mort, cliniquement mort, déjà couvert de pelletées de terre. Depuis le temps, sa décomposition aurait dû être bien avancée. Mais non, ô miracle, il a entre-temps ressuscité : La France n’a pas dit son dernier mot, tel est le titre, bien moins catastrophiste, du nouvel opus zemmourien, promis à un grand succès. Tous les espoirs nous seraient-ils encore permis ? Sans doute.

Il suffirait d’ouvrir les yeux, pour une fois. La culture du déni, spécialité française, à gauche comme à droite, permet à nos « élites » d’occulter tout ce qui menace notre identité, sinon notre essence : la désindustrialisation, l’acculturation, la montée de la délinquance, l’accélération des flux migratoires, le grand délire de nos dépenses publiques, les plus élevées des pays de l’OCDE. Sans parler de l’endettement de l’État, qui culmine désormais à 120 % par rapport au produit intérieur brut, la richesse nationale. Tout cela dans un climat de laisser-aller général, sur fond de perte d’autorité.

Jusqu’à présent, c’est l’Italie qui était considérée, avec la Grècecomme l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne. Nous sommes en train de prendre sa place, au fond de la classe. Sa balance commerciale était excédentaire en 2020 (+ 63,5 milliards d’euros) alors que la nôtre, minée notamment par la désindustrialisation, était, comme d’habitude, déficitaire (- 65,2 milliards). L’Italie a certes une dette relativement plus importante que la nôtre : 155 % par rapport au PIB. Mais, contrairement à nous, ce sont ses ressortissants qui, comme au Japon, en détiennent la plus grande part, ce qui est moins pénalisant pour son économie.

L’Italie a surtout trouvé son de Gaulle alors que nous le cherchons toujours en vain. Il s’appelle  Mario Draghi . Après avoir dirigé la Banque centrale européenne, il est depuis le début de l’année président du Conseil des ministres, soutenu par toute la classe politique ou presque. S’il n’a pas encore fait son Mai 58, cet homme d’État semble bien décidé, à l’inverse des politiciens, à préparer la prochaine génération plutôt que la prochaine élection.La France a-t-elle un Mario Draghi en magasin ?

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