MEMORABILIA

Coignard – Sous-marins australiens : jérémiades françaises…

CHRONIQUE. La posture de l’outragé n’a qu’un temps. Surtout si la France ne fait pas l’effort de balayer devant sa porte.

Par Sophie Coignard. Publié le 21/09/2021. LE POINT

Lundi après-midi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, réagissait enfin au camouflet infligé par les États-Unis à la France.

Il lui a fallu pour cela presque cinq jours après l’annonce de la nouvelle alliance Aukus, qui rend, de fait, caduc le « contrat du siècle » signé en 2016 entre la France et l’Australie pour la fourniture d’une douzaine de sous-marins. Cinq jours, c’est beaucoup pour considérer qu’un acte d’agression est « inacceptable ». Beaucoup pour manifester sa solidarité au nom de l’Union.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, n’a pas attendu pour se répandre dans les médias sur le « coup dans le dos » porté par l’allié américain. Les ambassadeurs à Washington et à Canberra ont été rappelés, geste symbolique fort.

Mais une fois le choc de l’humiliation passé, l’attitude de la victime outragée, de la blanche colombe française ignoblement attaquée par le faucon américain risque de fatiguer tout le monde.

Les « signes avant-coureurs »

Nathalie Goulet, sénatrice centriste de l’Orne, a été la première à ruer dans les brancards ce lundi.

Elle a demandé officiellement la création d’une commission d’enquête parlementaire. Pas pour savoir si la méthode de Biden ressemble à celle de Trump sans les tweets, selon la formule excessive donc insignifiante de Jean-Yves Le Drian, mais pour tenter de déceler les défaillances françaises.

« Une telle rupture ne saurait s’être produite sur un coup de tête en une nuit, peut-on lire dans la Proposition de résolution aux fins de commission d’enquête. Elle a sans doute été précédée de mises en garde ou de signes avant-coureurs. Les services des ministères concernés ont-ils été informés de difficultés ?

L’humiliation nationale résultant de l’annulation de ce contrat impose que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la rupture de ce contrat et ses conséquences sur notre industrie de défense. »

En effet, comment expliquer que la France et ses représentants n’aient pas pris au sérieux les frustrations australiennes, quand le Sydney Morning Herald,par exemple, se faisait l’écho il y a plus de trois mois des tensions croissantes à propos de l’augmentation des coûts et des retards de livraison dans un article au titre éloquent : « La Défense à la recherche d’une alternative au contrat de 90 milliards de dollars sur les sous-marins français » ?

Une question parmi tant d’autres qui mérite une réponse documentée, argumentée, bien loin des postures indignées.

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