MEMORABILIA

Think tanks, désinformation… Le tentaculaire réseau d’influence de la Chine

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Un rapport inédit de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire révèle l’ampleur des réseaux d’influence construits par Pékin, rapporte France Info.

Le nerf de la guerre du developpement de l'influence chinoise serait toutefois base dans la province de Fujian, a Fuzhou, derriere une piscine : il s'agirait de la base 311.
Le nerf de la guerre du développement de l’influence chinoise serait toutefois basé dans la province de Fujian, à Fuzhou, derrière une piscine : il s’agirait de la base 311.© STEVEN MCDOWELL/SCIENCE PHOTO LI / SMW / Science Photo Library via AFP

Par LePoint.fr. Publié le 20/09/2021

« Ses méthodes ressemblent de plus en plus à celles employées par Moscou. » Le constat posé par l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) dans un rapport que révèle France Info, lundi 20 septembre, peut être alarmant pour les puissances occidentales. La Chine, depuis plusieurs années, a entrepris de bâtir un gigantesque réseau d’influence, très ramifié, et qui s’étendrait à travers le monde entier. Fondations, think tanks, désinformation… Pékin ne reculerait devant rien pour consolider son influence.

Le rapport a collecté deux ans de données et d’informations afin de mettre en lumière ce réseau. Outre les relais plus traditionnels et légaux, comme les leviers diplomatiques, les universités, le cinéma, etc., certains sont plus opaques et participent à une désinformation plus vaste. France Info relaie plusieurs exemples évoqués par l’Institut, comme celui de l’affaire Larry Romanoff, qui a servi aux autorités chinoises à monter une opération de fake news dont le but était d’accuser les États-Unis d’être derrière la pandémie de coronavirus. Pour ce faire, ils ont évoqué le nom de ce Canadien spécialisé dans l’import-export avant de disparaître dans les années 1990 puis de refaire surface à Shanghai à la tête d’un site conspirationniste et de se mettre, au début de l’année 2020, à n’écrire que des articles avançant une prétendue origine américaine du Covid-19.

La France n’intéresserait guère… contrairement à la Suède

Selon le rapport, la France ne ferait pas partie des cibles prioritaires de Pékin. Seule la Nouvelle-Calédonie, géographiquement plus proche, semble vraiment l’intéresser, dans le but de soutenir les mouvements indépendantistes et ainsi espérer ramener le territoire dans sa zone d’influence. Mais en métropole, celle-ci ne se limiterait qu’à quelques liens avec la maison d’édition La Route de la Soie, la fondation Prospective et Innovation ou encore des think tanks tels que le Bridge Tank, dont les événements sont financés par l’ambassade de Chine, et l’Iris, de façon ponctuelle.

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En Europe, le pays qui semble bien plus intéresser Pékin reste la Suède. Pourquoi ? En raison de sa position géographique avantageuse à la frontière avec l’Arctique, ses technologies avancées, et sa société souvent qualifiée de modèle. Modèle que la Chine aurait décidé de décrédibiliser récemment via une histoire de touristes chinois qui auraient supposément été violentés par la police suédoise. Cette opération de désinformation lui permettait au passage de faire comprendre à ses concitoyens que le modèle de société européen serait au final d’une grande violence.

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Dans le reste du monde, outre les pays directement dans son rayon géographique, tels que Taïwan, Pékin miserait sur le Canada, mais surtout sur l’Afrique. Namibie, Ghana, Ouganda… L’Irsem révèle que depuis quelques décennies, de nombreuses entreprises chinoises, liées au pouvoir en place, ont bâti ou rénové près de 200 bâtiments d’État sur place. Ces entreprises ont également construit ou équipé les réseaux de télécommunication et d’informatique de plusieurs gouvernements.https://80ad228b04f3d4ea872b191663779648.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

La base 311, le quartier général d’une guerre trouble

Le nerf de la guerre du développement de l’influence chinoise serait toutefois basé dans la province de Fujian, à Fuzhou, derrière une piscine : il s’agirait, selon le rapport relayé par France Info, de la base 311, officiellement appelée unité 61716 de l’armée populaire de Chine. Ce centre, bâti en 2005, est décrit comme « la base de la guerre de l’opinion publique, de la guerre psychologique et de la guerre du droit ». Son positionnement n’est pas anodin : elle se situe en face de Taïwan, cible privilégiée du pouvoir chinois, qui tente de convaincre la population locale d’adhérer à ses idées.

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Commissaires politiques, militaires… : si les membres du personnel de cette base sont souvent présentés comme des ingénieurs ou des membres du domaine de la recherche, il n’en serait en réalité rien. Neuf unités ont été identifiées par l’Irsem, qui, depuis cette base 311, conduiraient de multiples opérations d’influence. Selon les détails du rapport, elle « mobilise trois types d’organisations : des entreprises façades du secteur médiatique, des unités de l’Armée populaire de libération qui lui sont subordonnées, ainsi que des plateformes relais avec lesquelles les liens sont davantage distendus et flous ».Sponsorisé

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Parmi les sociétés plus connues du public figurent notamment la China Huayi Broadcasting Corporation (CHBC) ou la Voice of the Strait (VTS). Et c’est compter sans les organismes civils ou les ONG qui servent de relais aux opérations de propagande, comme la China Association for Promotion of Chinese Culture (CAPCC). Elle emploierait même pas moins de 2 millions de Chinois, à temps plein, dans le but de relayer la propagande gouvernementale, et quelque 20 millions à temps partiel, de façon ponctuelle, notamment sur les réseaux sociaux.

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