MEMORABILIA

Budget 2022: «La rigueur attendra»

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Par Gaëtan De Capèle LE FIGARO. 21 septembre 2021

Gaëtan de Capèle. Le Figaro

L’éditorial du Figaro, par Gaëtan de Capèle.

Quoi de plus difficile, après une longue accoutumance, que le temps du sevrage? En état de dépendance chronique à la dépense publique, la France se trouve en lévitation depuis la surdose qu’elle a reçue à l’occasion de la crise sanitaire: des dizaines de milliards déversés – c’était nécessaire – par l’État pour faire face à la pandémie, sauver les commerces, les entreprises, les emplois en péril. C’est le fameux «quoi qu’il en coûte», cet argent tombé du ciel, dont le gouvernement a promis d’interrompre le flot maintenant que la croissance est revenue.

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On savait l’exercice compliqué. Le projet de loi de finances 2022 le confirme: avec le Covid, les dernières cordes de rappel budgétaires ont lâché. À une opinion en demande croissante d’argent public, le gouvernement répond par autant de promesses, surtout avant une élection présidentielle. Aux chèques du sauve-qui-peut succèdent ceux des nouvelles dépenses et des petits cadeaux. Les milliards valsent au gré des déplacements présidentiels. D’autres arriveront au cours du débat parlementaire. Même le très sérieux Haut Conseil des finances publiques n’y retrouve pas ses petits. La rigueur et le redressement des comptes attendront.

L’opposition, gauche et droite confondues, a beau jeu de sauter sur l’occasion pour dénoncer cette dérive. C’est de bonne guerre, mais elle est mal placée pour faire la leçon. La dégradation continue des finances publiques est une œuvre collective. Dans la tempête comme par temps calme, personne n’a présenté un budget à l’équilibre depuis un demi-siècle. Année après année, chacun a apporté sa pierre à l’endettement colossal de la France. Le discours ambiant prétend que, dans le nouveau monde des taux bas, tout cela ne serait pas si grave. Pari bien hasardeux, qui place notre destin entre les mains des marchés financiers. Et qui, dans une fuite en avant lui ôtant toute valeur, n’encourage pas, bien au contraire, le bon usage de l’argent public.

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