MEMORABILIA

Viktor Orbán : une politique de résistance et de redressement

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Christian Vanneste 25 septembre 2021 BOULEVARD VOLTAIRE

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Éric Zemmour a donc rencontré Viktor Orbán, qui l’avait invité au Sommet démographique mondial de Budapest. Cette rencontre est importante, puisqu’elle permet au chroniqueur de s’élever au niveau des chefs d’État et de gouvernement avant même de déclarer une candidature à la présidence qui ne fait plus le moindre doute. Viktor Orbán était un opposant au régime communiste inféodé à l’URSS et a été élu et réélu Premier ministre à la suite des victoires de son parti, le Fidesz, « l’Alliance des jeunes démocrates, Alliance civique hongroise » de 1998 à 2002, puis depuis 2010. Il dispose, à l’Assemblée, d’une majorité qualifiée de 133 sièges sur 199. Son allié est le KNDP, le Parti chrétien-démocrate. Il a un concurrent à droite, le Jobbik, second avec 26 députés, qui a été classé à l’extrême droite avec plus d’exactitude, mais tente de se recentrer. Le Fidesz est donc un parti de droite, patriote et conservateur, et occupe sur l’échiquier politique hongrois la place qui était celle du RPR en France dans les années 1980. Il n’y a rien d’étonnant à ce que Zemmour, qui se réclamait récemment du RPR, se sente des affinités avec Orbán. Il semblerait que le conservatisme qui consiste à vouloir conserver l’identité nationale et la cohésion de la famille traditionnelle soit désormais, pour certains, « d’extrême droite ». C’est tout simplement la véritable droite, dotée d’une épine dorsale qui a hélas disparu en France avec l’ectoplasmique LR.

Cette lecture faussée de la réalité politique hongroise s’explique facilement. La Hongrie est un pays d’Europe centrale dont l’identité est à la fois originale et fragile. Le magyar est la seule langue non indo-européenne de l’Union européenne avec le finlandais, et la Hongrie, comme la Pologne, sont situées dans des plaines aux frontières politiques mouvantes. Elles ont connu l’âge des grands royaumes et celui de la vassalisation par les empires voisins, le russe pour la Pologne, le turc puis l’Autrichien pour la Hongrie. Toutes deux, enfin, ont subi l’occupation soviétique et l’écrasement de leurs révoltes. Celle de la Hongrie fut la plus durement réprimée et la plus sanglante, en 1956. Il est donc très légitime qu’elles défendent leurs frontières et leur mode de vie qui a été opprimé par des décennies de communisme. Or, aujourd’hui, en Hongrie, le totalitarisme menaçant n’est plus à Moscou mais à Bruxelles, à Strasbourg, à Luxembourg, là où des technocrates et des politiciens médiocres mais contaminés par l’idéologie dite progressiste veulent leur imposer de renoncer à leur identité nationale en les forçant à ouvrir la porte aux immigrés musulmans, tandis que les efforts en faveur de la famille traditionnelle et de la natalité seraient proscrits. On peut légitimement penser, quand on observe le délitement d’un pays comme la France, l’invasion migratoire qu’elle subit, la destruction systématique de la famille qui y est encouragée, les conséquences désastreuses de ces deux processus pour l’éducation, la cohésion sociale, la constitution de communautés séparées de la nation, notamment, que c’est la Hongrie de Viktor Orbán qui a raison et non la France décadente de Macron. On remarquera, d’ailleurs, que la première a globalement une gestion plus rigoureuse et efficace que la seconde. Malgré la sévérité de la crise sanitaire, son endettement est, cette année, de 75 % du PIB, contre 120 % pour la France dont le « Président » cherche à se faire élire en sortant le carnet de chèques de ses électeurs, ce dont beaucoup semblent dupes.

Le discours de résistance et de redressement mis en œuvre par Orbán dans sa politique et qui est approuvé par une grande majorité des Hongrois peut donner de la crédibilité à celui de Zemmour en France. Il n’est donc pas étonnant que Marion Maréchal se soit retrouvée à ses côtés à Budapest. Elle est sur la même ligne, patriote, conservatrice et libérale sur le plan économique, que l’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot. Il n’est pas sûr que le profil du polémiste de talent soit le meilleur pour pouvoir entrer à l’Élysée. Au moins, s’il se lance, comme c’est probable, tous ceux qui sont attachés à notre pays pourront prendre conscience des enjeux et de ceux qui, parmi les politiques, sont capables de relever le défi.

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