MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «La politique, malade de ses lâchetés»

Réservé aux abonnés

Par Ivan RioufolPublié le 30/09/2021 LE FIGARO

CHRONIQUE – La dynamique qui pousse Éric Zemmour, gratifié mardi de 13% d’intentions de vote alors qu’il n’est toujours pas candidat, exprime le besoin d’en finir avec les compromissions et les aveuglements.

L’Allemagne est citée en exemple par les amateurs de pensées lisses: pas une fois, le mot «islam» n’a été prononcé durant la campagne des législatives, achevée dimanche. C’est à peine si l’immigration a été abordée. Ceux qui, en France, estiment que la crise identitaire est un fantasme soutenu par l’extrême droite trouvent, chez leur voisin policé, leur meilleur allié. Les thèmes auront été, là-bas, le changement climatique, la crise sociale, la modernisation des infrastructures, etc. Cependant, cet empressement à saluer un silence démontre surtout le désir de perpétrer un déni. Lors de son débat avec Éric Zemmour, jeudi dernier sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon n’a voulu évoquer qu’une crise sociale et financière, en accusant le journaliste de «racisme» dans sa description de l’angoisse existentielle qui traverse la nation ouverte. Ainsi font les dénégationnistes pour valoriser leur lâcheté.À découvrir

À LIRE AUSSILa France a-t-elle toujours été un pays d’immigration?

Il est vrai que l’occultation, en Allemagne, des thèmes liés à l’insécurité culturelle peut surprendre. L’AfD, qui aborde ces sujets, a perdu du terrain (10,3 % des voix, contre 12,6 % en 2017). Le traumatisme collectif né de l’expiation, après le procès de Nuremberg (1946), du passé antisémite de l’Allemagne explique sans doute sa réticence à aborder la menace islamiste, qui pourrait heurter des musulmans. Le pays, qui n’a pas de passé colonial au Maghreb ni de présence militaire marquée sur les zones de conflits extérieurs, a de surcroît été épargné par les vagues d’attentats djihadistes. Il n’empêche que cette politique de l’autruche, notamment quand elle est défendue en France, s’apparente à une capitulation. Rien n’est plus trompeur que de louer la «créolisation» du pays (Mélenchon): ce tour de passe-passe sémantique permet à l’extrême gauche d’avaliser la mutation multiculturelle de la nation et son islamisation insidieuse.

Il est temps de démasquer les faussaires officiels qui hurlent au complotisme et à la désinformation contre ceux qui dénoncent la libanisation de la société

La république des capons est une forteresse à abattre. Le «déclin du courage», fustigé par Alexandre Soljenitsyne en 1978, s’apparente à une traîtrise chez trop de dirigeants. Une guerre ethnique a été déclarée contre le «privilège blanc» (1), tandis qu’un choc de civilisations oppose les démocraties libérales aux théocraties coraniques. «Nous sommes au début d’une guerre par la terreur qui va se généraliser et s’amplifier, parce qu’une grande partie de nos concitoyens préfère ne pas voir que c’est notre héritage qui est menacé», écrit Didier Lemaire (2). Ce professeur de philosophie, qui se réclame d’une gauche en voie de disparition, a été accusé par le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, de «mettre de l’huile sur le feu» pour avoir dénoncé l’évidente islamisation de Trappes. Tel est le sort des lanceurs d’alerte.

Le pays souffre de la veulerie de ses élites. La perpétuation d’un centrisme consensuel ne peut plus être la solution. La nation ne pourra escompter le moindre respect de ceux qui la squattent tant que ses représentants persisteront à s’excuser d’être Français. La dynamique qui pousse Zemmour, gratifié mardi de 13 % d’intentions de vote alors qu’il n’est toujours pas candidat, exprime le besoin d’en finir avec les compromissions et les aveuglements. Il est temps de dénoncer les bassesses conclues par l’Union européenne avec le monde islamique invasif, pour prix de sa sécurité. Il est temps de démasquer les faussaires officiels qui hurlent au complotisme et à la désinformation contre ceux qui dénoncent la libanisation de la société. Ce n’est pas la république qui est seulement à défendre, mais la France dans son essence. La victoire ira au candidat le plus libre et téméraire.

Hommage aux héros

Mardi, le gouvernement a dit qu’il entendait réduire de 50 % les visas accordés au Maroc et à l’Algérie (30 % à la Tunisie), en riposte aux refus de ces pays de délivrer des laissez-passer consulaires à leurs ressortissants expulsables. Seules 0,3 % des rares obligations de quitter le territoire seraient respectées par l’Algérie. Mais comment expliquer cette soudaine fermeté, sinon par la pression d’une opinion excédée par l’angélisme? Toutefois, ce geste politique, médiocre dans son électoralisme, n’est rien à côté de ce qu’il reste à faire pour que la France recouvre son autorité.

À LIRE AUSSIMoins de visas pour les Maghrébins

Symbolique reste également la décision du garde des Sceaux de remplacer le «rappel à la loi» par un «avertissement pénal probatoire». La radicalité, qui oblige à aller à la racine des désastres, passe par l’arrêt de l’immigration de masse, l’abandon du droit du sol et du regroupement familial, le refus de subventionner une colonisation maghrébine revancharde, la reconquête de la souveraineté législative, la traque aux ennemis intérieurs, la dénonciation des collaborateurs, etc. La raison, que la macronie prétend incarner, ne doit pas être le prétexte à enfouir les sujets qui angoissent les citoyens abandonnés. Ce sont les déclinistes qui avaient prévenu de la suite: celle-ci est conforme à leurs prévisions décriées.

La pusillanimité des dirigeants est indigne des héros qui restent prêts à donner leur vie. Mercredi, un hommage militaire a été rendu, aux Invalides, au sergent Maxime Blasco, tireur d’élite tombé vendredi dernier lors d’un affrontement avec des djihadistes, au Mali. À 34 ans, ce soldat remarquable, décoré à trois reprises de la croix de la Valeur militaire et de la médaille militaire, avait déjà, au Mali en 2019, sauvé deux de ses camarades blessés comme lui. D’autre part, lors de l’actuel procès des terroristes du Bataclan, a été également révélée la bravoure d’un commissaire de la BAC (brigade anticriminalité) de Paris et de son chauffeur qui, mal armés et sans attendre les ordres, sont intervenus ce 13 novembre 2015 à peine dix minutes après le début du massacre. C’est pour avoir abattu un des trois terroristes que les deux policiers ont stoppé le carnage. Durant cet épisode, on a appris qu’une quinzaine de membres de la BAC s’étaient d’eux-mêmes, par la suite, précipités dans l’enfer. Mais l’histoire officielle a voulu gommer leur rôle capital, pour ne retenir que les actions ultérieures de la BRI (brigade de recherche et d’intervention) et du Raid, menées sous la maîtrise des autorités.

Pensée propre

Mercredi, le chef de l’État a mis sur pied une commission pour lutter contre le «complotisme», cet hygiénisme appliqué à la pensée «propre». Ne serait-il pas plus courageux d’accepter la liberté d’expression et le débat?

1. «Le Privilège blanc – qui veut faire la peau aux Européens?», Georges Guiscard, La Nouvelle Librairie.

2. «Lettre d’un hussard de la République», Robert Laffont.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :