MEMORABILIA

« Et la Nouvelle-Calédonie » ???

Figaro Vox-Samedi, 2 octobre 2021:


 
  
  Mais qu’attend le président de la République pour exprimer de nouveau solennellement son espoir que la Nouvelle-Calédonie choisisse de rester française lors du référendum d’autodétermination du 12 décembre? Ne serait-il pas justifié que le premier ministre rappelle les efforts de la mère patrie sur place, singulièrement depuis les accords de Matignon (1988), et les dangers que les convoitises de la Chine feraient peser sur une Nouvelle-Calédonie souveraine ?

Certes, Emmanuel Macron avait eu des déclarations en ce sens, en mai 2018, à Nouméa puis, plus discrètement, en juillet dernier, lors de son déplacement en Polynésie française. Mais tout se passe comme si, aujourd’hui, les plus hautes autorités de l’État étaient tétanisées à l’idée d’être accusées d’ingérence dans la campagne électorale par les partisans de l’indépendance.

Ce mutisme, cette frilosité a sans doute pesé, à titre subsidiaire, dans l’affaire de la perte du «contrat du siècle».

Pourquoi l’Australie ménagerait-elle un pays qui, à ses yeux, n’est même plus capable d’exprimer la volonté de conserver ce territoire d’outre-mer et de réchauffer le cœur des électeurs néo-calédoniens disposés à l’aimer? On perdrait beaucoup à un divorce, tant en métropole qu’en Nouvelle-Calédonie.

La France serait plus petite, plus quelconque, sans ce territoire splendide du Pacifique, français depuis 1853, grand comme deux fois la Corse et peuplé de 270.000 ha­bitants. La Nouvelle-Calédonie indépendante, elle, prise en tenaille entre les deux mastodontes qui se disputent la suprématie de la région, n’aurait le choix qu’entre l’allégeance à Washington et l’inféodation à Pékin. 

C’est la quatrième fois de son histoire récente (un premier référendum d’autodétermination eut lieu en 1987, on l’oublie toujours) et la troisième fois depuis les accords de Nouméa (1998) que la Nouvelle-Calédonie va décider de son avenir. À trois reprises, ces dernières années, la volonté de rester français l’a emporté.

Un esprit chagrin pourrait donc voir dans ces référendums incessants un acharnement à obtenir un «oui» à l’indépendance de guerre lasse.
De fait, l’avance des loyalistes s’effrite dangereusement. 

Il est grand temps que la France dise nettement ce qu’elle désire. Il est du devoir de l’État, par la voix du plus éminent de ses représentants, de marquer combien la France tient à la Nouvelle-Calédonie et espère ardemment que continue notre aventure en commun.
Guillaume Perrault

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