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FOG – Encore Zemmour ? Toujours Zemmour !

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ÉDITO. Même si Éric Zemmour n’est pas (encore) candidat, on ne peut pas ignorer, on ne doit pas se cacher de quoi ce Trump à la française est le symptôme.

FOG - Encore Zemmour ? Toujours Zemmour !
FOG – Encore Zemmour ? Toujours Zemmour !

par Franz-Olivier GiesbertPublié le 08/10/2021 LE POINT

Allons-nous en bouffer matin, midi et soir, jusqu’au premier tour de la présidentielle, le 10 avril 2022 ? C’est plus que probable. Désolé s’il s’agit là du troisième  éditorial de suite consacré au « presque candidat »  Zemmour . Promis, la semaine prochaine, on parlera d’autre chose… si l’on peut.

En France, mère patrie du déni, notre sport national, il est recommandé de ne pas parler des sujets qui fâchent, comme la fièvre Zemmour, mais le phénomène a pris une telle ampleur qu’il est temps d’essayer de le comprendre, après qu’il a ridiculisé tant de commentateurs qui, à commencer par votre serviteur, l’avaient grandement sous-estimé.

De quoi Éric Zemmour est-il le nom ? De tous les non-dits de la classe politique, en particulier des droites républicaine, populiste ou lepéniste. De ses silences, de ses lâchetés. Il surfe dessus. Observez comme le moindre politicaillon hésite à déclarer qu’il pleut si c’est le cas ou se tortille pour ne pas répondre aux questions qui préoccupent les Français : il meurt de peur, le pauvre chat, à l’idée d’être montré du doigt par le camp du bien.

Comme Trump, Zemmour est sans filtre. Mais contrairement à lui, il a lu Machiavel. Et il n’a pas été journaliste politique pour rien. Si, aujourd’hui, il siphonne à grande vitesse l’espace électoral des droites qui se réduit comme peau de chagrin, c’est parce qu’au lieu de marcher sur des œufs comme les autres, il balance, il envoie, avec un mélange de verve et d’alacrité, sans commettre d’impairs, du moins pour le moment.

Quand en aurons-nous fini avec les trotte-menu, les raseurs de murs, les noyeurs professionnels de poisson ? Qu’attendent tous les candidats potentiels pour parler vrai ? Emmanuel Macron n’a pas cédé aux invites de Bruno Le Mairequi lui suggérait, il y a peu, d’ouvrir le débat sur la retraite, donc, in fine, d’annoncer à terme l’allongement de l’âge de départ des Français. Une mesure qui aurait au moins deux effets : d’abord, elle nous permettrait de retrouver de la compétitivité, alors que notre pays, à cause des calamiteuses 35 heures, travaille moins que les autres ; ensuite, elle contribuerait à restaurer nos finances publiques en état de déficit chronique. Le président sortant a préféré y surseoir.

En rompant avec son archéo-souverainisme économique, maladie sénile de la vieille extrême droite, Zemmour a annoncé sans ambages que, s’il était élu, il porterait l’âge de la retraite à 64 ans en 2030, « progressivement ». Que croyez-vous qu’il se passa ? Ses bons sondages ont continué sur leur lancée. La pleutrerie de la classe politique n’a pas d’excuse : paniquant à la perspective d’un bad buzz ou d’un mauvais article, nos édiles ne font qu’infantiliser les Français, qui sont bien plus conscients des réalités que leurs représentants ne le croient.

« Tout le monde savait que c’était impossible, a dit un jour Mark Twain, le grand écrivain national américain. Il est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas et qui l’a fait. » Aujourd’hui, en France, cette personne, c’est apparemment Zemmour : il a fixé les principaux thèmes de la campagne présidentielle, à commencer par l’immigration qui, désormais, chacun le sait, n’est plus sous contrôle : n’est-ce pas l’équivalent d’une ville comme Nice – au moins – qui arrive chaque année, en plus, sur le territoire français ? Au lieu de se perdre dans des arguties sans fin sur les statistiques ou le sexe des anges, n’est-il pas temps de prendre des décisions ?

S’ils ne veulent pas se laisser distancer par Zemmour, le Trump français, les représentants de la classe politique seraient bien inspirés de ne pas se cacher derrière leur petit doigt et de commencer à évoquer les dossiers qu’il n’a pas encore déterrés mais qui sont explosifs. Par exemple, la dette qui est montée à un tel niveau qu’elle menace, à terme, l’indépendance de notre pays. Ou bien la grande dérive judiciaire qui met en danger l’autorité du politique, en plein délitement lui aussi.

En route pour la République des juges ? C’est la pente que prend la France avec l’extrême politisation d’une certaine magistrature, comme on vient de l’observer dans le jugement qui frappe  Nicolas Sarkozy en première instance dans l’  affaire Bygmalion (  un an de prison ferme ), mais aussi avec la mise sous tutelle de nos gouvernants par le Conseil d’État qui entend de plus en plus souvent leur dicter sa politique. Après avoir pris la main sur la politique d’immigration avec le succès que l’on sait, le Conseil d’État a retoqué sans vergogne une disposition importante de la réforme de l’assurance-chômage, sous prétexte qu’elle était antisociale.

En France, il n’y a pas que la République, l’économie ou la société qui sont mal en point. La démocratie aussi, hélas…

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