MEMORABILIA

«Faits et gestes» N°20, par Ivan Rioufol : Noyé sous les mails

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Par Ivan Rioufol. 17 octobre 2021. LE FIGARO

LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS – Une analyse percutante des détails de l’actualité de la semaine écoulée.

Chers lecteurs,

Voici quelques-unes de mes notes, non utilisées, de cette semaine.

Lundi 11 octobre : David di Notta, romancier, explique sa démarche sur Europe 1. Il a voulu revenir sur l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty, le 16 octobre de l’année dernière à Conflans-Sainte-Honorine. Il en a fait un livre : J’ai exécuté un chien de l’enfer. C’est par cette phrase que le jeune djihadiste tchétchène, étranger à l’établissement scolaire, a revendiqué sa boucherie. Di Notta estime, dans ce drame, «qu’on est loin d’avoir écrit l’histoire correctement». Il relève scrupuleusement les lâchetés de l’Éducation nationale dans cette horreur. Plutôt que de défendre l’enseignant et ses méthodes – des islamistes lui reprochaient un cours sur la liberté d’expression illustré par des caricatures de Charlie Hebdo – la hiérarchie a enjoint au professeur de s’excuser, de reconnaître ses erreurs. Elle a voulu «lui faire avouer une faute», «une maladresse» face à des «esprits offensés». Maladresse que Paty n’a évidemment pas commise en ne faisant que son travail. Mais l’Éducation nationale n’a pris en considération que la thèse d’une jeune fille qui n’assistait pas au cours, contrairement à ses dires, puis celle de militants brandissant l’accusation en islamophobie. Le pire, note di Notta, est que la plupart des collègues du professeur se sont désolidarisés de l’accusé. Il sera «vaincu par l’islamo-gauchisme». J’ajoute pour ma part : ce n’est pas seulement un djihadiste qui a tué Paty. L’État pusillanime est aussi responsable de son assassinat. Je ne doute pas d’entendre des grands mots définitifs, samedi, en hommage à la victime. Mais le chantage islamiste n’a pas fini, hélas, de faire trembler une École laissée en première ligne.

Mardi 12 octobre : Christine Pedotti, directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, réclame sur RTL la démission des 120 évêques de France, en réaction aux crimes pédophiles mis au jour par le rapport Sauvé. «Il faut sauver l’Église», explique Pedotti. Je la sens sincèrement affectée ; elle s’exprime posément. Mais déjà, la semaine dernière, Libération suggérait une telle mesure spectaculaire, sans rappeler les propres positions pro pédophiles du journal dans les années 80. Pour ma part, je ne vois pas l’intérêt d’une telle démission collective, sinon pour s’acharner une fois de plus sur l’Église fragilisée. Ce sont les évêques qui ont sollicité cette commission d’enquête indépendante et ont souhaité que tout soit révélé des turpitudes de certains prêtres depuis 1950. Que l’Église ait à réformer sa gouvernance dans l’entre-soi, qu’elle ait à accepter des contre-pouvoirs, cela me semble inexorable. Mais je note que personne n’ose rappeler certaines pratiques autorisées dans la religion musulmane, où la condition d’enfant n’interdit pas toujours des liaisons avec des adultes, ou des mariages. Dois-je le rappeler ? C’est le prophète lui-même qui fit de Aïcha sa troisième épouse et sa préférée. Aïcha avait 7 ans quand Mahomet la prit pour femme et 10 ans quand le mariage fut, dit-on, consommé. Le prophète reste exemplaire en tout pour certains fidèles.

Mercredi 13 octobre : Elle rame, rame, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, ce matin sur RTL. La confirmation de la conversion au nucléaire d’Emmanuel Macron oblige la ministre, de sensibilité écologique, à brouiller les pistes pour tenter de sauver la face. Le président, qui découvre que le prix des énergies flambe, va relancer le programme de constructions de centrales. Cependant, Pompili cherche à éviter ce sujet contrariant pour l’idéologie verte, construite sur le rejet du nucléaire : «C’est le renouvelable qui fera la liaison», assure-t-elle. À l’entendre, le choix du président ne serait pas encore très arrêté. Y aura-t-il d’autres centrales à réacteurs EPR ? «Cela reste à choisir». Le gouvernement abandonne-t-il son objectif initial de réduire la part du nucléaire à 50% des offres énergétiques, contre 75% actuellement ? Revient-il sur sa décision de fermer 14 réacteurs ? «On garde la feuille de route», «on reste sur la trajectoire». Non : si les mots présidentiels ont un sens, la trajectoire de sortie du nucléaire est bel et bien interrompue. C’est d’ailleurs une excellente décision. Mais qui va prévenir Pompili ?

Jeudi 14 octobre : Depuis hier soir, je suis noyé sous les mails : des témoignages de vaccinés anti-Covid qui décrivent les effets secondaires graves dont ils souffrent ou dont ils sont témoins. À 9 heures ce matin, déjà 300 messages s’accumulent (NDLA : j’en totaliserai plus d’un millier !). Tout est parti, hier soir, d’un appel lancé en direct sur CNewspar Pascal Praud lors de son émission, L’heure des pros 2, à laquelle je participe régulièrement. Rebondissant sur une remarque de ma part, m’étonnant du peu d’écho rencontré par l’accumulation de témoignages de vaccinés rendus malades par le vaccin, Praud avait invité les témoins à se faire connaître. Que n’avait-il dit là ! Standard de CNews pris d’assaut. Avalanche de mails sur ma propre adresse. Incontestablement, les effets secondaires ne sont pas seulement anecdotiques. Du coup, je découvre une intervention faite, la veille au Sénat, par la sénatrice du Bas-Rhin Laurence Muller-Bronn (apparentée LR). Elle explique notamment : «Dans les documents qui nous sont transmis, on nous alerte sur l’insuffisance de preuves concernant l’innocuité et l’efficacité des vaccins, sur la sécurité des injections, sur la transmission du virus, sur les risques qui pèsent sur la vaccination des jeunes, des enfants, des gens atteints de pathologies graves et des femmes enceintes». Pourquoi chercher à taire ces paroles de victimes ? La vaccination sauve des vies fragiles, assurément. Mais la propagande d’État sur la vaccination pour tous va devoir répondre à ce flot de témoignages autrement qu’en dénonçant un «complotisme».

Vendredi 15 octobre : Croisé Bernard-Henri Lévy à CNews. Il vient répondre à une charge lancée la veille par Éric Zemmour, qui répondait lui-même à une violente critique de BHL publiée dans Le Point… Je résume l’affaire : BHL estime que Zemmour a trahi les Juifs. Zemmour estime que BHL a trahi la France. Ce matin, Lévy a au moins la sagesse d’éviter d’en rajouter dans l’outrance. Mais que répondre à un Français qui se dit d’abord musulman quand BHL se présente d’abord en tant que Juif ?…

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