MEMORABILIA

Taïwan: «Dissuader la Chine»

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Par Philippe Gélie LE FIGARO. 18 octobre 2021

L’éditorial du Figaro, par Philippe Gélie.

Quand un dirigeant autoritaire, installé au pouvoir sans limite de durée, martèle sur tous les tons son «projet national» de récupérer un territoire perdu, mieux vaut le prendre au sérieux, sauf à s’aveugler soi-même. L’avenir de Taïwan est gravé dans la pierre par le président chinois Xi Jinping depuis au moins 2019, lorsqu’il a promis de réaliser «par tous les moyens» la «réunification complète de la mère patrie». L’unique question qui vaille pour la paix du monde est donc la suivante: comment le dissuader de passer en force?

L’option, officiellement privilégiée par la Chine, d’une «réconciliation pacifique», via le rapprochement économique et le maintien d’«un pays, deux systèmes», a perdu son crédit depuis la mise au pas de Hongkong. Les dirigeants communistes attendent ostensiblement leur heure: soit que le monde regarde ailleurs, distrait par d’autres crises, soit que la montée en puissance chinoise décourage les potentiels adversaires. La militarisation du pays est en train de produire la première flotte de guerre de la planète et des missiles balistiques capables de frapper sur tous les continents – y compris un engin hypersonique que n’avaient pas vu venir les espions. Selon Taïwan, une invasion – à laquelle s’entraîne assidûment l’Armée populaire – serait réalisable à un coût supportable par Pékin dès 2025. Cela laisse peu de temps aux États-Unis pour hausser la garde.

Mais à la détermination chinoise répond le doute sur la volonté américaine de défendre l’ancienne Formose. Malgré un enjeu de suprématie mondiale, Washington maintient son «ambiguïté stratégique» et offre à Pékin de «gérer» leurs différends comme au temps de la guerre froide. Il est à craindre que la modération de Joe Biden soit prise pour de la faiblesse par Xi Jinping. Un engagement ferme de se porter au secours de l’île démocratique et un affichage militaire à la hauteur du défi auraient plus de chances de décourager l’empereur rouge. L’apaisement n’a jamais produit la paix: peut-être faut-il en passer par des mesures belliqueuses pour éviter une Troisième Guerre mondiale.

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