MEMORABILIA

L’éditorial du Figaro: «“Indemnité inflation”, au pays de l’assistance»

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Par Gaëtan De Capèle. 22 octobre 2021. LE FIGARO

Par Gaëtan de Capèle, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.https://player.ausha.co/index.html?podcastId=ygzZEi5lz1WV&playlist=false&color=%23163860&v=3&playerId=ausha-yOuA

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Soyons honnêtes: quoi qu’il ait annoncé jeudi soir à la télévision, Jean Castex était condamné par avance au bûcher. Trop peu, trop cher, trop tard… L’unanimité politique sur la nécessité d’alléger la facture énergétique des Français n’a pas résisté longtemps aux petits jeux politiciens. À dire vrai, s’il existait une solution miracle pour résoudre le problème de la flambée des prix de l’énergie, cela se saurait. Reconnaissons au premier ministre – maigre consolation – d’avoir sans doute choisi la moins mauvaise: un chèque simple et sans condition à 38 millions de Français plutôt qu’une baisse des taxes aux effets invisibles.

Le versement d’une «indemnité inflation» n’en marque pas moins une étape supplémentaire dans le dérèglement complet de notre politique économique. D’abord, parce qu’elle ne correspond à aucune situation d’urgence, mais plutôt à un «ressenti»: en dépit de la flambée des tarifs de l’énergie, la hausse générale des prix reste de l’ordre de 2 % à en croire l’Insee – un institut indépendant du pouvoir politique. Ensuite, parce que la dépense publique n’a plus de limite: plus de 10 milliards d’euros ont été engagés en quelques jours sur le seul sujet énergétique. Enfin, parce que ces aides ponctuelles sont autant de cautères sur une jambe de bois: elles ne résolvent en rien les problèmes de prix ou d’approvisionnement.

Plus que tout, le concept d’«indemnité inflation» consacre l’avènement d’une société sous assistance permanente. Au fur et à mesure que le parapluie de l’État se déploie disparaît la tolérance au moindre aléa de la vie. Parfois, la France, qui fut une grande puissance mondiale, s’interroge avec angoisse sur les raisons de son décrochage. Entre le funeste principe de précaution, qui corsète l’innovation, interdit toute prise de risque, et le principe d’indemnisation généralisée, qui surprotège en encourageant toutes les formes de revendications, nul besoin d’une grande introspection.

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