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Notre classement 2021 des villes françaises où l’on vit en bonne santé

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Par Paul Carcenac. LE FIGARO. 25 octobre 2021

Selon notre lieu de vie, les chances de vivre en bonne santé varient statistiquement.
Selon notre lieu de vie, les chances de vivre en bonne santé varient statistiquement. Adobe

EXCLUSIF – Le Figaro a comparé les données de 100 villes concernant la prévalence de maladies graves, la densité de médecins ainsi que la pollution de l’air. Découvrez combien se classe votre commune.

Le risque d’être touché par une maladie grave n’est pas le même partout dans notre pays. Pour comprendre où les Français ont les meilleures chances de vivre en bonne santé, Le Figaro a analysé les données de 100 villes : les grandes métropoles, mais aussi la quasi-totalité des villes moyennes. Nous avons comparé les statistiques épidémiologiques (tumeurs, maladies cardiovasculaires, démences, Alzheimer, Parkinson), la densité de médecins et les chiffres de la pollution. Nous présentons ci-dessous trois palmarès thématiques, et un classement général, où les résultats pour chacune des communes sont détaillés.À découvrir

Évidemment, déménager dans une ville bien classée n’ajoutera à personne des années d’espérance de vie. Néanmoins, cela reste un bon moyen d’observer les déséquilibres français en matière de santé publique.


  • Méthodologie

Nous avons selectionné les 100 villes de France où vivent le plus de personnes âgées de 75 ans et plus.

Nous avons créé trois classements thématiques : celui de la santé de la population, celui de la densité des médecins libéraux, et celui qualité de l’air. Nous avons ensuite fait la moyenne des places obtenues pour établir un classement général, en pondérant les résultats par des coefficients.


Les classements thématiques

Notre premier palmarès thématique concerne la santé générale de la population. Il porte sur la prévalence ou la mortalité de différentes affections gravissimes qui touchent les habitants. Il est à la fois le reflet de comportements individuels, mais aussi – à la marge – de la précocité de la détection et de la qualité des soins pour les cancers et les maladies cardiovasculaires.https://datawrapper.dwcdn.net/DBVLW/9/


Le deuxième de nos palmarès thématiques porte sur la densité de médecins libéraux pour 10.000 habitants : les généralistes, les cardiologues, les pneumologues, les ophtalmologues et les radiologues. Plus la densité de médecins de ville est importante, plus leur proximité est théoriquement grande (c’est important pour les personnes âgées) et moins les durées de prises de rendez-vous sont longues.https://datawrapper.dwcdn.net/ZKTDO/3/


Le troisième classement thématique est basé sur les mesures sur la qualité de l’air. On sait que la pollution a une influence néfaste sur la santé. C’est aujourd’hui le critère environnemental le plus finement mesurable, mais il y en a d’autres qui influent : nuisances liées au bruit, pollution phytosanitaire….https://datawrapper.dwcdn.net/gnwjy/4/

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Le classement général

En calculant la place moyenne de chaque ville dans les trois palmarès ci-dessus, nous avons bâti un classement général. Nous avons appliqué des coefficients.

  • Classement de la santé des populations : coefficient 3
  • Classement de la densité des médecins : coefifcient 2
  • Classement de la qualité de l’air : coefficient 1

https://datawrapper.dwcdn.net/OHbYy/7/

Albi arrive en tête

La ville d’Albi (Tarn) s’impose largement au regard de nos critères. Cette commune de 50.000 habitants située au cœur de la région Occitanie a fait preuve d’une grande régularité dans nos trois tableaux. Stéphanie Guiraud-Chaumeil, la maire qui est aussi présidente de centre hospitalier, s’est félicitée d’une «politique de santé qui porte ses fruits dans la durée». Elle explique ce bon résultat par la conjonction de plusieurs facteurs : «une ville à l’environnement préservé» où les gens sont encouragés à faire du sport, à marcher, à faire du vélo ou à prendre les transports en commun. Elle parle aussi des habitudes alimentaires vertueuses ancrées dans les mœurs. «Ici on mange du bon et du local. On sait que sur la prévention des cancers, une alimentation saine est importante», note-t-elle.

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Enfin, la maire surveille la pyramide des âges des médecins comme le lait sur le feu. Elle mène une politique pour encourager les jeunes à s’installer sur les bords du Tarn. «On est bien doté aujourd’hui mais c’est un équilibre très précaire comme dans tous les territoires métropolitains. Nous encourageons donc les nouvelles pratiques : les professionnels ont envie de travailler en équipe, à la fois à l’hôpital et en cabinet ; ils souhaitent aussi avoir un rythme de travail qui n’est pas le même que celui des générations précédentes», détaille-t-elle.

L’ancienne région Midi-Pyrénées au top, les Hauts-de-France à la traîne

Le haut du tableau est occupé par de nombreuses villes du quart Sud-Ouest de la France. Il y a quatre communes de l’ancienne région Midi-Pyrénées dans le Top 10 (Albi, Tarbes, Toulouse, Montauban). Bordeaux (3e), Bayonne (10e) et Biarritz (13e) sont aussi bien classées. On retrouve aussi des endroits plutôt huppés de la Côte d’Azur ou de la région parisienne qui obtiennent de beaux scores : Neuilly-sur-Seine (7e), Cannes (11e), Cagnes-sur-Mer (12e)… Grenoble (4e), ville au dynamisme entrepreneurial certain, est plombé par ses problèmes de pollution, mais surperforme dans les autres critères.

À l’inverse, les villes qui sont en queue de classement sont surtout situées dans les Hauts-de-France. Roubaix, Calais et Dunkerque ferment la marche. Tourcoing (95e) et Saint-Quentin (92e) ne sont pas loin devant.

Difficultés socioéconomiques

Faut-il y voir un signe des bienfaits du soleil ou de la cuisine à la graisse de canard ? Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’université de Genève avance des explications plus socio-économiques. «Mes trois hypothèses sont basées sur les revenus, l’éducation et la place sur l’échelle sociale. Ce sont les déterminants sociaux de la santé», détaille-t-il. L’ARS Hauts-de-France l’a bien compris, en lançant en juillet dernier un grand appel à projet pour lutter contre ces inégalités. Lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, conditions de logement, pollution, nuisances sonores, alimentation saine, encouragement de la pratique sportive… les leviers sont nombreux pour rééquilibrer la balance. «En réalité, tout ce que l’on promeut pour la santé est adopté par les plus riches et les mieux éduqués, souligne Antoine Flahault. Il faut le rendre accessible et populaire.

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