MEMORABILIA

L’assassin de Samuel Paty glorifié par sa famille

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Par Jean Chichizola. LE FIGARO. 27 octobrte 2021

Sur l’attentat lui-même, le père du terroriste précise de façon assez mystérieuse que son fils n’a pas «
agi spontanément
». Il ajoute que lui-même n’aurait pas eu «
le courage, la force de décider ce meurtre
». ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

RÉCIT – Dans une vidéo passée inaperçue, le père d’Anzorov estime que cette décapitation «a remboursé la dette de tous les musulmans».

Diffusé avant l’été, l’entretien n’a guère été médiatisé mais, quelques jours après l’hommage à Samuel Paty, il livre des éléments intéressants sur l’assassin de l’enseignant, Abdoullakh Anzorov. Particulièrement sur son soutien par la sphère djihadiste et par sa famille, qui ne résiderait plus en France.

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En juin dernier, un blogueur tchétchène annonce la diffusion sur les réseaux sociaux d’un entretien de près d’une heure et demie avec le père d’Abdoullakh Anzorov, Abouyezid. Un simple coup d’œil à l’apparence dudit blogueur suffit à faire comprendre qu’on se situe plutôt dans la mouvance salafiste. Et l’examen du site permet même de conclure qu’on est en terre djihadiste. À côté de l’entretien avec Abouyezid Anzorov, on trouve en effet une vidéo de 44 secondes avec, sur fond de chants religieux islamiques et de slogans, une photo du terroriste, accompagnée de ces lignes en russe: «Qu’Allah récompense ce héros tchétchène. Il nous a délivrés du péché (de l’inaction).» À noter que sur le même réseau social, un site, présenté comme celui du père du terroriste, affiche également des photos et des vidéos peu équivoques.

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Mais c’est bien sûr l’entretien, dont a rendu compte le site russophone kavkaz.realii (lié à Radio Free Europe/Radio Liberty), qui présente le plus d’intérêt. Abouyezid Anzorov explique que son fils, début octobre 2020, a pris connaissance d’une vidéo «envoyée par un imam d’une mosquée locale» qui dénonce Samuel Paty. Ce qui semble désigner la vidéo diffusée par Abdelhakim Sefrioui, qui se revendiquait membre d’un «conseil des imams de France». Le père du terroriste ajoute que, dans sa vidéo, cet «imam» évoquait «apparemment les essais infructueux des musulmans pour s’opposer, par des méthodes légales, aux images offensantes pour les croyants». Or, dans sa vidéo, Abdelhakim Sefrioui profère bien l’accusation suivante: «Ça fait cinq-six ans que des enfants de 12-13 ans, des musulmans, sont choqués, sont agressés, sont humiliés devant leurs camarades.»

«Il n’y avait aucun fanatisme en lui. Je l’ai élevé ainsi»

«Abdoullakh a reçu cette vidéo, poursuit Abouyezid Anzorov, il n’a pas supporté et a couru dans la cuisine pour en parler à sa mère. Sa mère a maudit ceux qui dessinent des caricatures et a répondu que cela ne dépendait pas de nous, que notre affaire c’est de prier.» Abdoullakh a aussi signalé la vidéo à son frère mais pas à son père, agent de sécurité, qui travaillait alors dans une autre ville qu’Évreux où résidait la famille. Le père parle alors d’un fils qui, sans pression familiale, a commencé à prier à 5 ans, à jeûner à 7, un «bon fils pour ses parents»qui a «adhéré aux traditions et au comportement tchétchènes»«Il n’y avait aucun fanatisme en lui, ajoute Abouyezid Anzorov. Je l’ai élevé ainsi: tu dois plus aimer Allah que tes parents.»

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Sur l’attentat lui-même, le père du terroriste précise de façon assez mystérieuse que son fils n’a pas «agi spontanément». Il ajoute que lui-même n’aurait pas eu «le courage, la force de décider ce meurtre» et que, s’il avait eu connaissance des projets de son fils, il l’aurait arrêté. Mais il estime aussi que son fils «a remboursé la dette de tous les musulmans»et se dit «content de lui» car «il est parti en défendant l’honneur de tous les Tchétchènes et de tous les musulmans du monde».

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