MEMORABILIA

Faits & Gestes. Ivan Rioufol.

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ABONNES
Ivan Rioufol | par Ivan Rioufol dimanche 31 octobre 2021 LE FIGARO
Chers lecteurs, Voici quelques-unes de mes notes, non utilisées, de cette semaine. 

Lundi 25 octobre : Éric Zemmour fait enlever son voile à une musulmane, mais personne ne semble vouloir s’attarder sur ce symbole libératoire ! La scène se passe à Drancy (Seine-Saint-Denis), en direct sous les caméras de CNews dans l’émission de Jean-Marc Morandini, «Face à la rue» : une approche télévisée originale consistant à confronter une personnalité politique à des contradicteurs de passage. En l’occurrence, Rachida, la femme voilée, n’est pas de Drancy et les médias vont s’attarder sur ce point annexe. Mais c’est le dialogue qui est savoureux. Zemmour, pointant le foulard islamique : «L’Islam est une religion qui ne connaît pas la liberté individuelle parce que l’Islam veut dire soumission (…) C’est le texte qui vous commande». Rachida : «Je suis une femme libre !». Zemmour : «Alors enlevez-le si ce foulard n’a pas d’importance !» Rachida : «Enlevez votre cravate, à ce moment-là». Zemmour enlève sa cravate : «J’attends toujours que vous enleviez votre foulard. Allez-y, je vous en prie.» Rachida enlève son voile, et se montre en cheveux. Dans ce jeu de strip-tease très sage, Rachida assume en effet sa liberté de mettre ou nom ce bout de tissu. Elle entend démontrer que son voile n’est pas un symbole politique de soumission à l’homme, ni une marque ostensible de séparatisme culturel. Sauf que l’islamosphère va immédiatement s’enflammer et insulter l’impudente qui a osé braver l’obligation pour la femme musulmane de se couvrir. Rachida, femme libérée ? Admettons. Mais elle a surtout dévoilé le poids des interdits de l’islam. Une musulmane ne joue pas sans risque avec le voile!

Mardi 26 octobre : On apprend ce matin que des policiers de la BAC ont été visés à balles réelles, lundi soir, dans le quartier de la Duchère, à Lyon. Les tirs voulaient tuer du flic, assurent les forces de l’ordre. Ce n’est pas la première fois que les armes sont exhibées et utilisées dans les cités d’immigration. À Dijon, en juin 2000, elles avaient été sorties durant trois jours dans des affrontements entre Tchétchènes et Maghrébins. La paix avait été conclue sous l’arbitrage d’un imam d’une mosquée locale. Mais c’est la première fois, semble-t-il, que les dealers vont à l’affrontement avec une volonté d’en découdre. Hier, dans l’émission de Morandini, Zemmour s’est aussi rendu dans une boucherie hallal. On lui dit alors qu’il y a bien une boucherie «française», mais elle n’est pas dans ce quartier. Ici, les boucheries sont «musulmanes», lui explique un commerçant sur le ton de l’évidence. Qui peut encore douter de l’existence d’une contre-société islamisée ? Elle sait parfaitement où sont ses frontières territoriales : la police qui pénètre dans son périmètre est vue comme une force étrangère, une provocation justifiant la légitime défense. La guerre civile ? Elle est là, à bas bruit. Une étincelle (un «jeune» tué par un policier dans un échange de coups de feu, par exemple) et tout s’enflamme.

Mercredi 27 octobre : On croit rêver : selon un avis du Conseil scientifique, un lit d’hôpital sur cinq n’est pas utilisé faute de moyens humains ! Mais à quoi a servi le «Quoi qu’il en coûte» macronien ? «Quelle que soit la région, un pourcentage significatif de lits sont fermés en raison du manque de personnel et ce, dans tous les secteurs de soins», écrivent les membres du Conseil qui précisent que cette situation leur semble plus grave que lors des automnes précédents. Dans ce contexte, le Conseil exprime donc son inquiétude concernant la capacité du système hospitalier «à répondre à une éventuelle nouvelle vague, même plus faible». Pour les membres du Conseil, «les pouvoirs publics doivent porter une attention particulière à la situation très fragilisée, y compris dans les services pédiatriques et dans les hôpitaux avec un nombre significatif de lits fermés». L’avis souligne les risques encourus à l’approche des pathologies hivernales. Les fermetures de lits concernent «tous les secteurs de soins (médecine dont soins critiques, chirurgie et obstétrique), mais aussi à un moindre degré les services de pédiatrie (réanimation et hospitalisation conventionnelle) qui dans certaines régions sont déjà en tension alors que nous sommes qu’au début des épidémies automnales et hivernales virales hors Covid.» Mais à quoi sert Olivier Véran, ministre de la Santé, s’il n’est pas capable de diriger son secteur ? Lundi, sur mon blog (Liberté d’expression) j’ai laissé la parole à une jeune soignante, Diane Hekking, qui n’a plus le droit d’exercer sa profession car elle refuse le passe sanitaire et son obligation vaccinale. Ses patients l’attendent. Ses collègues aussi. Mais M. Véran ne tolère pas les fortes têtes. Il préfère laisser couler l’hôpital public.

Jeudi 28 octobre : Le Parisien révèle «un projet secret de coup d’État» mené par un groupe «complotiste» dirigé par Rémy Daillet. On y lit que ce groupe, estimé à 300 personnes, projetait de «s’emparer de l’Élysée et des points névralgiques de la capitale». Tout paraît loufoque et bringuebalant dans cette affaire de pieds nickelés. Mais il est dit que le «complotisme» est, bien plus que l’islamisme conquérant, le nouveau danger pour la République. Quitte à voir des complots partout.

Vendredi 29 octobre : Je reçois Renaud Camus sur CNews, pour l’enregistrement de mon émission, Les points sur les i, qui sera diffusée ce dimanche (19h-20h). Je ne dirai pas que la venue de l’homme de lettres réjouisse particulièrement la chaîne… Elle est terrorisée par les possibles remontrances du CSA et par le portrait peu flatteur que les médias font de l’écrivain aux 170 livres. Mais il fallait, selon moi, entendre la défense de Camus. C’est pourquoi j’ai insisté pour qu’il vienne sur mon plateau. Camus est ostracisé par les éditeurs, les médias et même Twitter qui vient de suspendre son compte ! Une sottise d’autant plus incompréhensible que l’auteur a fait de ses tweets une œuvre littéraire déjà éditée en trois volumes (Chez l’auteur). Ceux qui s’attendent à entendre ce soir un Camus pyromane, conforme à sa caricature, vont être déroutés par celui qui prône la non-violence. 

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