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Grand remplacement ou grand effacement ?

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OPINION. En peu de temps, le terme de « grand remplacement » s’est imposé dans le débat public au point de devenir incontournable. Pourtant, estime notre lecteur, c’est davantage l’effacement de notre civilisation qui est à l’œuvre.

Grand remplacement ou grand effacement ?

L’expression « grand remplacement » n’est pas satisfaisante. Un tel remplacement est souvent compris comme étant la conséquence d’un dessein bien établi, comme répondant à un véritable plan. Or, cela n’est pas l’essence du phénomène, et l’existence d’une machination de certaines forces ne peut en expliquer qu’une partie. De plus, l’idée d’un remplacement calculé est parfois comprise à contresens, comme un projet de certains gouvernants, pour en dénier la réalité ; pour ceux-là, il s’agit plutôt d’un souhait ou d’une fatalité. Plus encore, « remplacement » paraît désigner une relève d’un peuple par un autre, une substitution d’un groupe d’arrivants à un groupe de présents. Or, ceux qui sont présents sont parfois mis à l’écart, ou d’autres fois dilués, ou encore traités en inférieurs, en dignité tout au moins. Mais, aujourd’hui en tout cas, ils ne sont pas expédiés ailleurs.

Ce que l’on imagine ou ressent comme un remplacement est plutôt soit une dissolution de ceux qui sont déjà là, soit un bannissement. Par ailleurs, ceux qui sont déjà présents en venant d’ailleurs sont de deux sortes : les uns se conduisent comme s’ils étaient chez eux, voire comme si leur mode de vie devait devenir hégémonique, tandis que les autres vivent comme des Français en France, et ne veulent pas d’un changement de mœurs ou de lois, qu’ils refusent ou que souvent ils ont fui. Ceux-ci sont tantôt désignés par les effaceurs comme des « noirs de craie », des « arabes de service », assimilés à des « blancs » comme les autres, avec ce grief supplémentaire d’être des traîtres, des vendus ou des apostats.

C’est d’ailleurs toute l’ambiguïté du terme « immigration ». En effet, il indique à la fois dans le vocabulaire de l’économie un « stock » et un « flux » ; et il crée la confusion entre lieu de naissance, nationalité de la personne ou de ses parents, mobilité géographique… En tout cas, il désigne conjointement, de manière confuse des présents et des arrivants, alors que ceux-ci ou ceux-là ont de plus des conceptions et des attitudes bien diverses. Ce terme vient maladroitement agglomérer des traits caractéristiques bien différents (selon la culture, le sexe, le nombre…) des uns ou des autres.

Ce que produit la réalité que l’on veut décrire en le dénommant comme un remplacement, pour en souligner ou en écarter les inconvénients, c’est plutôt un grand effacement. Ce qui est en jeu c’est l’effacement de la civilisation de la France, des mœurs qui la caractérisent, de la place des présents. Et ce qui crée le danger, ce sont à la fois la loi du nombre et la difficulté de mélanger des « diversités » trop séparées. Au risque d’un grand effacement par des flux d’arrivée considérables et qui s’appellent et s’amplifient en cascade, s’ajoutent les coups portés à la France par les repentances successives, par la dilution dans une Union européenne sans frontières (et surtout sans limites), par la remise en cause d’un soubassement gréco-latin et judéo-chrétien, et aussi par la décadence du christianisme.

Or, ces atteintes portées à l’État-nation se combinent et se conjuguent avec la réalité ou la perspective d’une dissolution de sa population. Si nous sommes coupables de crime contre l’humanité (au pluriel, de l’esclavage à la colonisation), tout au moins par héritage, il peut paraître légitime de nous radier pour laisser la place à d’autres, innocents réels ou supposés. Si notre histoire est une suite d’horreurs, il peut sembler opportun de la gommer ou de la réviser. Si notre héritage judéo-chrétien est mis en défaut ou n’est plus une référence partagée, il peut se justifier de l’abolir ou de le substituer par un autre système religieux et juridique. Et, pour boucler la boucle, les arrivées incontrôlées de nouvelles populations, incontrôlées en raison de la déficience des autorités ou du laisser-faire validé par le droit (sans oublier les détachements de travailleurs) sont favorisées ou imposées par les organes de l’Union européenne, qui n’a de cesse de contester, de réduire ou de subvertir les choix nationaux (au titre du respect de la vie privée, au motif de l’alimentation des caisses de retraite ou au nom d’une concurrence justifiant les détachements de travailleurs).

Le grand effacement de la France et des Français se manifeste en même temps de manière interne et externe, et il est produit à la fois par des forces exogènes et par des dérives nationales. C’est cet effacement qui est en jeu. S’y opposer n’est certainement par se replier ou se rabougrir, mais bien au contraire faire rayonner un héritage.

Auteur

Jacques PERTEKAvocat Publié le 14 novembre 2021. FRONT POPULAIRE

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