MEMORABILIA

«COP26: Babel climatique»

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Par Philippe Gélie LE FIGARO. 14 novembre 2021

Philippe Gélie. Le Figaro

L’éditorial du Figaro, par Philippe Gélie.

Personne n’est content, c’est donc que la négociation n’a pas été si mauvaise», a conclu en substance John Kerry, l’envoyé spécial du président américain pour le climat. Sa formule résume le sentiment général laissé par la COP26 de Glasgow, un mélange de frustration et de «c’est mieux que rien». En deux semaines de négociations dans cette Babel à forte empreinte carbone, rassemblant quelque 39 000 participants de 200 pays, des progrès ont été accomplis çà et là, sur les énergies fossiles et les émissions de méthane, la déforestation ou le marché du carbone. Mais le monde ne s’est pas vraiment rapproché de la ligne d’arrivée – l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Alors qu’on voit se multiplier les vagues de canicule, les incendies gigantesques et les inondations dramatiques attribués au réchauffement de 1,1 °C déjà enregistré par la planète, la trajectoire reste égale ou supérieure à 2 °C et «la catastrophe climatique frappe toujours à la porte», s’inquiète le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

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Après 26 épisodes, la formule de la COP (conférence des parties) a-t-elle montré ses limites? Même scientifiquement justifiée, la dramatisation des enjeux se révèle contre-productive: les sommets de la dernière chance sont toujours suivis d’un nouveau rendez-vous, l’apocalypse est perpétuellement reportée à demain. Entre-temps prévaut la politique des petits pas, qui consent à réduire le recours au charbon plutôt que d’en sortir et refuse aux victimes – les pays les moins pollueurs mais les plus affectés, de l’Afrique ravagée par les criquets aux îles menacées d’engloutissement – une aide financière promise de longue date. Depuis le temps qu’on s’y exerce, il paraît clair que l’écologie coercitive ne suffira pas à nous sauver. La méthode est lente, pleine d’effets indésirables. L’innovation et le volontarisme semblent avoir de meilleures chances – ce qui n’invite pas à relâcher les efforts dans l’attente d’une invention miracle. La COP doit seulement viser plus haut que la police climatique.

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