MEMORABILIA

Sylvain Tesson, Frédéric Beigbeder, Boualem Sansal… L’incroyable pèlerinage de 14 écrivains touchés par la grâce

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Une messe dans l'église abbatiale, c'est une leçon de beauté qui vaut tous les paysages de Toscane.
Une messe dans l’église abbatiale, c’est une leçon de beauté qui vaut tous les paysages de Toscane. Éric Sander pour le Figaro Magazine
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EXCLUSIF – C’est une initiative inédite : au printemps dernier, une quinzaine d’écrivains sont allés passer trois jours et trois nuits dans l’abbaye de Lagrasse, où vivent une quarantaine de chanoines. De ce séjour, ils en ont tiré un livre magnifique, dont nous publions plusieurs extraits.Par PASCAL BRUCKNER, Sylvain Tesson, Frédéric Beigbeder et Boualem SansalPublié il y a 2 heures

Par Pascal Bruckner. LE FIGARO. 19 novembre 20

Que l’on soit croyant ou non, arriver à Lagrasse pour quelques jours, partager la vie des frères, c’est subir une immersion instantanée dans une société aux antipodes de la nôtre : le silence en lieu et place du bruit, la frugalité plutôt que l’abondance, la coupure plutôt que la connexion. Logé dans une cellule sobre mais vaste, la chambre de l’évêque, qui donne sur un jardin splendide, on s’endort le soir, ­fenêtres grandes ouvertes, au chant des crapauds et du ­rossignol, on se réveille avant 6 heures sur le pas menu des chanoines qui se rendent à matines.

L’abbaye de Lagrasse, bâtie avant Charlemagne et restaurée par les chanoines après une longue période d’abandon. Éric Sander pour le Figaro Magazine

Des hommes choisissent de s’isoler en pleine nature dans un cadre d’une beauté époustouflante et de vivre selon la règle de saint Augustin. Qu’est-ce qui en eux peut nous séduire ou du moins nous ébranler alors même qu’ils ont préféré le retrait et la chasteté ? Ils ont décidé de mourir à ce qui n’est pas essentiel, nous vivons pour ce qu’ils jugent frivole. Pour notre univers prosaïque, ce choix de la réclusion reste une énigme. Rentré agnostique, je n’ai pas rencontré Dieu, mais des hommes d’exception qui croient en lui. Cela me suffit.

Bien que réfractaire à la foi, le fait religieux me trouble. Dans tous les pays que je traverse, je suis aimanté spontanément par les églises, cathédrales et basiliques, les temples hindous ou bouddhistes, les mosquées et sanctuaires de marabouts. Assister aux offices, aux grandes processions comme la Kumba Mela, en Inde, me fait frissonner. Chez moi, je ne me lasse pas de la musique sacrée, messes, ­requiem, stabat mater, cantiques. De ce trop bref séjour dans l’abbaye, je retiens ceci : l’extrême jeunesse des frères et leur équanimité, ou plutôt leur bonne humeur, leur ­disponibilité permanente.

Ils sont d’une gentillesse ­déroutante et manifestent une ferveur sans fanatisme. Cette juvénilité est un signe d’espoir quand tant d’églises en France et en Europe de l’Ouest sont remplies de personnes âgées qui marmonnent des prières, tassées sur leurs sièges. Si les chrétiens échouent à convaincre les nouvelles générations, ils disparaîtront du paysage. Les édifices religieux ­relèveront du ministère du Tourisme et se visiteront au même titre que nous arpentons les ruines romaines ou les temples grecs. […]

La journée est saturée d’activités, entre travail et prières, qui ne laissent pas l’esprit en repos, mais ménagent des plages de délassementPascal Bruckner

J’ai retrouvé à Lagrasse un élément qui m’a toujours fasciné depuis mes lointaines retraites d’adolescent : l’organisation de la vie journalière. C’est la vie monastique avec son découpage horaire minutieux, ses offices, ses plages réservées à la prière, à la méditation et au travail, qui préfigure le mieux notre expérience du temps profane. Les moines, on le sait, surtout s’ils appartenaient à un ordre contemplatif, risquaient toujours de succomber au pouvoir de dissolution du quotidien, lequel pouvait les détourner de Dieu. Les exercices spirituels auxquels chaque communauté était astreinte avaient pour but de soustraire les religieux à la dissipation afin de les maintenir dans la voie de l’adoration divine.

C’est probablement à l’ombre feutrée des couvents et des monastères que l’Occident s’est inculqué un minutieux dressage horaire (repris ensuite par le capitalisme). Celui qui a fui le monde pour se consacrer au Très-Haut vit selon un cadre régi par l’horloge, dont les cloches sont le symbole. Le moine n’est pas un fainéant ni un parasite, comme l’en accuseront Luther et Calvin (qui remplaceront la prière par le travail, faisant de ce dernier un acte quasi religieux), c’est en quelque sorte un être surmené. Comme chacun de nous, il est voué à cette tâche essentielle et futile : tuer le temps, en l’occurrence le temps ordinaire, pour gagner l’éternité. Ce surmenage, je l’ai constaté à l’abbaye, a ceci de singulier qu’il est organisé avec méthode : des matines à 6 h 10 aux complies à 20 h 45.

Ici, tout n’est qu’ordre et beauté, simplicité, calme et recueillement. Éric Sander pour le Figaro Magazine

La journée est saturée d’activités, entre travail et prières, qui ne laissent pas l’esprit en repos, mais ménagent des plages de délassement. L’essentiel est d’éviter le sentiment redoutable du vide. S’il s’insinue dans les cœurs, alors survient ce que les Grecs appelaient le risque de l’acédie, ce terrible mal des ascètes qui les détournait du Seigneur et les frappait de tristesse. C’est la fatigue de celui qui a dédié sa vie à la prière et que la prière lasse, celui qui souffre d’un désintérêt subit à l’égard de son salut, mal terrible contre lequel l’Église s’est avouée ­impuissante. […]

L’abbaye de Lagrasse ne prêche pas, elle témoigne. Je reste un chrétien de culture, un chrétien de mémoire et ne renierai jamais la religion de mon enfance. Je reste au seuil du mystère, je n’y entre pas. Le débat entre la philosophie et la théologie, entre le doute et la foi ne doit pas cesser. Même un athée croit encore à la non-existence de Dieu, il croit dur comme fer qu’il ne croit pas.

Le mystique rhénan Angelus Silesius écrivait en 1657 : « Je n’ignore pas que, sans moi, Dieu ne pourrait vivre un seul ­instant ; si je ne suis plus, lui aussi devrait rendre l’âme. »

Dieu a besoin de Lagrasse.

Nous aussi.


Dans le climat de la grâce

Par Sylvain Tesson

Je roulais vers les Corbières au volant d’une automobile, le soleil se couchait, le monde devenait mauve, on se serait cru en paix. L’air sentait l’herbe fraîche et le maïs en plastique, et j’avais rendez-vous avec un homme en robe, le père Michel. Je l’avais rencontré à ­Paris, il m’avait invité à passer quelques jours à l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse. Avantage de rouler à tombeau ouvert vers une abbaye : en cas d’accident mortel, on ­bénéficiera d’un service. J’arrivai juste à l’heure, pare-brise intact. Pas un moucheron ne s’y était écrasé. Le ciel du XXIe siècle est vide.

*

Je venais de la Sainte-Baume, patrie de Marie-Madeleine, la sainte pécheresse, l’adoubée du Christ, perdue, puis ­rachetée. Nulle fatalité pour la femme fatale. Elle avait passé la fin de sa vie dans une grotte du massif où les ­Gitans de France convergeaient pour vénérer leur sœur de ­l’ombre. Bien qu’amateur de toute tziganerie, ce n’était pas pour rendre mes dévotions à la traînée glorieuse que j’avais séjourné ici, mais pour escalader le « pilier de Bartagne », une étrave de 200 mètres de haut, fermant l’angle sud-est de la Sainte-Baume et transformant le massif en un navire de karst suspendu dans le ciel. L’escalade est une liturgie, une conjuration de la chute.

Nous autres, amateurs de ­rochers, allons sur les faces comme à l’église. On y accomplit des gestes éphémères et des nœuds définitifs. On contemple le vide, image de soi-même. On vit une réduction de l’existence avec ses joies, ses peines, sa peur, et la ­délivrance, une fois parvenu en haut. On est relié à un ami, mais on ne le côtoie pas, car 50 mètres de corde nous séparent de lui : ­relation humaine parfaite. On contemple les touches du réel. Chaque détail dit le monde. Une fleur des parois suffit à aimer la totalité. Il ne faut pas essayer de tout com­prendre. On saisit quelque chose, c’est bien assez d’en jouir. On arrivera à l’unité par l’admiration d’un ou deux débris splendides de l’univers. […]

*

Ainsi des augustiniens : une partie de leur vie est vouée à la contemplation, une autre à leurs semblables. Une part au ciel, une part au bruit qu’on appelle « le siècle » en terme poli. La vie dedans puis la vie dehors : c’est la règle. Le chanoine sort en éclaireur, il passe la ligne, se porte au chevet de ses semblables, le monde étant un hospice. Il ­offre sa bonté aux hommes et son silence au ciel, distribuant aux premiers un peu de la clarté du second et retournant chercher les purifications du second après s’être sali le suaire au contact du suint.

Comment faisaient-ils, ces moines, après les coups de sonde dans la fosse pour ne pas s’effarer du désordre et de la laideur ? La Terre a si mal tourné. Et comment faisaient-ils pour ne pas se sentir supérieurs (ce qui eût été un péché) ?

La grâce, c’est qu’une dernière lampe continue à brûler. La grâce, c’est que tout repoussera. Prions pour que le climat se réchauffeSylvain Tesson

Dehors, les frères se commettent. Dedans, ils se régé­nèrent. Le mur du monastère est une membrane. Dans la campagne, on appelle cela une haie. La haie délimite et contient, elle sépare les champs, mais n’emmure rien. Le vent, la lumière, les lièvres et les enfants ont l’autorisation d’y passer. L’openfield, géographie du monde global, conduit à l’arrachage des haies. Dans le bocage défini, climat de la grâce. Dans la steppe ouverte, climat de la masse.

La membrane du monastère autorise donc une circulation. Les profanes entrent comme je le faisais ce soir. Les frères sortent en robe, c’est-à-dire en armure, c’est-à-dire exposés, c’est-à-dire offerts. Grandeur des murs ! Beauté des frontières ! Les esprits paresseux déplorent tout ­rempart. Ils rêvent de terres équarries par les courants d’air. Ils ignorent qu’un rempart contient ses pertuis. ­Pardonnons-leur, ils ne savent pas ce qu’ils manquent.

*

Le lendemain, je partis. Moi aussi, je passai la ligne. Je ­retournai dans l’arène aux réduves masqués, chez les miens donc. Je n’avais pas progressé beaucoup dans ­l’ordre de la foi. La preuve, je rentrais chez moi. Mais je savais que des chanoines étaient disposés là, en ordre de marche, c’est-à-dire éternellement immobiles. Et la certitude de leur présence lointaine et effective et même inaccessible ­valait peut-être autant que son côtoiement. Ainsi de la certitude que des bêtes magnifiques vaquent dans les forêts : point n’est besoin de les voir si on sait qu’elles vivent.

Les augustiniens se tiennent derrière la membrane de grès. Ils tiennent. Ils répètent les gestes. Ils disent les mots. Ils ­lisent le livre. Cela ne suffit-il pas ?

Et retrouvant la laideur énorme de la ville, la grande santé de la méchanceté humaine, je savais désormais que ce ­carnaval hideux n’était pas grave. L’immense expulsion de la haine, la cataracte de foutre et de sang qui s’appelle l’Histoire n’a aucune importance. Le temps va ramener l’ordre des anciens jours, a écrit Nerval. Phrase auguste. Patience, frères humains ! Le monde n’est pas ce qui se passe derrière les murs de Lagrasse.

La grâce, c’est qu’une dernière lampe continue à brûler.

La grâce, c’est que tout repoussera.

Prions pour que le climat se réchauffe.


Le Refuge

Par Frédéric Beigbeder

Me voici donc en stage de trois jours chez 42 mecs qui prient depuis mille deux cents ans le même Dieu, dans le même endroit, en chantant les mêmes mots. Peut-être que cela ne sert à rien, mais, comme le reste non plus, autant accomplir un truc beau. On peut croire par fatalisme ou désœuvrement. […]

Mon office favori est « complies », la prière du soir. Même religieusement, je reste un noctambule. Aux ­complies, l’obscurité envoûtante illuminée de cierges, les ombres vacillantes aux murs, l’encens inspiré emportent le fidèle dans la magie et le conduisent vers un sommeil féerique et nuageux. J’aime aussi les matines aux ­aurores renaissantes, quand le soleil filtre par les ­vitraux. Une grande croix rose fluo s’illumine au-dessus des habits blancs comme au dernier concert de Justice à l’Olympia. […]

Les prières, assis, debout, agenouillé, le dos penché, constituent des exercices physiques. Une sorte de ­gymnastique divine : on squatte, on remonte, on fait ­travailler tous ses muscles, dorsaux, cuisses, sept fois par jour aux différents offices. En cas d’athéisme, sachez que vous ne perdez pas votre temps : à Lagrasse, on entretient son corps autant que son esprit.

Le room service est méticuleux dans cette abbaye. J’ai l’impression que les chanoines se relaient pour tenter de deviner tout ce qui me manque et passent leur temps à m’aider. L’un m’apporte un tube de dentifrice, l’autre le missel pour suivre les chants grégoriens, un troisième vient frapper à ma porte quand le déjeuner est servi. Même au Ritz, le personnel est moins prévenant, car il espère un pourboire, alors que les frères désintéressés n’attendent que la canonisation.

Dans l’église, la seule source de lumière, celle du levant, éclaire le chœur et la nef. Éric Sander pour le Figaro Magazine

Je déambule dans du Beau au service de mon âme. Un monastère est une utopie aussi artistique que spirituelle : « la cité de Dieu » est un phalanstère non laïc. La communauté de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse ­dépendait du diocèse de Gap, dont l’évêque fut autrefois Jean-Michel Di Falco, le directeur de mon école ­Bossuet. J’ai écrit avec lui un dialogue, Je crois, moi non plus, publié en 2004, l’année où les chanoines ont emménagé ici. Puisque ce mystère me dépasse, feignons de croire que ceci n’est qu’une coïncidence. […]

Je ne veux plus partir ! Il va falloir me virer à coups de sandales-chaussettes dans le cul pour que je retourne dans le monde pollué acheter des objets vains dans des galeries marchandes. Je veux vivre au ralenti comme eux, dans la douceur. […]

Au matin du quatrième jour, je suis reparti dans la ­société encombrée pour retrouver l’amour et combattre les monstres.

À présent que je suis de nouveau noyé dans le tumulte, au fond de mon maelström contemporain, de nouveau étourdi et fatigué, je me souviens que, quelque part en Languedoc, des hommes en robe blanche continuent ­chaque jour de chanter sous une nef gothique les mêmes hymnes immatériels, pour les siècles des siècles.

Et penser à ces hommes agenouillés m’aide à tenir debout.


La Guerre du feu

Par Boualem Sansal

Je suis athée et je le regrette. Je ne le suis pas parce que je refuse Dieu, je le suis parce que je ne peux pas l’atteindre, parce que je n’ai pas les moyens de l’accueillir dans mon esprit et dans ma chair et ­vivre pleinement, librement, merveilleusement cette rencontre. Je ne veux pas non plus lui imposer le spec­tacle du mauvais croyant que je serais, ambigu et velléitaire. Il n’y a pas de milieu, on est dans ou en dehors de la foi. On peut cependant être à mi-chemin si la volonté y est, mais cette énergie je ne l’ai pas trouvée. Je suis athée par désespoir, par impuissance, par fatalisme, ­dirais-je, si je devais puiser dans le vieux fond islamique de mon pays. […]

Le monde dans lequel se meut l’homme, réduit aujourd’hui à sa plus simple individualité, est un monde vide ; la vie y manque d’air, de lumière et de chaleur. Que dire du sacré et de la spiritualité, ces mots désuets ? On ne les entend plus que dans les séries télévisées hollywoodiennes, qui ont fait du Moyen Âge européen en chemise de bure et cotte de mailles la nouvelle passion des fidèles du petit écran. Il y avait des chrétiens en France quand elle était une communauté ancrée dans la foi, quand elle était, selon Michelet, « une conquête de l’Église ». Il en reste encore, mais ils disparaissent les uns après les autres à mesure que ce pays de cocagne s’abandonne aux plaisirs du consumérisme et du divertissement.

Dans le jardin biblique, lieu propice à la méditation. Éric Sander pour le Figaro Magazine

« France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? […] France, fille de l’Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? »On se pose bien des questions à son sujet : où l’Église était-elle tout ce temps ? Qu’a-t-elle fait, que n’a-t-elle pas fait ? Lui fera-t-on procès pour non-assistance à âmes en perdition ? A-t-elle été dépassée par l’ampleur de la faillite, est-elle censurée (par qui, pourquoi) ? A-t-elle, à son tour, perdu son âme ? Mais le berger a-t-il le droit de faillir ? Se peut-il que l’Église ait, comme dans l’histoire de La Chèvre de monsieur Seguin, cédé aux caprices de ses ouailles ? Jésus a dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. »

Quel est ce grain de sable qui a brisé cette merveilleuse machine vieille de deux mille ans ? […]

Je crois depuis toujours et aujourd’hui plus qu’hier que la religion n’a pas pour mission de policer les sociétés, encore moins d’assurer le service après-vente des politiques gouvernementales, mais d’apaiser le cœur des hommes terrorisés par la vie et angoissés par la mort, et de les aider par la prière et le rituel à trouver le chemin du bonheur. À la politique ses problèmes, à la religion les siens et à Dieu le Jugement dernier. La mondialisation et son relativisme ravageur ont accéléré la dérive. Vatican II a répandu le wokisme et la cancel culture dans le monde occidental, et par contrecoup la culture de la victimisation et de la vengeance dans le monde oriental a fait le reste : les hommes indemnes sont partis chercher ailleurs les lumières, mais depuis la fin de l’histoire, celles-ci se fabriquent en usine et sont marchandisées par des agences de certification dynamiques.

Les chanoines alternent mission pastorale et vie monastique. Éric Sander pour le Figaro Magazine

À tout désacraliser, à tout déconstruire, on a créé les conditions d’une faillite sans retour. Comment refaire ce qui est en miettes ? Ces gens ont-ils lu Djalal ad-Din Rumi ? La partie n’est pas le tout, que diable ! « La ­Vérité est un grand miroir tombé des mains de Dieu et qui s’est brisé en mille morceaux. Chacun en ramasse un ­fragment et dit détenir toute la vérité. »

La mondialisation a en revanche formidablement ­profité aux adeptes de Mammon et aux adeptes de ­l’islamisme, courant rétrograde de l’islam qui prône la misère et la folie pour tous, savamment cornaqué par les pouvoirs féodaux qui régentent les pays musulmans avec l’approbation, sinon le soutien tactique, des ­démocraties occidentales. […]

L’Église ne peut-elle trouver en son sein une phalange héroïque qui irait par le monde combattre les forces du mal et trouver le moyen de rallumer le feu sacré ? ­Chaque fois au cours de l’Histoire que le mal a gagné, des hommes en son sein se sont dressés et ont su relever le défi et redonner l’espoir aux hommes. Où sont ses preux, Augustin, Grégoire, Ambroise, Jérôme… ? Si elle ne le fait pas, qui en ce bas monde en perdition saurait le faire ? Les sectes, les islamistes, les adorateurs de Mammon, les gens livrés à eux-mêmes ? Continuera-t-elle à laisser faire ? L’urgence est signalée. […]


TROIS JOURS ET TROIS NUITS

«Le grand voyage des écrivains à l’abbaye de Lagrasse» Fayard

Le grand voyage des écrivains à l’abbaye de Lagrasse, par Pascal Bruckner, Sylvain Tesson, Camille Pascal, Jean-René Van der Plaetsen, Frédéric Beigbeder, Jean-Paul Enthoven, Jean-Marie Rouart, Franz-Olivier Giesbert, Sébastien Lapaque, Thibault de Montaigu, Louis-Henri de La Rochefoucauld, Boualem Sansal, Simon Liberati, Xavier Darcos. Préface de Nicolas Diat. Postface du père Emmanuel-Marie Le Fébure du Bus, Fayard/Julliard, 360 p., 23 €. En librairie le 25 novembre.

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