MEMORABILIA

Faits et gestes, Ivan Rioufol. Le Figaro.

 Chers lecteurs,

Voici quelques-unes de mes notes, non utilisées, de cette semaine.

Lundi 15 novembre : Et si c’était Éric Ciotti ? Après avoir à nouveau écouté hier soir les cinq candidats LR à la candidature présidentielle, je trouve que le député des Alpes-Maritimes ne manque pas de mordant, ni de talent. Philippe Juvin non plus d’ailleurs. Pour Ciotti, c’est «la survie de la France» qui est en jeu. Il a raison. Pour avoir fait ce même diagnostic, Éric Zemmour a fait une entrée fracassante dans le jeu politique. Ce matin, sur Europe 1, Ciotti assure «porter le projet de rupture le plus clair». Il a l’avantage sur ses quatre concurrents de ne pas craindre les foudres du politiquement correct. Il rappelle qu’il est le seul à n’avoir pas voté Emmanuel Macron au second tour de 2017 (il s’était abstenu). Il est le seul à avoir fait partie de la «droite Trocadéro», cette foule pro-Fillon qui s’était retrouvée sur cette place parisienne pour encourager son candidat à ne pas abdiquer. Je trouve Michel Barnier, donné comme favori par les observateurs, inutilement solennel. Je n’oublie pas non plus son plaidoyer pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères en 2004. À l’époque, il était touchant de naïveté en voulant croire en la compatibilité de l’islam avec la laïcité. C’est lui qui en 2012 vantait également l’Europe supranationale. Quant à Valérie Pécresse, je me souviens d’elle sur le parvis de la Grande mosquée de Paris, en septembre 2014 (j’y étais), assurant après l’égorgement d’Hervé Gourdel par des islamistes : «Non, l’islam n’a rien à voir !». Xavier Bertrand ne manque évidemment ni de savoir-faire ni de ténacité. Mais pourquoi diable avoir déclaré, aux élections départementales de juin : «Il vaut mieux être avec les communistes qu’avec les identitaires du FN». Ses propos contre l’immigration sont ceux du FN, non du PCF.

Mardi 16 novembre : Il faut boycotter le Petit Robert ! Le célèbre dictionnaire, cherchant à flatter les minorités militantes, admet l’usage du nouveau mot iel, ou iels. Il en donne cette définition : «(Rare) Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L’usage du pronom iel dans la communication inclusive». Jusqu’alors, dans la grammaire, le masculin était aussi le neutre. Mais pour ceux qui ne se sentiraient ni homme ni femme voici donc la dernière lubie : faire disparaître le il ou le elle pour le synthétique iel. Cette écriture «inclusive», qui a déjà imposé son «point médiant» jusque dans des documents officiels, est une calamité pour la langue. D’autant qu’elle exclut au lieu d’inclure. En effet tous ceux qui protestent contre cette horreur sont considérés comme des réactionnaires, tandis que ses adeptes passent pour des progressistes éclairés. Certains mots «non genrés» apparaissent : enseignanx, cherchaire, Françaix, députae, comédian. Au secours ! Me revient cette remarque d’Hannah Arendt sur «la dégradante obligation d’être de son temps». Le Petit Robert est une petite chose. Minable. 

Mercredi 17 novembre : Alain Fischer, qui dirige la stratégie vaccinale anti-Covid, ne pense la vie qu’à travers les vaccins et l’unique risque qu’est, à ses yeux, le Covid. Il me fait penser au type qui aurait un marteau entre les mains et qui verrait, partout, des clous à enfoncer. Sur Europe 1, Fischer explique : «Le vaccin protège les gens contre une maladie qui tue». Mais, bon sang, la vie tue ! L’alcool ou le tabac tuent sept fois plus que le Covid qui lui-même tue 0,05 de la population. Les morts du Covid sont en moyenne de 40 par jour actuellement (50 ce mercredi). Lorsque le professeur Salomon égrenait ses listes morbides chaque soir, en 2020, c’était pour annoncer 500, 700, parfois 1000 morts par jour et plus ! L’hystérie sanitaire fait oublier que la France, et le monde plus généralement, continuent de trembler pour un virus peu létal, néanmoins décrit comme un cataclysme. Cette folie planétaire s’auto-entretient dans le mimétisme et la surenchère. Le Covid rend fou.

Jeudi 18 novembre : Depuis août, je vis absurdement comme un pestiféré alors que je suis en bonne santé. Me voici coupable de ne pas succomber à la peur collective et de m’appliquer un libre arbitre sur les risques raisonnables que je m’autorise. Comme je refuse l’idée même de montrer un QR Code pour prendre un café – je trouve ce geste déprimant et dégradant – j’ai appris, comme bien d’autres, à me passer des bistrots, des restaurants, des cinémas, des musées, que sais-je encore ? J’avais naïvement espéré en la suppression du passe sanitaire le 15 novembre comme promis initialement par le gouvernement. Mais la machine hygiéniste a été conçue sans frein. Elle ne s’arrêtera pas, tant que les Français cautionneront la paranoïa officielle. Non seulement les Français s’habituent au traçage numérique et à la société du non-contact, mais une majorité des sondés sont partants pour la société de la surveillance et de la dénonciation en désignant les non vaccinés comme devant être sanctionnés par un reconfinement. Je persiste à dire que nous entrons dans un régime d’essence totalitaire, où l’individu libre et responsable devient un prétendu danger pour la collectivité. La France Made in China ? Non merci.

Vendredi 19 novembre : Sur le plateau de CNews, Pascal Praud donne la parole, en visio-communication, à Mathilde, 16 ans. Après sa deuxième dose de vaccin anti-Covid, elle a été victime dès le 3e jour d’un syndrome de Guillain-Barré. Cette sportive ne peut plus marcher ; elle tremble de ses membres. Depuis près d’un mois, Praud a la bonne idée de faire témoigner, chaque vendredi, des personnes qui ont subi des effets graves après avoir été vaccinées. Or Me Alain Jakubowicz, présent sur le plateau à côté de moi, se met à tonitruer : «Ce que vous êtes en train de faire est totalement irresponsable !». Pour cet avocat, donner la parole à des victimes reviendrait à instiller le doute sur les vaccins. Souffrez, mais taisez-vous !

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