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L’Égypte détourne une aide militaire française sous le nez du Quai d’Orsay

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FRONT POPULAIRE. 23 novembre 2021

ARTICLE. Disclose révélait le 21 novembre que la mission de renseignement française « Sirli», commencée en 2016 et associant la France à l’Égypte au nom de la lutte antiterroriste, aurait été détournée par l’État égyptien, pour cibler à la place des contrebandiers civils. Emmanuel Macron et François Hollande en auraient été alertés à plusieurs reprises… sans pour autant réagir.

L’Égypte détourne une aide militaire française sous le nez du Quai d’Orsay

L’Égypte a-t-elle détourné une aide militaire française, au vu et au su de Paris et des responsables politiques français, qui auraient choisi de laisser faire ? C’est ce qu’avance le média en ligne d’investigation Disclose, quiaccuse l’État français d’être « impliqué dans la mort de centaines de civils » en Égypte, dans sa dernière enquête en cinq parties intitulée « Les mémos de la terreur » (ou « Egypt papers »). Cette enquête, réalisée en partenariat avec ArteTélérama et Complément d’enquête (France 2), prétend révéler « les dérives d’une opération militaire secrète de la France » ainsi que « la responsabilité de l’État (français) dans des bombardements contre des civils ». Les deux premières parties de l’enquête ont été mises en ligne les 21 et 22 novembre, et Disclosea annoncé que les trois parties suivantes seront publiées « durant toute la semaine ».

L’enquête se base sur « plusieurs centaines » de documents classés « confidentiel-défense » et transmis par une source non-divulguée par Disclose. Ces documents, qui sont pour la plupart des notes de la DRM (Direction du renseignement militaire), du ministère des Armées, de l’État-major des armées ainsi que de l’Élysée, font état d’une information particulièrement troublante : les présidents Emmanuel Macron et François Hollande étaient au courant de la situation mais n’ont pas réagi, avec ce que cela peut impliquer en termes de responsabilité de la France.

Quelles sont ces « exactions » dont on parle ?

Après l’arrivée du maréchal Al-Sissi à la tête de l’Égypte, François Hollande avait conclu un partenariat avec Le Caire au nom de la lutte antiterroriste, association qui s’est poursuivie durant le mandat d’Emmanuel Macron. Cette mission secrète, appelée « opération Sirli », prévoyait un appui français via la DRM pour aider l’armée de l’air égyptienne à surveiller le désert Lybique (couvrant une superficie de près de 700 000 kilomètres carrés à l’ouest de l’Égypte) par lequel des djihadistes libyens peuvent tenter de gagner l’Égypte. Mais derrière l’antiterrorisme, un autre objectif aurait été dissimulé, à en croire Disclose : « vendre des armes à la dictature égyptienne quitte à se rendre complice de crimes d’État »…

Dix ressortissants français et un avion de surveillance (sous le contrôle de la DRM) ont ainsi réalisé des dizaines de localisations aériennes de véhicules depuis 2014. Mais ces véhicules repérés étaient majoritairement des pick-up conduits par des contrebandiers professionnels bédouins (cigarettes, alcool, essence, armes à feu…) qu’Al-Sissi veut stopper à tout prix, mais n’ayant aucun lien avec le terrorisme dans la plupart des cas. Problème : quand les Français localisaient des véhicules, l’armée de l’air égyptienne venait les détruire à l’aide de missiles… La France aurait donc participé sans le savoir à des « exactions » contre des civils (bien que visant des criminels), et continue à le faire puisque l’opération est toujours en cours selon Disclose. La France serait impliquée dans « au moins » dix-neuf bombardements de civils et pourrait être jugée indirectement complice de « crimes contre l’humanité ».

Emmanuel Macron et François Hollande : avertis

Les présidents de la République François Hollande et Emmanuel Macron auraient eu régulièrement connaissance des exactions commises par le régime d’Al-Sissi (selon Disclose) mais auraient tout de même pris la décision d’engager la responsabilité de la France à ses côtés. Des dizaines de notes attesteraient en effet que plusieurs services de l’armée ont tenté d’alerter le pouvoir politique sur les dérives de la mission tout au long du mandat d’Hollande, puis de Macron, « en vain ». D’autres notes classifiées dévoileraient les coulisses des ventes d’armes à l’Égypte (ventes de Rafale notamment) et mettraient au jour une « diplomatie parallèle » menée « aux dépens de la défense des droits humains ».

Le ministère des Armées est resté prudent pour le moment, annonçant le 21 novembre « se pencher » sur les informations avancées par Disclose, pendant que les députés LFI réclament que Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères sous François Hollande puis reconduit par Emmanuel Macron, « s’explique ».

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