Totalitarisme rampant : on y va tout droit ?

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Christian Vanneste 28 novembre 2021 BOULEVARD VOLTAIRE

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Retrouver la justesse des analyses de Raymond Aron est une cure d’intelligence politique qui libère des miasmes des débats délétères emplis de préjugés idéologiques et de chasses aux sorcières. Ce qui oppose la démocratie au totalitarisme s’appelle le pluralisme. En revanche, l’existence d’une oligarchie pour répondre efficacement aux problèmes qui se posent à la société est nécessaire pour que la compétence sépare les gouvernants des gouvernés avec l’accord de ces derniers. Telles sont les deux bornes du régime constitutionnel-pluraliste, c’est-à-dire démocratique, selon l’auteur de Démocratie et Totalitarisme.

L’infernal trio de la pensée unique, du politiquement correct et du terrorisme intellectuel a progressivement mis fin au pluralisme. Raymond Aron soulignait que le pluralisme français acceptait l’expression politique de partis qui ne manqueraient pas, pourtant, de saisir l’occasion d’abolir le pluralisme s’ils parvenaient au pouvoir. Il pensait, évidemment, au Parti communiste de son époque. Celui-ci était non seulement toléré, mais il possédait une puissante machine de propagande et jouissait de la sympathie de milieux culturels. Globalement, cependant, son électorat était populaire et ne comprenait que marginalement ce que lui-même appelait les « classes dominantes ». Il était le « populisme » d’alors. La pensée d’extrême gauche existe toujours : d’autres courants ont dépassé ou remplacé le marxisme-léninisme inféodé à l’URSS du PCF et sont tout aussi enclins que lui à menacer la démocratie. Les « pastèques » françaises, des gauchistes très rouges repeints en vert, les « Insoumis » devenus « l’Union populaire » menacent à la fois notre système économique, nos institutions et la cohésion de notre nation inséparable de la transmission d’une identité, mais ils ne sont pas l’objet d’un opprobre systématique de la part des autres partis ni de la majorité des médias. Il en va tout autrement des mouvements ou des personnalités qui défendent l’identité ou la souveraineté nationales.

Ces deux valeurs étaient les fondements du gaullisme. Elles sont désormais rejetées à l’extrême droite et l’on arrive à cette énormité qu’un journaliste du Figaro, de confession juive, et qui entend se présenter comme le continuateur du RPR des années 1980, se voit traiter de fasciste, mettre au ban comme un paria, condamner par des tribunaux et interdire dans certaines villes. Le scandaleux paradoxe consiste à limiter la liberté au nom de celle-ci, en souvenir sans doute du terroriste Saint-Just qui voulait interdire la liberté à ses ennemis, sauf que Zemmour – puisqu’il s’agit de lui – est un ardent défenseur de la liberté d’expression. Il veut abolir les lois liberticides qui limitent la liberté d’opinion sous le contrôle des tribunaux et à l’incitation d’associations inquisitrices nourries par l’argent public et mues par le sectarisme.

Le mécanisme de ce totalitarisme rampant est connu : on extrait une phrase de son contexte, on privilégie une image dans un reportage, on exhibe les critiques et les opposants, on étiquette le tout et le tour est joué. Il suffit qu’une bande de gauchistes véhéments manifeste à l’entrée d’une conférence pour rendre celle-ci suspecte. L’inversion entre les amis et les ennemis de la liberté est ahurissante ! La masse des médias hostiles, au premier rang desquels ceux du prétendu « service public », dénonce, fustige, accuse et condamne, bref « diabolise ». Cela justifie la censure, le bannissement, l’injure et l’exécution médiatique. Celui qui se veut gaulliste devient « pétainiste » pour avoir osé réduire à la marge les méfaits de Vichy, et pourquoi pas un « antisémite ». Celui qui a fait naguère une analyse intelligente de l’évolution de notre société vers l’emprise des valeurs féministes devient un misogyne invétéré.

Ce déséquilibre dans le droit à l’expression politique est le signe d’un glissement vers le totalitarisme qui se traduit, dans nos démocraties, par un contrôle renforcé des individus appuyé, d’une part, sur la crise sanitaire et soumis, d’autre part, à la pression des idéologies nihilistes comme le « wokisme », qui inhibent les résistances à l’immigration, à la repentanceet au métissage culturel de l’identité. L’extrême gauche est à l’abri de la véhémence puisqu’elle est à l’avant-garde du mouvement. Le grouillement politique du « marais », du PS à une bonne partie des Républicains, se soumet à l’idéologie dominante. C’est au-delà que commence et s’exprime la résistance, particulièrement nette chez Éric Zemmour. C’est grâce à lui que survit le pluralisme.

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