« Citoyen », « Noël »… des mots à bannir pour la Commission européenne

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FRONT POPULAIRE. 30 novembre 2021

ARTICLE. Dans son guide de la Commission européenne pour une communication inclusive, la commissaire à l’égalité Helena Dalli fait un ensemble de préconisations ubuesques. Les mots « Noël », « colonisation » et plus étonnant, « citoyens » sont à éviter dans les outils de communication de l’UE.

« Citoyen », « Noël »… des mots à bannir pour la Commission européenne

25 000 €. C’est environ le salaire d’un commissaire européen. Démagogie ou légitime demande de comptes ? Si la question existe désormais depuis des décennies, elle se pose avec une acuité nouvelle à la lumière de ce qu’il faut prendre le risque de qualifier de nouveau « délire ». En témoigne un guide mis en avant sur Twitter le 26 octobre 2021 par la commissaire européenne Helena Dalli, mais passé inaperçu jusqu’à ce que le journal italien Il Giornale ne le mette en avant ce dimanche.

L’Union européenne souhaite manifestement s’enfoncer un peu plus dans la lignée du progressisme anglo-saxon en matière de lutte contre les discriminations. Pour ce faire, le commissaire européen à l’égalité, Helena Dalli, a publié un guide intitulé Guidelines for Inclusive Communication (recommandations pour une communication inclusive. Dans ce document de 18 pages nous sont délivrées de nombreuses recommandations, parfois étranges, comme celle d’éviter l’utilisation du mot « citoyens » dans les divers supports de communications.

Plus précisément, il nous est fortement recommandé de ne pas utiliser « le mot citoyen pour désigner les gens en général ». Un peu plus loin un exemple nous est donné : « Chaque citoyen qui travaille doit connaître ses droits » doit désormais se dire « tous les travailleurs doivent connaître leurs droits ». Le but de l’opération est défini plus tard : « Attention aux apatrides et aux immigrés : tout le monde dans l’UE n’est pas un “citoyen” ».

Dans l’Europe de demain — pardon, nous aurions dû écrire « l’UE », car le guide nous précise bien qu’il ne faut pas stigmatiser les européens « ukrainiens, bosniens et albanais » non membres de l’UE » — il faudra bien veiller à inclure tout le monde et ne vexer absolument personne. « Les gens sont des êtres complexes avec de multiples caractéristiques et identités. Il est donc important de refléter cela dans notre communication pour garantir que personne ne soit laissé pour compte », nous explique-t-on en introduction, avant de nous proposer ces « lignes directrices » qui « regorgent de suggestions pour vous aider à communiquer efficacement, avec sensibilité », et « intégrer une approche plus inclusive dans votre travail ».

On notera au passage la contradiction totale, mais très éclairante, dans la proposition consistant à promouvoir le fait de « communiquer efficacement, avec sensibilité ». L’efficacité est une notion instrumentale pour laquelle la sensibilité est un obstacle. La forme de communication la plus « efficace » qui soit est le codage binaire, soit le « langage » de la machine, par définition dépourvu de sensibilité.

« Noël » devient un mot discriminant

Vaste programme s’il en est. Le champ des propositions est étendu. Ne pas utiliser de noms « genrés », ne pas organiser de tables rondes avec un seul « genre » représenté, utiliser « une variété de visuels, de témoignages et d’histoires » qui « reflètent la diversité dans tous ses sens », parler de « personnes utilisatrice de fauteuil roulant » et non de « personne en fauteuil roulant »… Il faut utiliser un langage sensible au genre et à la diversité. Toute la diversité.

D’ailleurs chaque visuel des campagnes de communication des institutions européennes se devra de bien veiller à « garantir la diversité en termes d’origines raciales et ethniques, et d’autres aspects de la diversité, y compris la forme corporelle et l’âge ». Pour ce faire, il faudra veiller à choisir « des photos de personnes d’origines ethniques diverses [ainsi que d’autres formes de diversité] pour vous assurer que les images […] représentent la vraie diversité de la population de l’UE ». Réaliser un visuel « inclusif » risque désormais de devenir une véritable prouesse pour qui voudra satisfaire tous ces critères.

Mais l’inclusion ne s’arrête pas aux frontières du visuel. C’est pourquoi dans le cadre de questions liées aux genres, il faudra bien veiller à ne pas se limiter au bien trop classique « homme – femme », et proposer une rubrique « autre ». « Mesdames, messieurs » sera à écarter. Il faudra le remplacer par « chers collègues ». Noël ? Attention, « évitez de supposer que tout le monde est chrétien », nous rappelle le guide, qui nous incite à être sensible au fait que les gens ont des traditions religieuses et des calendriers différents » et que, de ce fait, écrire « la période de Noël » ne saurait être admis. Exit Noël donc, préférons-lui des « périodes de vacances » de fin d’année.

Ne dites plus « Coloniser Mars »

L’UE s’attaque également aux idées reçues. La formulation « Les immigrants africains ne peuvent chercher que des emplois non qualifiés » est bien évidemment péjorative et doit être remplacée par : « les aspects structurels, tels que le manque d’égalité des chances, conduisent à une surreprésentation des migrants africains dans les emplois non qualifiés ».

La commission à l’égalité veille aussi à l’inclusivité au sein de ses états membres. Quand on évoque l’UE, en référence à ses États membres, il convient de ne plus faire l’erreur de renvoyer aux anciens membres symboliques, trop souvent mis en avant au détriment des autres. La phrase « que vous soyez à Berlin, Rome ou Paris, les lois de l’UE vous protègent » doit devenir « que vous soyez à Berlin, Budapest ou Vilnius, les lois de l’UE vous protègent ».

Ce document n’oublie pas les fondements de cette idéologie de l’inclusivité à l’anglo-saxonne. Il valide l’existence d’un « racisme structurel et culturel » auquel notre continent aurait été exposé plusieurs siècles. « Certains stéréotypes et préjugés inconscients peuvent toujours être présents. Nous devons en prendre conscience pour lutter contre les biais implicites », nous explique-t-on. Ce qui fait que nous devons également éviter d’utiliser certains mots historiquement connotés. « Coloniser Mars » devra donc désormais s’écrire « envoyer des humains sur Mars ».

Quel sera le sort réservé à ce document dans le futur ? Son contenu ubuesque sera-t-il rejeté d’un bloc ou au contraire, infusera-t-il la société petit à petit, comme le fait ce courant d’idée anglo-saxon ces dernières années ? Pour le moment, il prête à sourire. Mais savoir qu’il se trouve sans doute des gens pour le prendre au sérieux devrait nous inciter à la vigilance.

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La rédactionPublié le 30 novembre 2021J’ACHÈTE CE N°7 DROITE & GAUCHEJE M’INSCRIS!
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