“Jamais d’alliance avec Macron” : l’appel d’Éric Ciotti à tous les électeurs de droite

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Arrivé en tête du congrès des Républicains devant Valérie Pécresse, Éric Ciotti lance un appel à « tous les électeurs de droite de France qui adhèrent aux valeurs de droite » et s’oppose à une alliance avec le macronisme. Entretien. 

Par  Jules Torres,  Raphaël Stainville,  Sébastien Lignier Publié le 2 décembre 2021. VALEURS ACTUELLES

Éric Ciotti. Photo © Thomas SAMSON / AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Avec 25, 59 % des suffrages, vous êtes arrivé en tête de ce premier tour du congrès des Républicains. Que signifie cette victoire et que dit-elle des aspirations des adhérents de votre parti ?
Je crois que les adhérents ont voulu simplement dire que notre famille politique devait être à droite, sans s’en excuser, avec fierté et fidèle à son histoire. J’ai mis le cap à droite dans cette élection. Je suis porteur d’une opposition sans concession, sans compromission au pouvoir macronien. Moi, je n’ai pas voté Emmanuel Macron au second tour en 2017, j’étais présent au Trocadéro. C’est cette droite que j’incarne et que je veux voir gagner au second tour parce que je suis sûr que je suis le seul à pouvoir, demain, incarner le rassemblement des électeurs de droite, de tous les électeurs de droite de France qui adhèrent aux valeurs de droite.

Vous étiez l’outsider. Personne ne s’attendait parmi les observateurs à ce que vous parveniez à l’emporter au terme de ce premier tour. Est-ce une prime à la fidélité et à la constance de vos convictions ?
C’est bien sûr une campagne de vérité sur la situation du pays, de clarté, je le redis, sur les alliances : jamais d’alliance avec Macron. Je l’ai démontré dans ma ville et ma région, et une campagne de courage pour porter le seul projet de rupture profonde dont notre pays a besoin, une rupture avec une forme de conformisme. Moi, je ne souhaite pas qu’on prolonge simplement les lignes, que l’on fasse un peu mieux – ce qui n’est pas très difficile – que n’a fait Emmanuel Macron. Je veux faire radicalement différent au service de la restauration de l’autorité républicaine, de la défense de notre identité et notamment contre l’islamisme et de la promotion d’une véritable liberté économique, avec des baisses massives d’impôts et de dépenses publiques.

Ni Michel Barnier, ni Xavier Bertrand ou encore Philippe Juvin n’a appelé à voter pour vous. Est-ce un barrage ? Est-ce une surprise que personne ne vous rallie ?
Non, parce que je porte une ligne radicalement différente. On l’a vu pendant les débats. Une ligne différente sur le positionnement : je suis le seul à ne pas avoir voté Macron en 2017. J’aurais, malheureusement si les circonstances analogues devaient se produire, la même attitude et je me battrais pour qu’elles n’arrivent pas. Et puis, je suis le seul à porter vraiment, je le dis, un projet de rupture, le seul à parler de la fin du regroupement familial, du retour au droit du sang, du retour de la double peine, le seul à proposer la suppression de l’impôt sur les successions, de la baisse massive de l’impôt sur le revenu, une baisse d’impôt et des charges.

C’est un projet de liberté. Et puis, vous savez, en politique, 1+1 fait rarement 2. Il y a des logiques très différentes. J’appelle tous les électeurs qui veulent, demain, sans concession, s’opposer à Emmanuel Macron, qui veulent le changement fort, puissant, à se rassembler derrière ma candidature. Cette première place, elle va surprendre sans doute aussi des militants qui vont se dire que c’est possible. On avait présenté ma candidature comme une candidature de témoignage. Elle est aujourd’hui, potentiellement, une candidature de victoire. Cela change tout. On est dans une nouvelle élection et j’appelle, et c’est à eux et à eux seuls que je m’adresse, les électeurs de droite à être au rendez-vous de ce défi.

Est-ce que cela ne vous condamne pas à la figuration face à Valérie Pécresse ? En d’autres termes, n’avez-vous pas déjà perdu le second tour ?
C’est une élection différente qui commence. Au départ on ne m’avait pas classé dans la catégorie de ceux qui pouvaient gagner. Il y a eu une compétition ou la presse et les commentateurs ont présenté Michel Barnier, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse comme les trois potentiels gagnants, je n’y étais. Les militants ont déjoué les pronostics. Aujourd’hui, c’est un nouveau match qui commence. Demain il y aura un critère idéologique qui va se jouer, qui va être plus déterminant que l’appartenance territoriale.

Vous avez annoncé que si vous deviez l’emporter en avril prochain, Laurent Wauquiez serait votre premier ministre et Bruno Retailleau aurait la charge d’une grand ministère de la sécurité. N’attendiez-vous pas d’eux qu’ils vous soutiennent officiellement ?
Je fais des propositions mais je sais que mon équipe sera rassemblée et forte dans le respect de valeurs que je défends et auxquelles je crois profondément. Bien sûr les soutiens sont importants mais un électeur vote en liberté. Un militant encore plus. Ils vont se déterminer dans un contexte totalement différent que lors du premier tour.

Regrettez vous de ne pas pouvoir débattre avec Valérie Pécresse pour que vos différences puissent s’exprimer ?
Un peu, je le regrette…

Incarne-t-elle le centre et vous la droite ?
Elle est plus au centre que moi, c’est sûr ! Contrairement à elle, je n’ai pas voté Emmanuel Macron en 2017. Et puis, moi, je suis toujours resté dans ma famille politique…

Pas elle…
Elle en est partie parce que notre famille était trop à droite. C’est une différence idéologique qui n’est pas négligeable.

Qu’est-ce qui vous différencie de Valérie Pécresse ? 
Je porte des solutions qui sont les plus solides, les plus construites, les plus volontaristes. Je mets sur la table le retour de la double peine, l’instauration d’un permis à point migratoire, la fin automatique du regroupement familial et du droit du sang ou encore la question de la rétention de sûreté pour les islamistes qui sortent de prison. Ce que certains ont voulu qualifier de “Guantanamo à la française”. Cette mobilisation d’un “quoi qu’il en coûte sécuritaire” que je prône est une question de volonté et de volontarisme que je pense incarner.

Il y a également une différence très importante avec Valérie Pécresse sur les questions fiscales. Je milite pour une baisse massive de la fiscalité, que ce soit pour les ménages ou les entreprises, pour la suppression des droits de succession et la fin de la TVA sur le carburant. Il faut impérativement mettre en place des mesures fortes pour favoriser le pouvoir d’achat pour les propriétaires, pour les familles et les retraités : la suppression de la “CSG Macron” sur les retraites, le rétablissement de la demi-part pour les veuves ou la hausse du quotient familial. Des propositions puissantes qui sont équilibrées par un programme de baisse massive des dépenses publiques.

« Pour que la France reste la France ». Vous assurez que votre slogan de campagne s’inscrit dans une filiation sarkozyste et filloniste. Ne peut-on davantage y lire et entendre l’angoisse existentielle qu’Éric Zemmour, hier essayiste, aujourd’hui candidat, porte dans la campagne ?
A droite pour que la France reste la France ! Avec ce point d’exclamation qui montre la fierté d’une droite retrouvée, fière, décomplexée, forte. Je parle en liberté, je n’avance pas masqué, déguisé. Mes convictions sont sincères, elles n’ont pas changé. Je suis dans ma famille politique depuis très longtemps. J’y étais les soirs de victoires, c’est facile, mais aussi les soirs de défaites. Mes valeurs, je les défends avec constance depuis presque 15 ans à l’Assemblée nationale. Donc je suis solidement ancré, j’ai mes repères et je n’ai pas besoin de me référer à d’autres. Les faux procès, les caricatures, tout ça m’importe peu et importe peu aux militants. Ce soir il y a un choc : c’est que la droite gagne au premier tour dans notre famille politique.

Tous les candidats au congrès ont juré fidélité au parti. En cas de défaite, soutiendrez-vous Valérie Pécresse alors que vous êtes plus proche idéologiquement d’Éric Zemmour ?
Je soutiendrai Valérie Pécresse si elle gagne. On s’y est engagé. Tout comme Valérie Pécresse me soutiendra si je gagne cette élection.

La campagne politique promet d’être violente. Que vous inspire les appels des antifas à empêcher le bon déroulement de la campagne, à perturber, voir à rendre impossible les meetings de Zemmour ? 
C’est profondément révoltant. J’ai demandé la dissolution de ces groupes antifas, qui tentent de s’immiscer dans le débat démocratique. Ce sont des groupes qui portent la violence partout pour troubler les élections. Qu’attends monsieur Darmanin pour dissoudre ces groupuscules d’extrême-gauche qui prônent un message de violence dans un pays de droit et de liberté ?

Quelle sera votre stratégie pour l’emporter ? 
La campagne est très brève car nous recommençons dès demain matin. On peut faire campagne jusqu’à minuit pour convaincre nos militants avec nos propositions, pour que la France reste la France.

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