Zemmour, le seul, le vrai anti-Macron !!!!!!

Scroll down to content

Front Populaire: Zemmour candidat : ces détails qui vous ont (peut-être) échappé. 3 décempbrev 2021

ARTICLE. Après des mois de louvoiement, Eric Zemmour a annoncé hier sa candidature à la présidence de la République dans une vidéo diffusée sur sa chaine Youtube. Une vidéo événement dont nous avons décodé quelques ressorts cachés.

Zemmour candidat : ces détails qui vous ont (peut-être) échappé

2 millions de vues en moins de 24h. Une déclaration de candidature sur Youtube, en autonomie, sur le mode trumpien de l’appel aux partisans. C’était inédit dans l’histoire de la Vème République. Solennel pour les uns, ridicule pour les autres, Eric Zemmour a quoi qu’il en soit une nouvelle fois accaparé l’attention.

Hier soir, à 20h, lors de son entretien sur TF1 avec Gilles Bouleau, Eric Zemmour a précisé qu’il y avait beaucoup de références dans sa vidéo : « Si vous regardez bien, il y a moultes références, il y a beaucoup d’autres références… » Attardons-nous sur cinq éléments qui vous ont peut-être échappé.

La mise en scène du Discours d’un roi

C’est sans doute la référence la plus commentée depuis la mise en ligne de la vidéo. Au-delà de la posture gaullienne évidente – la chaîne Cnews n’a pas manqué de titrer en bandeau « l’appel du 30 novembre » – la mise en scène de Zemmour est une référence appuyée au film Le Discours d’un roi, de Tom Hooper, avec Colin Firth dans le rôle principal.

Plus particulièrement, la posture, le phrasé, la musique rappellent la scène du film où, dans le contexte de l’année 1939, le bégayant roi George VI annonce la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne face à l’Allemagne nazie. La musique de fond est la même : le deuxième mouvement de la célébrissime Symphonie n°7 de Ludwig von Beethoven. Une pièce de musique magnifique, mais un choix à la symbolique bien maladroite : cette marche funèbre (pas vraiment un condensé d’espoir, donc), composée en 1813 pour célébrer la défaite des armées napoléoniennes à Leipzig face aux coalisés, a été jouée pour la première fois à l’occasion d’un concert de charité donné à l’université de Vienne au profit des vétérans de la bataille d’Hanau (octobre 1813). Comme hymne à la gloire de la France, on a connu mieux. 

Une icône chrétienne en arrière fond

En arrière-fond, sur le haut de la bibliothèque, on distingue dans certains plans une petite icône chrétienne. Rappelons que le culte de l’image, qu’on appelle également l’iconodulie, est une caractéristique du christianisme par rapport aux autres monothéismes.

Le judaïsme et l’islam sont iconoclastes, c’est-à-dire qu’ils ne représentent pas la divinité. La tradition juive est exégétique et consiste à interpréter la parole de Dieu à travers l’étude de la Bible hébraïque (qui a donné les commentaires du Talmud). La tradition musulmane est récitative et consiste à imiter la parole de Dieu (incréé et parfaite).

Dans ce type de communication politique, tout est calculé. Les équipes de communication savent que la vidéo va être auscultée, que ce soit par les partisans ou les adversaires. Une petite icône en arrière-fond de son discours est une mise en avant, discrète, mais volontaire, des racines chrétiennes de la France. Du reste, la France est pour lui « le pays de Notre-Dame de Paris, et des clochers dans les villages ». Aucune référence a aucune autre religion n’est faite dans la vidéo.

Le jeu des références

Eric Zemmour commence son allocution en soulignant chez ses compatriotes français « un sentiment étrange et pénétrant de dépossession », une allusion discrète – et peut-être inconsciente – au poète messin Paul Verlaine dont le poème Mon rêve familier, écrit en 1866, commence ainsi « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant ».

Dès la première minute passée, on distingue sur la table basse filmée dans un plan ascendant l’ouvrage Le Sexe et l’effroi de Pascal Quignard, un livre sur lequel s’est beaucoup appuyé Eric Zemmour – notamment le fait que le phallus, chez les Grecs, était appelé fascinus, chez les Romains, preuve pour Eric Zemmour du pouvoir symbolique entretenu par la tradition autour du sexe masculin – depuis des années dans ses controverses télévisées pour expliquer sa vision du féminisme.

Un peu plus tard, Eric Zemmour déclame : « Vous avez eu honte de vos impressions. Longtemps, vous n’avez pas osé dire ce que vous voyiez et surtout, vous n’avez pas osé voir ce que vous voyiez. » Une référence tout à fait volontaire à Charles Péguy, ancien socialiste libertaire devenu nationaliste catholique, mort d’une balle au front dès 1914 et qui écrivait dans Notre jeunesse (1910) : « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

Eric Zemmour fait également état des « exilés de l’intérieur » que seraient les Français, obligés de continuer à habiter un pays qui s’est effacé à lui-même. Le candidat fait ici un clin d’œil à l’écrivain suisse Roland Jaccard, qui avait publié en 1975 L’Exil intérieur et avait récemment manifesté son admiration pour le polémiste.

L’hommage appuyé à Chateaubriand

« Le pays de Jeanne d’Arc et de Louis XIV, le pays de Bonaparte et du général de Gaulle (…) le pays de Victor Hugo et de Chateaubriand… » Chateaubriand est (avec Balzac) la référence littéraire absolue d’Eric Zemmour, bien davantage que Victor Hugo, qu’il dit certes admirer également sur le plan littéraire, mais moins sur le plan politique.

Il faut dire que Chateaubriand est l’écrivain phare de la droite française, la droite traditionnelle, historiquement royaliste et contre-révolutionnaire. Les pages feuilletées dans la vidéo au moment de la déclamation sont celles du chapitre XVI des Mémoires d’outre-tombe, ouvrage flamboyant dans lequel l’écrivain romantique raconte sa vie entre les tumultes de la Révolution française à la monarchie de Juillet en passant par l’épopée napoléonienne.

Ce n’est pas tout. Lorsqu’Eric Zemmour parle de « préserver notre patrimoine architectural, culturel et naturel » en milieu d’allocution, le premier monument d’illustration est le château d’Ussé. Tout sauf le fruit du hasard quand on sait que les cèdres du Liban près de la chapelle du château ont été rapportés de Terre sainte en 1817 par…Chateaubriand, qui a écrit au château d’Ussé une partie des Mémoires d’outre-tombe.

Une ligne politique en images

Par-delà la succession d’images, d’emprunts culturels et médiatiques, qui donne parfois l’effet d’un immense pot-pourri, il y a la ligne politique que tente d’incarner Eric Zemmour : l’alliance d’une bourgeoisie supposément patriote avec les classes populaires patriotes. Une réconciliation entre le prolétariat et les classes moyennes supérieures, entre la France périphérique des Gilets jaunes et les jeunes cadres urbains politisés.

La France est faite de cette alliance, nous dit le candidat à l’élection présidentielle car, elle est le pays :

-« de Jeanne d’Arc et de Louis XIV » >> La jeune pucelle paysanne enracinée représente le petit peuple patriote qui, par son courage et sa foi, entreprend de sauver la France des dangers quand Louis XIV représente l’élite patriote éclairée (la noblesse à l’époque) et l’acmé de la civilisation française et de son rayonnement. 

-« des barricades et de Versailles » >> les barricades représentent la révolution de Juillet de 1830 et plus généralement la lutte des Républicains contre les Bourbons et les Orléans quand Versailles représente l’apogée de la puissance monarchique française.

-« de Voltaire et de Rousseau » >> Si l’opposition est classique, Rousseau représente le partisan de la révolution de 1789, de l’égalité par le Contrat social, de la démocratie directe quand Voltaire ami des monarques et dédaigneux du peuple, représente l’élitisme intellectuel.

« de Victor Hugo et de Chateaubriand » >> Victor Hugo, même s’il a un temps été monarchiste, représente la grande figure républicaine, l’universalisme français et le souci du peuple. Chateaubriand représente la France chrétienne et monarchiste.

« des films de Sautet et de Verneuil » >> Claude Sautet est le cinéaste de la mise en scène de la France bourgeoise. En témoignent notamment les films Les Choses de la vie et César et Rosalie qui lui ont valu des accusations en conservatisme. Henri Verneuil représente la France populaire et bravache (Un singe en hiver), avec ses petits truands (Mélodie en sous-solLe Clan des Siciliens) et ses hommes d’action (Peur sur la villeLes Morfalous).

« de Johnny et d’Aznavour » >> Johnny Hallyday représente évidemment l’archétype de la star populaire, un quasi-marqueur de classe, l’enfant du pays importateur de la vague rock dans l’Hexagone. À l’opposée, un auteur-compositeur-interprète d’origine arménienne assimilé, chanteur polyglotte narrant dans La Bohème la vie d’artiste du Montmartre parisien.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :