ANALYSES ALLEMAGNE La retraite d’Angela Merkel : fin de la tromperie allemande ?

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ANALYSES ALLEMAGNE . FRONT POPULAIRE 10 décembre 2021

OPINION. Après 16 ans au pouvoir, Angela Merkel a cédé la chancellerie allemande à Olaf Scholz. Elle laisse derrière elle un bilan loué par les médias, qui s’est pourtant fait sur le dos des Européens.

La retraite d’Angela Merkel : fin de la tromperie allemande ?

Après 16 ans de mandat, la chancelière allemande Angela Merkel, dont font éloge la plupart des médias, se retire. Et ce, tout en applaudissant son bilan qui serait marqué la montée en puissance allemande depuis la chute du mur de Berlin. À cet égard, la chancelière se distingue des autres chefs d’État récents comme François Hollande dont la fin n’a pas été pas bien appréciée.

Au-delà de l’Allemagne auto-embellie

D’abord, il est bien indéniable que sous le mandat de Merkel, l’économie allemande florissait avec les excédents commerciaux excellents. Et ce qui compte le plus est le fait que l’Allemagne se présentait de plus en plus comme leader européen et modèle exemplaire à suivre sur la scène internationale. Mais on a besoin de regarder en même temps l’autre façade de cette Allemagne dite « exemplaire », car pendant qu’elle s’enrichissait en profitant du système européen, ses pays voisins dont la France et l’Italie, souffraient des difficultés économiques sans fin. D’ailleurs, la décision allemande dite « humanitaire » de laisser entrer des millions de migrants en 2015 a divisé l’Europe, notamment les pays de l’Est comme la Pologne et la Hongrie, qui n’ont aucune raison historique, voire aucune capacité de les accueillir. Voilà pourquoi on pourrait dire que le grand succès de la chancelière s’est fait et se fait encore sur le dos des Européens.

Chronique de la duplicité allemande sous Merkel

La création de ce monde parallèle asymétrique de l’Europe est due bien essentiellement à la duplicité allemande que l’on ne réalise pas bien. Jusqu’à présent, l’Allemagne sous Merkel n’a jamais manqué d’affirmer agir pour la prospérité européenne. Cela a fait bien croire que l’essor allemand actuel est basé sur l’intérêt commun et correspond au bien-être de tous. Cependant depuis les 16 dernières années, l’Allemagne a mené de manière cohérente une politique vis-à-vis de ses pays voisins qui consiste à absorber tous les fruits de la construction européenne, en tentant de ne pas prendre assez de responsabilité à la hauteur de ce dont elle profite.

En premier lieu, lors de la crise de la zone euro qui est la première affrontée par la chancelière, l’Allemagne a choisi de sacrifier la Grèce, voire les autres pays du Sud, plutôt que de les défendre pour la solidarité européenne. Considérant que cette crise-là est émanée du dysfonctionnement structurel de l’euro dont le premier profiteur est l’Allemagne, on s’aperçoit bien que Berlin ne songe qu’à agir dans son propre intérêt.

En deuxième lieu, s’agissant du fameux couple franco-allemand, l’Allemagne n’a guère agi au profit de son partenaire qu’elle déclare bien particulier aux Français. En faisant semblant de partager le destin commun avec la France, la chancelière ne l’a pas invitée dans la négociation de grande importance avec la Turquie sur le contrôle du flux migratoire. Concernant la taxation des GAFA, c’est l’Allemagne qui l’a rejetée malgré la proposition française, afin de mettre en garde ses propres entreprises actives aux États-Unis. Ce qui est le plus hallucinant est le silence allemand dit « neutre » lors de l’humiliation française par l’affaire des sous-marins, alors que le ministre des affaires étrangères allemand osait parler d’une stratégie indopacifique commune.

En dernier lieu, derrière l’accumulation inouïe de la richesse économique sous Merkel, il y a le non-respect allemand des règles européennes que les excédents commerciaux ne doivent pas dépasser plus de 6% du PIB (Hans Stark, Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany first, Institut français des relations internationales, automne 2021, p. 105). Toutefois, les Allemands n’en parlent guère, voire ne s’en sentent pas coupables, alors qu’ils soulignent bien l’ordre mondial basé sur les règles.

Allemagne, un partenaire utile, pas un partenaire de confiance

Peu importe la personne d’Olaf Scholz, le successeur de la chancelière, le comportement allemand à double visage restera inchangé. Parce que l’Allemagne n’est plus depuis 1945 un pays dirigé par la volonté personnelle, mais par le système, et que les Allemands sont un peuple de culture germanique qui préfère tenir une distance infranchissable par rapport aux autres au profit de l’intérêt propre. Cela suggère bien que l’Allemagne ne croit pas vivre la même communauté du destin avec ses pays voisins non-germaniques, contrairement à ses discours pro-européens.

Pourtant, il restera aussi inchangé que l’Allemagne est, en raison géographique, voire géopolitique, un partenaire indispensable, avec qui il faudrait tenir de relations bien utiles et attentives. Cela dit que dans les relations avec l’Allemagne post Merkel, on aura besoin de prendre position tant plus réaliste, voire maline, afin de profiter des atouts allemands. En revanche, comme l’a prouvé la mascarade du couple franco-allemand, il serait improbable de pouvoir construire des relations avec l’Allemagne fondées sur la confiance, car les Allemands ne montreront jamais leurs propres arrière-pensées, nonobstant l’alliance et l’intégration régionale qu’ils disent soutenir. C’est la raison pour laquelle la France devrait retrouver, voire maintenir la diplomatie bien souverainiste face à l’Allemagne, pour ne plus servir l’âge d’or de celle-là dont ne bénéficient guère l’Hexagone et le reste de l’Europe.

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