FOG – La grande faute de la gauche française

Scroll down to content

ÉDITO. Si la France prend un virage à droite (dure), c’est à cause de la gauche devenue communautariste. Jean Daniel ne dit pas autre chose dans son livre posthume.

FOG - La grande faute de la gauche francaise
FOG – La grande faute de la gauche française

Publié le 11/12/2021 LE POINT

La France penche à droite, et pas qu’un peu. Il ne s’agit plus de la droite tranquille, européenne, d’antan, mais d’une droite dure, identitaire, dans laquelle se retrouve, selon les sondages, près de la moitié du pays. C’est un phénomène qui consterne nos chers confrères, lesquels, au lieu d’essayer de l’analyser, recherchent furieusement les coupables. La faute à CNews ? Bolloré ? Zemmour ? Ciotti ? Bock-Côté ? Balivernes !

La droitisation du pays est un symptôme. Ce que les médias, eux-mêmes de plus en plus à gauche, refusent de comprendre et qui devrait les aveugler, c’est que l’évolution politique du pays n’est pas le résultat de quelque obscur complot, mais du délitement de la société, de la déliquescence de l’autorité, de la peur grandissante de l’avenir que résume bien cette question lancinante : quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?

« Le poisson pourrit toujours par la tête », dit le proverbe chinois. D’une certaine façon,  Zemmour est l’enfant de Macron , comme Trump était celui de d’Obama. Certes, l’Occident s’inquiète de son déclin qui avance à bon train, comme le soulignent les percées de la Chine impérialiste, jusqu’en Italie. Mais les dernières élections en Allemagne ont bien montré que la droitisation ou le populisme ne sont pas des fatalités. Ce sont les mauvaises gouvernances qui hystérisent les peuples en leur donnant le sentiment qu’ils sont livrés à eux-mêmes.

L’exemple de l’Allemagne, où la  social-démocratie arrive au pouvoir , à la tête d’une large coalition, montre bien, a contrario, la responsabilité de la gauche française dans notre situation : cherchant toujours à intimider les autres au nom de la morale qu’elle prétend incarner, elle est hors-sol, communautariste et boutiquière, à l’image de la bande de croque-morts qui a pris la tête du PS, et c’est une pitié de voir un talent comme  Jean-Luc Mélenchon , grand orateur il l’a encore prouvé dimanche à la Défense, se cantonner dans le rôle de pastoureau des islamo-gauchistes, idiots utiles de l’extrême droite.

Mélenchon n’hésite même pas à se transformer en petit panégyriste du Venezuela, dont le régime véreux et criminogène a provoqué l’exode de 5 millions de personnes, soit 20 % de la population. Quant à ceux qui sont restés dans le pays, ils y crèvent de faim alors qu’il dispose des plus grandes réserves pétrolières du monde, plus que l’Arabie saoudite. Où sont passés les centaines et centaines de milliards détournés ? Dans les poches des goinfres au pouvoir, pardi. Maria Gabriela, la fille de feu Hugo Chavez, ex-gourou de l’actuel dictateur Maduro et de la gauche tiers-mondiste, a été sacrée par la revue Forbes femme la plus riche du pays !

Jean Daniel, reviens, ta gauche est devenue folle ! C’est la première réaction qui vient à la lecture de son livre posthume, d’une actualité brûlante, Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation , publié par les Éditions de l’Observatoire, avec, excusez du peu, une préface d’Emmanuel Macron, qui serait bien inspiré de le lire. Celui qui, avec Claude Perdriel, pilota Le Nouvel Observateur, bible du socialisme moderne, avait comme son collègue éditorialiste Jacques Julliard l’habitude de penser mal mais juste. Il ne cessait de résister, avec plus ou moins d’audace, à la doxa du moment, à l’air du temps. Accueilli par un silence assourdissant qui révèle la gêne de son camp, voilà un ouvrage qui fait grand bien.

« Je ne pardonnerai jamais à ma famille, la gauche, d’avoir abandonné la nation aux nationalistes, l’intégration aux xénophobes, la laïcité aux communautaristes. » Tel est le message de cette belle ode d’outre-tombe à la France, truffée de souvenirs et pleine de nostalgie, voire de mélancolie. Les interrogations de Jean Daniel, mort en 2020, étaient anciennes. Elles le tourmentaient déjà dans les années 1980, comme en témoignent les conversations qu’il rapporte avec François Mitterrand ou Claude Lévi-Strauss.

Se définissant comme un « anticolonialiste fervent, proche des Arabes et des musulmans », Jean Daniel, originaire de Blida, n’hésite pas à écrire qu’un « crime » a été perpétré « contre la nation française » quand a été négligée l’intégration du « nombre en augmentation croissante d’immigrés et en particulier des immigrés arabo-musulmans ». Et de citer un correspondant kabyle qui lui écrit : « Je suis venu en France pour me libérer de la pression arabo-islamique, ce n’est pas pour la retrouver ici en plus écrasante. » Et de réclamer enfin « une immigration légale – il y en aura toujours – plus étalée dans le temps ».

Tant que la gauche n’entendra pas des voix comme celle de Jean Daniel, elle restera, au bord du chemin, un « grand cadavre à la renverse », comme disait Sartre, qui ne pèsera pas plus lourd qu’un amas de feuilles mortes§

ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

 Newsletter débats et opinions

Pour comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui et de notre société, recevez chaque vendredi, notre sélection d’articles tirée de notre rubrique Débatsok

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE

Vous lisez actuellement : FOG – La grande faute de la gauche française

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :