RÉCIT MÉDIATIQUE : UN AUTRE MACRON EST POSSIBLE !

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RÉGIS DE CASTELNAU. 25 COMMENTS

La machine médiatique et son carburant

La façon dont fonctionne le système médiatique à cinq mois du premier tour de l’élection présidentielle a quelque chose de fascinant. Tout d’abord il faut répondre à la question de savoir ce qu’est le système médiatique. Il comprend évidemment les chaînes d’info qui sont tenues de réagir en temps réel et d’occuper leurs antennes avec une actualité qu’ils fabriquent eux-mêmes. Il y a aussi les journaux des grands réseaux hertziens qui fidélisent encore une clientèle très importante. Également bien sûr la presse dite écrite, qui présente aujourd’hui la particularité de posséder un double canal, celui traditionnel du papier articulé avec le numérique. Lequel ajoute aux publications des sites, un marketing permanent sur les réseaux et notamment sur Twitter. Le tout fait réagir les internautes qui produisent à leur tour un contenu important. Cette définition très schématique permet cependant de pointer une des caractéristiques principales de ce système. Celle d’être d’abord et avant tout, non un mode d’information permettant une appréhension objective du réel, mais une caisse de résonance qui le déforme complètement. C’est un fonctionnement circulaire devenu complètement caricatural dans sa façon de hiérarchiser l’information et d’imposer des « récits » médiatiques successifs. La restitution du réel est non seulement complètement déformée, mais elle privilégie également le futile autocentré au détriment de l’essentiel. La chaudière qui tire ce triste attelage a besoin d’être alimentée en carburant et si ces fameux récits reflètent la défense de certains intérêts, voire obéissent à des calculs cyniques, on peut dire aussi que la machine s’auto alimente mécaniquement.

« Zemmour au deuxième tour ! »

C’est ainsi qu’à partir du mois de septembre nous avons eu droit à « l’irruption » d’Éric Zemmour dans le champ électoral, avec une séquence de promotion de sa candidature assez effarante. Il est d’ailleurs assez caractéristique, que la « gauche » ait très peu réagi dans un premier temps, ou l’ait fait de manière tellement caricaturale que cela nourrissait la montée déjà vertigineuse du polémiste dans les sondages. Fragilisés par la difficulté qu’ont désormais les instituts d’appréhender convenablement l’abstention, et par la concurrence acharnée qui les oppose, ils affichaient des chiffres parfois délirants. L’hypothèse de manipulations n’est pas toujours à écarter, mais elle n’est pas nécessaire pour comprendre que ces sondages sont là aussi pour alimenter la machine. Précisément parce que les études d’opinion font intimement partie du système médiatique.

 Il fallait donc bien s’occuper à sept mois de l’échéance présidentielle. Ainsi, pendant des semaines, télés radios réseaux, ce fut Zemmour partout. La presse people se quant à elle se réservait, avec gourmandise, le chapitre « Sarah Knafo la conseillère rapprochée… ».Cependant au bout de quelques semaines la grossesse nerveuse électorale zemmourienne commença à s’épuiser. Et comme les LR tardaient à choisir leur champion ne proposant au système qu’une soporifique campagne pour leur primaire, il fallait trouver autre chose. 

« Zemmour, le trou d’air ! »

La bien-pensance fortement représentée dans le système s’empara alors des saillies transgressives qu’Eric Zemmour fournissait généreusement, pour commencer à pincer le nez en prenant des grands airs. Cnews et Valeurs actuelles qui le soutenaient sans barguigner, suivirent en commençant à utiliser le bémol. Et c’est comme cela qu’on s’appuyant sur des sondages opportuns on nous servit le nouveau récit : « Zemmour le trou d’air ». Après quelques escarmouches, le signal général fut donné le jour de la mise en ligne de sa déclaration vidéo de candidature et de l’interview ratée à TF1. Ce fut une véritable bousculade dans laquelle s’illustra, entre autres, une foule hétéroclite et ridicule d’ayants droits pour lesquels le dernier chic était d’avoir servi d’images ou d’illustrations sonores à la fameuse vidéo. Mobilisées pour s’opposer au retour la bête immonde. No Pasaran ! Jusqu’à Laeticia Hallyday surtout connue pour sa bonne connaissance du droit des successions américain, et dont on aurait pu attendre un peu de discrétion.

Zemmour et ses conseillers ont vu le danger. Et avec une certaine audace ont pris à contre-pied les croque-morts qui s’apprêtaient à procéder à la mise en bière du cadavre politique dont ils venaient de déclarer le décès. Fini le Zénith et ses 6000 places pour le meeting de lancement de campagne, ce serait le parc de Villepin et ses 20 000 occupants, comme Sarkozy et Hollande. Pari gagné. Malgré les péripéties violentes montées en épingle par le camp du bien, Éric Zemmour a réussi à casser pour l’instant la spirale du déclin précédent l’effondrement que le système voulait mettre en scène.

Pécresse, la divine surprise

Et puis est arrivé concomitamment, la divine surprise pour la bourgeoisie du résultat du deuxième tour de la primaire LR. Voilà intronisée, une candidate qui coche toutes les cases de la stratégie qui a provoqué la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. Énarque comme Macron., young-leader américain comme Macron, néolibérale dure comme Macron (et comme Thatcher et Merkel aussi revendique-t-elle), communautariste avec Christiane Taubira et Rokhaya Diallo, comme Macron, euro béate-comme Macron, un véritable clone. Rappelons qu’elle a quitté les LR au moment des élections européennes et de la candidature du pourtant fort convenable Bellamy, trouvant ce parti trop à droite ! Rappelons aussi qu’un certain nombre de ses amis politiques ont rejoint Macron dès le départ, pour occuper les postes stratégiques de Premiers ministres (Philippe puis Castex), de ministre de l’Économie et de ministre de l’Intérieur, excusez du peu. Pour les quartiers sensibles Sarkozy avait promis le Karcher et on a eu Kouchner. Pécresse y promet l’Armée, probable qu’on ait Assa Traoré.

Ne reculant devant aucune manipulation le système s’est précipité goulûment sur ce récit : « un autre Macron est possible ». Des sondages l’ont immédiatement gratifiée d’une progression de 11 points, soit 4 millions de voix récupérées en 24 heures ! Et naturellement d’une victoire au deuxième tour de la présidentielle contre Macron. Dans le système, médiatique la jubilation était palpable. D’abord le plaisir d’un candidat propre sur lui sans le handicap de l’impopularité macronienne dans le bloc populaire, qui oblige quand même à certaine réserve concernant l’actuel président. Ensuite les garanties concernant la poursuite de la politique de soumission à l’UE et de d’adaptation de la France à son néolibéralisme. Enfin disposer d’une Story telling séduisante pour alimenter la machine jusqu’à la présidentielle avec un affrontement glamour entre le Rastignac du Touquet et une versaillaise à serre-tête. Il fallait voir Ruth Elkrief se cabrer quand en face d’elle Jordan Bardella, pointant les connivences entre Macron et Pécresse, oser refuser de reconnaître les mérites droitards de cette dernière. « Vous ne pouvez pas dire ça ! » protestait la journaliste comme si on lui arrachait son doudou.

La bourgeoisie est contente

Le Figaro ne cache pas son ravissement, le Medef se frotte les mains, Valeurs actuelles met de l’eau dans son vin zemmouriste, mais pas grand monde n’a fait attention au seul chiffre à peu près significatif produit par la rafale de sondages. L’intérêt pour l’élection présidentielle a singulièrement baissé depuis un mois… Alors de deux choses l’une, soit les couches populaires n’ont pas été intéressées par le bazar que nous venons de décrire, et comme d’habitude rentreront dans la danse à partir de la fin du mois de janvier. Soit ce mouvement de recul annonce une nouvelle sécession avec l’abstention massive qui en est la conséquence. La deuxième hypothèse, c’est-à-dire que le scrutin présidentiel soit vidé de sa substance démocratique, serait très grosse de danger.

En attendant la bourgeoisie est contente et peut se dire : « Macron et Macron.ne, sont dans un bateau. On se moque de qui tombe à l’eau parce que nos intérêts seront garantis ».

Régis de Castelnau

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