Macron sur TF1: «Autosatisfecit»

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Par Vincent Trémolet de Villers

Vincent Trémolet de Villers.
Vincent Trémolet de Villers. LE FIGARO

L’éditorial du Figaro, par Vincent Trémolet de Villers. 16 décembre 2021

Confidences personnelles, contrition affichée : on croyait que cette fois le chef de l’Etat ne chercherait pas à faire la preuve de l’étendue de son intelligence, de la solidité de sa compétence. Pourtant malgré le souci pédagogique, la modestie proclamée, l’exercice a plus d’une fois tourné à l’autosatisfaction. Par l’intermédiaire de deux journalistes ravis d’être là, il a cherché à établir une conversation avec les Français, à se montrer, non plus comme un Dieu de l’Olympe mais comme l’un des leurs : «Je suis quelqu’un de très humain (…) J’aime les Françaises et les Français.» Paradoxe de cette interview : mise en boîte, coupée, soignée, elle poursuivait l’objectif le plus difficile, sans vraiment l’atteindre, celui de l’authenticité. Une sorte de fabrique de la spontanéité.

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On nous promettait « Où va la France ? », ce fut à chaque instant « qui est Macron ? ». La phrase magique, « j’ai changé » hantait la salle des fêtes de l’Élysée. Ce qu’a voulu faire comprendre Emmanuel Macron, c’est que la réalité brutale, tragique, l’aurait transformée. Les images historiques –arc de triomphe en flamme, pays sous Covid, décapitation de Samuel Paty- et anecdotiques –Alexandre Benalla, « pognon de dingue » – racontaient la traversée d’un quinquennat, tandis que les mots du chef de l’État devaient faire la preuve que l’exercice du pouvoir, fut pour lui, un élixir de sagesse, d’humilité, de maturité. Le tempétueux serait devenu respectueux.

Deux heures d’émission durant lesquelles le bilan, le projet et la personne du président ont pris tout l’espace. Comme si la politique était réduite au lien du chef de l’État avec les Français, comme si, hors cette dialectique entre le président et les électeurs, la campagne électorale se réduisait à un divertissement lilliputien.

Cette stratégie du surplomb, le sentiment de supériorité qui, depuis le premier jour, caractérise le macronisme n’est peut-être plus une martingale. Le talisman de l’alternance dont s’est emparé Valérie Pécresse, la percée d’Eric Zemmour qui abaisse de quelques points l’accès au second tour, la robustesse de Marine Le Pen montrent que la politique tourne sur ses gonds. Emmanuel Macron «ne fait pas de politique» dit-il, sans rire ; pourtant il a installé son QG de campagne à l’Élysée. Le bilan c’est lui, le candidat c’est lui, le programme c’est lui.


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