Chine et Occident, l’histoire d’une revanche

ÉDITO. À travers l’âge d’or impérial, le siècle des humiliations et le temps de la puissance, revisitons deux mille ans d’histoire de la Chine, vue par la Chine.

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Représentation du futur siège social de la compagnie OPPO, premier fabricant de smartphones en Chine. Ce « bâtiment-fusée » sera réalisé par Zaha Hadid Architects dans la ville de Shenzhen. 

Par François-Guillaume Lorrain  Publié le 20/12/2021 LE POINT

Un plénum du Parti communiste chinois vient, pour la première fois depuis Deng Xiaoping, de revisiter l’histoire du parti et du pays. Les résolutions tracent le destin d’une nation en apparence sûre et fière d’elle, où tout converge vers le règne de Xi Jinping, dans la perspective du centenaire, en 2049, considéré comme l’apogée. Cette assurance porte en creux les humiliations que les Chinois ont prétendu avoir subies dans leurs relations passées avec l’Occident. Dans l’histoire des peuples, il ne faut jamais négliger le ressentiment. Songeons au diktat de Versailles, instrumentalisé avec succès par les nazis. Le passé peut être au choix une inspiration, un fardeau, un repoussoir, résume Bruno Tertraisdans La Revanche de l’Histoire. Dans son storytelling, la Chine a opté pour le rejet mobilisateur. Rejet du colonialisme européen, des humiliations périodisées sur un siècle (1839-1949), rejet de l’impérialisme japonais. Mais après la défaite sont venus le sursaut, avec Mao, puis le renouveau, avec Deng, enfin l’essor, avec Xi Jinping. 

Deux constantes cycliques ont régenté le destin d’une Chine plus fragile qu’on ne le croit. Unité et dislocation. Ouverture et rétractation. Nous sommes entrés dans une ère de rétractation et de contrôle généralisé qui vaut pour l’écriture de l’Histoire, devenue une religion. Aujourd’hui, ce sont les nationalistes qui sont à la barre. En 1994, rappelle le géopoliticien Jean-Pierre Cabestan, Wang Shan, un ex-garde rouge, publia un ouvrage, Regarder la Chine à travers le troisième œil, qui marqua la réapparition d’un nationalisme féroce doublé d’une critique d’un Occident en déclin, jugé coupable d’avoir orchestré les émeutes de Tian’anmen en 1989. Ce nationalisme outrancier, qui débordait l’officiel, trouva son exutoire en 1999 lors des manifestations contre le bombardement, accidentel, par les États-Unis de l’ambassade de Chine à Belgrade. En 2005, une flambée de haine antijaponaise persuada le pouvoir de canaliser ce nationalisme, ciment idéal pour souder le pays. En 2014, trois jours fériés furent ajoutés : un jour pour commémorer le massacre commis par les Japonais à Nankin en 1937 – dont les écoliers sont tenus de visiter le Mémorial –, un jour pour célébrer la victoire contre ces mêmes Japonais, un jour des Martyrs contre l’occupant. 

Nous savons peu de chose sur la vision chinoise du monde. Le Point a décidé de vous raconter comment les Chinois comprennent leur propre histoire, qui est aussi la nôtre§

https://www.dailymotion.com/embed/video/k6cyqJwaNWXOj0xrYcM?info=0&logo=0&app=lepointhd.app&autoplay=0Vidéo. La Chine et l’Occident, enjeux d’aujourd’hui et de demain

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