Lecture croisée : comment l’islam politique met au pas l’école publique

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FRONT POPULAIRE 19 décembre 2021

OPINION. La lecture croisée des récents ouvrages de Didier Lemaire et de David Di Nota dévoile les mécanismes employés par l’islam politique pour infiltrer l’école publique et museler le corps enseignant.

Lecture croisée : comment l’islam politique met au pas l’école publique

J’aimerais vous proposer une analyse croisée de deux livres : celui de Didier Lemaire, Lettre d’un hussard de la République (Robert Laffont, 2021) et le livre de David Di Nota, J’ai exécuté un chien de l’enfer (Le Cherche Midi, 2021) consacré au tragique assassinat de Samuel Paty. Les deux ouvrages traitent de l’épineux sujet de l’islam politique.

Le livre de Didier Lemaire raconte la montée en puissance de l’islam radical jusque sur les bancs de l’école publique (ici dans la ville de Trappes où il a enseigné une vingtaine d’années). En corollaire, le livre de Didier Lemaire témoigne de l’impuissance des professeurs face à ce constat. C’est parce que l’enseignant n’a pu se résoudre à baisser les bras qu’il a choisi de témoigner publiquement il y a déjà un an : il a osé dire haut et fort dans les médias ce que le réel était dans les quartiers dits sensibles, ces territoires perdus de la république. Son témoignage a déclenché une vague de protestation, mais également d’attaques sur sa personne : menaces physiques et accusations de racisme. Le livre retrace l’ensemble des évènements.

L’enquête de David Di Nota nous plonge quant à elle dans le déroulé des évènements qui ont mené à la décapitation de Samuel Paty. Pas après pas, nous (re)découvrons l’ensemble des éléments d’un puzzle, d’une mécanique mortifère qui se met en branle pour museler quiconque oserait parler d’Islam. Une mécanique qui peut conduire jusqu’à la mort dans le cas de Samuel Paty. Contrairement à ce que certains prétendent, David Di Nota rappelle que la décapitation de Samuel Paty n’est pas l’œuvre d’un fou égaré, c’est en réalité la conclusion d’une méthodologie bien huilée dont la lecture croisée des deux ouvrages permet de mettre en exergue.

Les deux hommes partageaient un métier identique, celui d’enseigner. Ils avaient à cœur de proposer aux élèves la transmission d’un héritage, comme le dit Didier Lemaire dans son ouvrage : « Enseigner n’est pas une affaire de compétences, mais d’autorité. Il faut se charger du poids du monde. On ne transmet pas des connaissances, encore moins des savoir-faire. On transmet un héritage. Comment un élève voudrait-il acquérir un savoir s’il ne se sent pas dépositaire d’un bien qui le dépasse ? » Didier Lemaire par la philosophie, en proposant le dialogue, cette conversation qui permet de « se servir des idées pour penser par soi-même » et qui ne manque pas de révéler l’endoctrinement des élèves qui refusent tout échange, toute remise en cause. Didier Lemaire explique que c’est à partir de 2015 qu’il a « commencé à observer que certains refusaient d’entrer dans le jeu [du dialogue], sans doute en raison de l’interdit prescrit par les fondamentalistes ».

Samuel Paty enseignait l’histoire géographie et la laïcité. Une année, comme support d’un cours sur la liberté d’expression, il choisit de présenter des caricatures de Jésus,

puis une autre, des caricatures de Mahomet. Le premier choix ne suscita aucune réaction, le second lui coûta la vie. Les deux hommes, à des degrés différents, ont eu à subir une identique méthode qui consiste à les museler pour avoir simplement osé dire ce que le réel était (Didier Lemaire) ou continuer à enseigner les principes républicains (Samuel Paty).

Prenons le temps de décrire la méthodologie du musellement à l’œuvre. D’abord, le porteur du message est systématiquement attaqué. Cette attaque revêt la forme d’une accusation de racisme. Nous pourrions préciser qu’ il s’agit d’une attaque en islamophobie. Pour Samuel Paty, une élève de la classe, qui était absente le jour du fameux enseignement sur les caricatures, dira : « Pour eux on n’est pas égal à eux, alors qu’on est humain comme eux. Comme je me suis exprimée, et euh… ben il s’est dit que je dérangeais son cours. Il m’a exclue de l’école deux jours. Moi déjà je suis choquée qu’on nous montre ça, un homme tout nu alors qu’on fait un cours d’histoire. Il ne nous respecte pas, il ne nous voit pas comme les autres, en fait. » Tout débute sur la base d’un faux témoignage. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : l’attaque en islamophobie est d’une puissance telle qu’à aucun moment la question de la véracité de l’accusation n’est posée. À la place, une mécanique d’amplification est mise en route : par le père de l’enfant, puis par une seconde personne.

Didier Lemaire fera l’objet d’une même méthode. Il sera accueilli par certains médias, puis rapidement, une contre-attaque est organisée, là encore est brandie l’accusation en islamophobie. En tête des vertueux autoproclamés, le maire de Trappes. Il est question de discréditer le porteur du message, de le dénigrer, de le psychiatriser : « Cette personne [Didier Lemaire] a un rapport un peu, parfois, délirant avec la réalité. Je dis délirant, au sens clinique, avec la réalité. » Lorsque les attaques ad hominem ne suffisent pas, les mêmes tentent de réécrire le réel pour en proposer une version faussement apaisée. Ce sera l’œuvre de la gauche : « Les prises de position des représentants des partis de gauche en faveur du maire, de LFI, d’Europe Écologie Les Verts, du PS et un soutien mitigé à droite – j’apprendrai en mars d’un sénateur que le président du Sénat aurait déconseillé de me soutenir – risquent de ruiner mes efforts. »

La machine est en marche, elle broie le professeur. Au motif de ne pas faire de vague, nombreux sont ceux qui ferment les yeux, préférant voir un réel apaisé et un messager (Didier Lemaire) délirant. La violence ne proviendrait donc pas des faits dénoncés, mais de l’interprétation du professeur. En changeant d’interprétation, ceux-là tentent de montrer que le réel serait fluctuant, selon les points de vue. En somme, il n’y aurait pas une réalité, mais bien autant de réels que de points de vue.

Ainsi, par un tour de magie conceptuel, un tour de passe-passe idéologique, le récit de Didier Lemaire devient une version, une hypothèse, une thèse. Le témoignage se colore politiquement, il s’habille de la peur de l’islam, de la différence, bref il serait l’aveu d’un repli identitaire. Ainsi fonctionnent ceux que l’on peut désormais nommer islamo-gauchistes lorsqu’ils sont de gauche et islamo-compatibles pour reprendre la formulation de Sonia Mabrouk lorsqu’ils ne sont pas nécessairement de gauche. Il faut pour ces gens traquer la mauvaise intention, l’évidente défiance envers l’islam. De ce fait, alors que Didier Lemaire propose tout du long une explication nuancée et précise de la montée de l’islam politique, qui n’est pas l’islam religieux, il se retrouve dépeint en idéologue réactionnaire et islamophobe. Pour le dire autrement : dénoncez

concrètement l’islamisme et vous serez décrit comme un islamophobe. Dîtes islam politique et on vous répond islam tout court.

Il y a dans la bouche des islamo-gauchistes un amalgame qui dessert l’islam : en prétendant défendre l’islam face aux basses attaques de l’extrême droite réactionnaire, ce sont eux qui réunissent sous une unique bannière l’islam religieux pacifique et l’islam politique conquérant. Ils confondent la foi religieuse individuelle et le projet politique collectif.

Pourtant Didier Lemaire propose une analyse de l’islamisme par paliers, avec différentes formes que peut prendre cette version de l’islam politique : « L’islamisme comprend plusieurs courants, dont les stratégies de conquête se complètent. Le courant frériste, qui procède par l’infiltration de tous lieux de pouvoir, y compris intellectuel, par la pratique de la dissimulation, du double discours, du mensonge, la lutte idéologique par contamination, l’injonction paradoxale, etc. Le courant salafiste ou salafo-frériste, qui cherche à polariser les milieux populaires et peu instruits contre la société, notamment par des pratiques identitaires incompatibles avec nos mœurs et nos valeurs démocratiques. Le courant pakistanais tabligh, qui enrôle ses fidèles dans le prosélytisme, les contrôle et les sépare du monde, dans un projet de conquête territoriale “apolitique”. Enfin, le courant jihadiste, de matrice frériste, qui prône principalement le recours à la terreur et la déshumanisation. Affirmer que “tous les islamistes ne sont pas des terroristes” n’est pas stricto sensu inexact, mais faux. Il n’y a pas d’islamistes moins dangereux que d’autres. Tous les islamistes, qu’ils soient pour le jihad armé ou non, poursuivent la destruction des juifs et de l’État d’Israël, des apostats et des mécréants. Parler d’islamistes “quiétistes” serait aussi absurde que de parler de “nazis quiétistes”. Pire, cela conduit à ne lutter que contre le jihadisme, assimilé faussement au « terrorisme », en laissant partout l’islamisme se répandre. Telle est pourtant la politique de nos gouvernements. »

Revenons maintenant à l’assassinat de Samuel Paty et voyons comment une identique méthodologie a œuvré tout du long. Nous l’avons vu, immédiatement après l’enseignement durant lequel ont été montrées les caricatures de Mahomet, une campagne en islamophobie a été orchestrée par le père aidé d’un complice. Dans un deuxième temps, c’est bien l’action de ceux qui prétendent lutter contre l’acte prétendument islamophobe qui créera un climat de suspicion. L’instauration d’un potentiel acte d’islamophobie immobilise complètement le système éducatif qui au lieu de soutenir, enchaînera les messages ambigus : « La partie est loin d’être gagnée, mais l’accompagnateur dispose d’un atout de taille : la confusion entre parents d’élèves et parents de croyants et, mieux encore, le souci d’apaisement, la volonté de ne pas faire de vagues, la politique des accommodements raisonnables qui commande de parvenir à un terrain d’entente. Nul ne sait si cet atout sera suffisant pour porter un coup fatal à la carrière jusque-là si tranquille de Samuel Paty, mais on peut toujours interviewer “la petite Z.”, aider le père dans ses démarches, crier à la stigmatisation – et voir ce qui se passe. »

Nous connaissons la suite des évènements : après l’attaque en islamophobie et le manque de soutien de la part de l’éducation nationale vient l’assassinat. David Di Nota propose une analyse de la méthodologie succinctement esquissée ici, lisons-la :

« Philippe d’Iribarne écrit ceci : “Les islamistes, Frères musulmans en tête, qui propagent le discours de l’islamophobie, ne sont pas des observateurs sans passion du monde social. Ils sont engagés dans un combat. Est en question ce que vont

devenir les musulmans d’Occident ? Vont-ils se fondre parmi les infidèles, renoncer à vivre dans une société régie par les préceptes de l’islam, en un mot trahir ? Ou vont-ils rester attachés à l’oumma, la communauté des croyants, construire un embryon de contre-société islamique en espérant peut-être que l’Occident deviendra un jour musulman dans un accomplissement de l’épopée conquérante des pieux ancêtres ? Face à ce choix, l’image de musulmans subissant l’hostilité de sociétés islamophobes, qui les stigmatisent en paroles et les discriminent en actes, est une arme. Elle véhicule un message adressé aux musulmans : l’Occident est un empire du mal aveuglé de passions mauvaises ; quoi que vous fassiez, votre appartenance à l’islam vous marque d’un stigmate indélébile qui fait qu’il ne vous acceptera jamais comme membre à part entière ; la seule option honorable qui vous est offerte est de rejeter un monde qui vous rejette.” »

Ou encore : « L’antiracisme islamiste n’a pas été conçu pour lutter contre le racisme, et encore moins pour lutter contre le djihadisme, mais pour corriger les effets de l’islamisme par le victimisme. Empêcher que les musulmans ne se posent des questions, prévenir l’autocritique, conforter les masses dans leur propre nescience en reportant le crime sur le gouvernement français : tout cela demande du travail, et il faut bien que quelqu’un s’y attelle. Gilles Kepel appelle le “djihadisme d’atmosphère”, cette menace diffuse qui n’attend qu’un soldat de Dieu pour se concrétiser – et dont l’assassinat de Samuel Paty est le parfait exemple. »

Ainsi les deux ouvrages apportent un éclairage effarant sur la négation du problème de l’islam politique, toute dénonciation faisant l’objet d’un retournement grâce à l’emploi de l’accusation en islamophobie. De la sorte, en assimilant tout témoignage d’un islam politique en action à un acte d’islamophobie, c’est bien une unité de l’islam religieux et de l’islam politique qui est opérée. Un rassemblement fautif et extrêmement dangereux. La mécanique est enclenchée sciemment par les islamistes, mais elle est relayée par une cohorte d’individus islamo-compatibles, dont une grande part réside à gauche, soit par humanisme naïf, soit par pur calcul électoraliste (les musulmans représentent un nombre non négligeable d’électeurs)

Auteur

Samuel BODIN Abonné Publié le 19 décembre 2021

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