Omicron : le port du masque en extérieur, une mesure incomprise mais utile

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A compter de lundi, les enfants dès 6 ans seront concernés par le port du masque dans un certain nombre de lieux publics. Pourtant, seulement 10% des contaminations auraient lieu à l’air libre, selon la littérature scientifique. 

Des passants portant des masques de protection, le 2 mai 2020 à Paris

  • L’EXPRESS. 31 décembre2021

C’est un retour en arrière dont les Français se seraient bien passés. Depuis vendredi, le port du masque est redevenu obligatoire sur la voie publique à Paris, et dans de nombreuses agglomérations. A compter de lundi, ce sera également le cas pour les enfants de plus de 6 ans dans un certain nombre de lieux publics, selon un décret du vendredi 31 décembre publié samedi au Journal officiel. Pour certains habitants, c’est l’incompréhension. La vaccination a bien avancé dans le pays et les contaminations se font surtout en intérieur. Alors pourquoi s’embêter à porter le masque dès que l’on sort de chez soi ? 

Pour répondre à cette question, une petite revue de la littérature scientifique s’impose. A priori, celle-ci est plutôt favorable aux sceptiques puisqu’elle montre clairement que la contamination est nettement moins forte en extérieur. Avec deux ans de recul sur l’épidémie, nous savons aussi que certaines contaminations semblant venir de l’extérieur viennent en fait de l’intérieur. C’est le cas par exemple des cas de Covid chez les agriculteurs, favorisés par l’hébergement des saisonniers ou des clusters apparus dans les stations de ski, provoqués par les soirées festives dans les bars et les hôtels. LIRE AUSSI >> Pr Gilbert Deray. Omicron : chevalier de l’apocalypse ou solution idéale à la pandémie ?

Cependant, la circulation du covid en extérieur n’en reste pas moins une réalité. On peut estimer, en regardant la littérature scientifique, qu’elle est à l’origine de 10% des cas, explique Olivier Damette, Enseignant-chercheur au Bureau d’Économie Théorique et Appliquée (BETA ) et chercheur associé à la chaire « Économie du climat » de l’Université Paris Dauphine. Pour tenir compte de cette fraction non négligeable, les recommandations en matière de lutte contre l’épidémie ont donc évolué. La Loupe, le podcastNouveau ! Ecoutez l’info de plus près
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« Au fur et à mesure que nous en apprenions davantage, nous nous sommes rendu compte qu’en début d’infection, la transmission du virus peut être accrue et que de nombreuses personnes ne présentent même pas de symptômes pendant cette période. C’est à ce moment-là que nous avons modifié les recommandations et commencé à dire que toutes les personnes qui étaient à l’intérieur ou à l’extérieur devraient porter un masque car en ne sachant pas qu’elles étaient infectées, elles pouvaient propager l’épidémie », explique Greg Martin, physicien spécialisé dans les maladies infectieuses à Washington.  

Concentration et durée d’exposition, les deux critères qui comptent 

Bien sûr, porter le masque alors que l’on est seul dans la rue n’a aucun sens. Mais dans les allées encombrées d’un marché de Noël ou dans les rues étroites d’un centre-ville, les risques de contamination sont plus élevés. D’autant plus que le variant Omicron s’avère extrêmement contagieux. « En fait, en matière de contamination, deux critères comptent d’après Olivier Damette : la concentration de virus dans l’air et la durée d’exposition à ce virus ». Et même si les conditions semblent plus favorables à l’extérieur, elles ne peuvent exclure une contamination. Même dans des endroits très aérés comme les stations de ski, indiquaient plusieurs scientifiques à L’Express l’hiver dernier.  LIRE AUSSI >> Toux, sueurs froides… Voici ce que l’on sait sur les symptômes du variant Omicron

Face à cette variation permanente des risques, le port du masque obligatoire en extérieur comme en intérieur peut être une bonne chose. « C’est d’abord une piqûre de rappel sur les gestes barrières après des mois de relâchement. Le porter partout, c’est aussi y penser plus souvent. Or plus on suit les recommandations, plus celles-ci sont efficaces. On le voit notamment en Asie où les directives sanitaires sont globalement mieux respectées », estime Olivier Damette. Le port du masque en extérieur est également moins coûteux, d’un point de vue politique, qu’un confinement.  Sur le même sujet

On peut bien sûr y être réfractaire. Mais en matière de masque, quelques comportements simples suffisent pourtant à réduire les risques, soulignent les épidémiologistes. Un article récent du New York Times évoque par exemple la règle du « deux sur trois » : lorsque l’on est en extérieur, il faut s’assurer d’être à distance ou masqué. Si en revanche, nous sommes en intérieur, on doit alors rester le plus à distance possible et masqué. « Dans la série des habitudes à prendre, nous pourrions aussi réfléchir à l’adoption du masque FFP-2 dans les endroits les plus fréquentés, souligne Olivier Damette. Certes son prix est plus élevé, mais il tient mieux au visage et il offre une protection supérieure à celle des masques chirurgicaux ». Deux critères qui comptent à l’heure d’Omicron.  

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