Racines chrétiennes de l’Europe : l’héritage contre le marché

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FRONT POPULAIRE. 2 janvier 2021. Par Philippe OLAGNIER

OPINION. La négation des racines chrétiennes de l’Europe de la part des élites montre leur propension à envisager notre civilisation comme un grand marché dénué de tout héritage.

Racines chrétiennes de l’Europe : l’héritage contre le marché

Qui nierait désormais, en dépit des incantations lyriques de notre président nous faisant croire à son renouveau avec la présidence française, que l’Europe s’est désincarnée et n’est plus qu’une technostructure organisationnelle ?

Qui est-elle cette Europe ? Que veut-elle ? Où va-t-elle ? Comment pourrait-elle espérer se dessiner le moindre avenir crédible si elle ne commence pas par assumer, reconnaître et défendre son passé ?

Elle régule des marchés (ou dérégule ?), facilite les flux financiers, semble être la courroie de transmission idéale des intérêts des firmes internationales et des lobbies les plus redoutables, elle aura profité à tous les trafics, toutes les mafias internationales sans sembler de près ou de loin, faire le bonheur des peuples qui la composent.

Elle accueille la misère du monde, alors que l’appauvrissement de ses peuples de souche est notoire et croissant, et alors que sa générosité n’est certainement plus à la hauteur des possibilités financières de ses états membres, elle n’en est pas moins insultée pour son prétendu égoïsme par le pape gauchiste mondialiste et internationaliste placé à la tête de la religion catholique.

Précisément tout en restant fidèle à une séparation stricte des pouvoirs temporels et religieux et adepte d’un schéma laïc, aussi difficile soit-il a défendre, c’est en sachant de quel point on vient, qu’en bon marin il est possible de se tracer un cap, car il va bien falloir, bon gré, mal gré, redonner un sens à tout cela.

Or, sans me reconnaître nullement dans la dérive papale actuelle ni dans bien des turpitudes vaticanes depuis des lustres, une évidence s’impose pour le point de départ : Les racines de l’Europe sont chrétiennes !

Hormis les pays de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, qui ont compris que désormais le projet ou l’aventureuse organisation de l’Europe entend désormais attaquer de front les sujets sociétaux, les socles éducatifs, les fondements culturels, les mœurs, les traditions des nations qui précisément les ont bâtis sur le socle de leur héritage chrétien, les politiques rechignent à revendiquer ces racines ou au moins à les défendre honorablement. Désormais pour l’Europe, le diable est nommé, il se nommerait Orban. Il me semble pourtant qu’il résiderait davantage à Istanbul si nous devions désigner celui qui affiche sa volonté d’asservir le vieux continent.

Je ne suis, pas plus que l’UE, apte où légitime à juger un gouvernement élu, et cette organisation européenne valet de Davos et des plus vils intérêts (dont ceux de la pharmacie mondiale en cette crise sanitaire) est elle crédible à donner des leçons de moralité ? Je constate simplement qu’on peut distinguer dans le domaine du souverainisme ceux qui en parlent avec opportunité pour satisfaire à la tendance et gagner quelques voix dans une élection proche, et des hommes et femmes européens qui mettent la posture souverainiste en pratique.

Au moment, où notre président, dans une manœuvre électorale grotesque a cru bon de nous vendre une vision européenne qui, sous sa direction inspirée, redeviendrait protectrice et même à certains égards respectueuse des identités nationales, on pourrait être pour le moins dubitatif : car précisément tous les traités européens nous engageant durement et durablement l’interdisent formellement. ! Mais comme à son habitude il s’est bercé et a tenté de nous bercer avec le flot des mots sentencieux qui caractérise ses prises de parole. Et précisément, alors que rien, légalement, ne permet de le faire, sentant le danger poindre d’une volonté d’états voulant réaffirmer que sur quelques domaines leur droit national prévaut, voici que ces chantres de la morale européiste n’exigent rien moins que l’exclusion de la Pologne et de la Hongrie. Ce n’est pas chose réalisable fort heureusement, mais la réaction de la technocratie européenne, donneuse de leçon en matière de libertés, en dit long sur son autoritarisme.

Ces deux pays sont imprégnés de la culture chrétienne, et revendiquent également cette racine comme constitutive d’une identité, d’une éducation, qui par exemple n’entend pas mettre en pratique (comme le recommande fermement la commission), la théorie des genres et de l’indifférenciation sexuelle dans les écoles primaires. Pourtant, il est indéniable que ce ne sont ni les règlements des marchés, ni les contraintes normatives, ni les réglementations, ou les déréglementations tous azimuts, qui transcendent nos nationalités en Europe, et créent un fil conducteur entre nous. Non !

Que nous soyons pratiquants, non pratiquants, agnostiques, et même athées comme je le suis devenu, nous sentons vivre en nous ce lien européen fondateur, qui a sculpté nos organisations politiques, fait nos frontières, définit une culture, érigé l’art dans sa magnificence multiple, orienté vers une manière de vivre qu’on nous conteste aujourd’hui : et ce socle est un héritage chrétien, lui-même issu pour grande partie d’un héritage grec.

Il ne faut pas s’y tromper : deux guerres se superposent en ce XXIe siècle. Une guerre économique, où le tout marchand semble vouloir balayer tous les obstacles freinant l’expansion folle d’un capitalisme dérégulé et financiarisé. Et une guerre civilisationnelle, qui nous est menée, précisément pour éradiquer cet héritage culturel chrétien qui gêne à la fois le mondialisme multiculturel et son désormais allié, le grand capitalisme, Et un islam conquérant qui veut faire de l’Europe son nouveau califat, avec la France en tête de pont (Relire à ce sujet tous les écrits des leaders de la mouvance islamiste contemporaine) !

Les guerres civilisationnelles sont redoutables, imprévisibles dans leurs conséquences, qui sont souvent irréversibles. Alors on peut se demander, sinon, voir à quel point l’organisation de l’Europe est inféodée à des intérêts prônant l’internationalisme multiculturel, pourquoi l’Europe rechigne tant à revendiquer, à affirmer et à défendre ce qui en définitive la définit le mieux : Ses racines chrétiennes !

Il n’est pas nécessaire d’inscrire dans le marbre, et je n’y serai pas personnellement favorable, dans une constitution européenne les racines chrétiennes de l’Europe. D’ailleurs cela signifierait-il pour autant que nos politiques les défendent pour autant ? Évidemment, non. C’est dans les actes, dans la virilité et la netteté des positions, dans la capacité de résistance à tous les entrismes religieux et culturels — issus de la même souche —, bref dans la capacité à cesser de gesticuler et à administrer les affaires courantes, pour redessiner un destin commun, respectueux et fier de notre passé, de nos racines, en envoyant paitre les donneurs de leçons moralistes de tout poil, que se trouvera la salut, encore possible (peut-être).

Nos frères Hongrois et Polonais semblent à juste titre vouloir mis le holà, espérer pouvoir stopper le droit communautaire là où il ne soit pas avoir droit de cité, dès lors qu’il s’agit d’une identité nationale, d’une culture, d’une manière de vivre ou même d’une orientation des mœurs, qu’il appartient aux peuples de chaque État membre de dessiner, fut-ce en livrant les combats, qu’eux seuls peuvent définir comme légitimes ou non.

L’Europe politique s’est dessinée avec l’Europe de la chrétienté. Nier ce point de départ est autant une hérésie qu’une faute géopolitique. Il ne faudra pas compter sur la gauchisation adepte du multiculturalisme qui a rongé le Vatican pour réaffirmer cette identité.

Si je reconnais comme cohérente, par rapport à son discours, la venue d’Éric Zemmour en Arménie, pays archétypique des menaces et des combats à mener pour nos racines identitaires, je souris, avec un vilain rictus, à celle de madame Pécresse. La ficelle électorale dans son cas est proche de l’escroquerie intellectuelle. Comment une famille politique qui a concouru à tout détricoter de notre identité pourrait être légitime à prétendre la restaurer ?

«L’homme est parfois assez fou pour préférer le chagrin à l’oubli.» Maurice Chapelan

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