Football et binationalité: l’Algérie embrigade les jeunes « Français »

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Olivier Annichini 16 janvier 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Après avoir gagné l’ Arab Cup (les Champs-Élysées s’en souviennent…), l’Algérie ambitionne de remporter la CAN, la Coupe d’Afrique des nations (qui se déroule du 9 janvier au 6 février au Cameroun). Pour son premier match (qui s’est soldé, le 11 janvier, par un triste 0-0 contre la Sierra Leone), elle alignait dans son onze de départ Raïs M’Bolhi (né à Paris), Aïssa Mandi (né à Châlons-en-Champagne), Haris Belkebla (né à Drancy), Riyad Mahrez (né à Sarcelles), Sofiane Feghouli (né à Levallois-Perret), Yacine Brahimi (né à Paris)… Sur les 28 Fennecs (surnom des joueurs algériens) sélectionnés pour la compétition, 11 « renards des sables » sont nés en France. Ce n’est pas une surprise : lorsqu’elle a remporté la CAN 2019, l’Algérie comptait déjà dans sa sélection 14 « Français ». C’est la magie de la binationalité. Pour se renforcer, l’Algérie enrôle des joueurs nés en France de parents algériens. Une recette qu’elle veut désormais appliquer aux plus jeunes…

Pour exploiter cette veine (des binationaux), qui valide le droit du sang, l’Algérie a ainsi organisé et planifié une transfusion des talents en visant particulièrement les jeunes, âgés de moins de 18 ans. En mars 2020, la FAF (Fédération algérienne de football) a annoncé officiellement qu’elle avait « décidé de s’appuyer sur une Task Force dédiée au déploiement de sa politique de détection des jeunes footballeurs binationaux à l’étranger », avec l’objectif « de mettre en place une démarche structurante en s’appuyant sur les ressources locales, à travers une veille permanente et organisée ». Bref, de l’espionnage sportif pour dénicher des agents doubles, qui mangent français mais digèrent algérien.

Sur le terrain, en France, une cellule de trois Franco-Algériens, impliqués dans la vie et le foot français, a été chargée d’orchestrer un réseau destiné à « rapatrier », « footballistiquement » parlant, les jeunes Français nés de parents algériens. Dans un langage moins engagé, le journal L’Équipe du 5 janvier détaille la manœuvre : « Pour constituer le maillage le plus solide possible sur le territoire français, l’idée, presque révolutionnaire, a été de s’appuyer sur des centaines d’éducateurs, souvent de double culture, présents dans les clubs amateurs. »

Résultat ? L’Algérie aurait déjà pris dans ses filets quelque 200 jeunes « Français ». Un exemple ? Le 9 octobre dernier, à Clairefontaine, en catégorie U 18 (joueurs nés en 2004), la France jouait contre l’Algérie. Sur les 18 sélectionnés de l’équipe d’Algérie, 15 étaient nés en France. Avec une anecdote : pour ce match, le jeune Yannis Lagha (né le 21 juin 2004 à Lyon) avait été convoqué par la France et l’Algérie ! Il a décliné la sélection française pour honorer la sélection algérienne. D’un point de vue sportif, il a eu tort car les Fennecs se sont inclinés 6 à 0. Mais son choix en dit long sur sa motivation. Il a préféré perdre avec l’Algérie plutôt que de gagner avec la France.

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