Délinquance : les 11 villes de France où les transports en commun sont les plus dangereux

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Par Paul Carcenac. LE FIGARO. 20 janvier 2022

Comme ici à Bordeaux, la violence dans les transports en commun gangrène les villes.
Comme ici à Bordeaux, la violence dans les transports en commun gangrène les villes. AFP

PALMARÈS – Découvrez les communes françaises où le nombre de vols et agressions dans les bus, tram ou métros par habitants est le plus élevé.

Onze villes ont un triste point commun. Elles ont, en 2020, dépassé la barre des 1000 vols ou agressions dans les transports publics, selon les données du ministère de l’Intérieur. En d’autres termes, ce sont celles dont les bus, métro ou tram sont les plus touchées par le fléau de la délinquance.

Pour évaluer le niveau de dangerosité réel auquel est concrètement confronté chaque usager, nous avons choisi de classer ces communes selon le ratio du nombre de vols et d’agressions pour 1000 habitants. Cela nous semble la façon la plus juste de comparer entre elles.

Les données permettent aussi de constater que la liste des villes qui ont dépassé la barre des 1000 agressions s’est réduite, par rapport à 2019. Cette chute en trompe-l’œil du nombre de faits constatés est évidemment liée aux deux périodes de confinement. Les voyous ont eux aussi été contraints d’une certaine manière au «chômage partiel».https://datawrapper.dwcdn.net/6BYZ0/2/

Sans trop de surprise, l’Île-de-France pointe aux deux premières places, avec Paris d’abord et Saint-Denis, ensuite. La ligne 13 qui dessert ces deux villes, est d’ailleurs particulièrement redoutée par les usagers. «Je déteste cette ligne, je ne m’y sens absolument pas en sécurité, explique Danielle, une habitante de Paris qui se rend dans le 93 quotidiennement. Les gens oublient les règles sociales. Ils se hurlent dessus. J’ai souvent peur de me faire agresser», poursuit-elle.

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En guise de réponse, la RATP nous adresse un communiqué produit il y a quelques semaines, mettant en avant les moyens engagés. 1000 agents de sécurité patrouillent sur le réseau, secondés par des dizaines d’employés de sécurité privés qui sont peu à peu déployés. Un réseau tentaculaire de 51.000 caméras de vidéoprotection veille aussi à la tranquillité des usagers. Ce dispositif est peut-être suffisant dans certaines communes, mais pas dans les deux villes qui occupent le haut de notre classement.

Grenoble sauvée par la chute de la fréquentation ?

Dans le reste du tableau, on remarque deux éléments notables. Concernant Grenoble, tout d’abord. Entre 2019 et 2020, la délinquance dans les transports a chuté dans les transports de 44%, quand la moyenne de la baisse s’établit à 26,45% pour les communes de notre palmarès. Cette chute plus importante de la violence peut s’expliquer par une baisse de fréquentation des transports en commun plus marquée ici durant les périodes de confinements qu’ailleurs. Les usagers ont pu utiliser d’autres modes de locomotion. Par exemple, durant le confinement de novembre 2020, la baisse de la fréquentation des transports grenoblois était de -65% par rapport au niveau normal. Une chute beaucoup plus marquée ici qu’à Marseille (-50%) ou Bordeaux (-45%).

Strasbourg, la grande absente

Strasbourg, ensuite, se fait remarquer par son absence dans ce palmarès. La commune alsacienne est la seule des 10 villes les plus peuplées de France à ne pas y figurer. Une bonne nouvelle, en apparence. En 2019, le nombre de faits était à peine supérieur à 1000. Le Covid l’a fait passer sous cette symbolique barre, même si le ministère de l’intérieur ne communique pas les chiffres détaillés de 2020. Mais tout n’y est pas rose. Le nombre de faits ne traduit pas leur gravité. Le 25 novembre 2020, à Strasbourg, un chauffeur de bus a été la cible d’un tir à l’arme à feu. Le lendemain, un tram a été la cible de jets de projectiles, qui ont fissuré les vitres.

Qui sont les fauteurs de trouble ?

Dans le détail, le ministère de l’Intérieur revient aussi sur le profil des délinquants. Ils sont jeunes : 74% des voyous ont entre 13 et 29 ans. En régions, hors Île-de-France, les personnes de nationalité française sont majoritaires (63%) chez les mis en cause, mais pas en région parisienne où les accusés venant d’un pays du Maghreb sont les plus nombreux (44%). Dans le détail, sur le réseau francilien, ce sont surtout pour les vols avec ou sans violence que ces derniers sont surreprésentés (60% des accusés en moyenne).


Méthodologie

Les chiffres proviennent du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), à partir de la base des victimes de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Elles ont été publiées le 21 décembre 2021. Il s’agit de faits constatés suite à une plainte, un signalement, un témoignage, un flagrant délit ou encore une dénonciation. Les faits concernés sont les vols avec ou sans violences, les coups et blessures volontaires, les violences sexuelles et les outrages à agents.

Les ratios par habitant sont calculés avec les chiffres de la population légale au 1er janvier 2020, basée sur le recensement 2017 de l’INSEE. En temps normal, pour certaines villes (Nice, Marseille, Paris…), il y a aussi des touristes, qui venaient grossir les rangs des victimes. En 2020, avec le coup d’arrêt porté aux voyages, ce sont surtout les habitants qui ont été en première ligne.La rédaction vous conseille

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