Alexis Kohler, éminence grise de l’Élysée et dépeceur en chef de la France.

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NATION. DÉSINDUSTRIALISATION. FRONT POPULAIRE

ARTICLE. Alexis Kohler est le secrétaire général de l’Élysée et l’un des plus fidèles compagnons de route d’Emmanuel Macron depuis 2014. Marianne lui a récemment consacré un vaste portrait-enquête, tout comme l’Obs. On y découvre un homme aussi influent que mal connu du grand public… et qui a une lourde responsabilité dans la désindustrialisation de la France.
Au président les strass et les lumières de la fonction, au secrétaire général de l’Élysée les décisions d’arrière-cour. L’un annonce les bonnes nouvelles, l’autre gère dans l’ombre les dossiers épineux. Depuis cinq ans, Emmanuel Macron et Alexis Kohler forment un couple complémentaire au plus haut sommet de l’État. Tous deux se rejoignent sur l’essentiel, tout du moins du point de vue de l’idéologie macroniste : la finance, l’économie, l’industrie. Pour le grand malheur de la France.L’hebdomadaire Marianne fait sa Une sur Alexis Kohler. Le titre est peu élogieux : « Derrière Macron, l’homme qui a dépecé la France. Enquête sur le “ministre de la désindustrialisation” ». Méthodiquement, le média de Natacha Polony s’applique à rappeler tous les égarements industriels auxquels ont contribué les deux comparses, depuis qu’ils se côtoient – à savoir 2014 –, quand Emmanuel Macron nomma celui de cinq ans son aîné « dircab » de son ministère de l’Économie.Force est de constater qu’en bien peu de temps, le duo a laissé une empreinte durable dans le dépeçage économique de la France. La vente de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric en est l’un des symboles forts. Tout d’abord parce qu’il s’agissait, rappelons-le, de céder une activité stratégique et souveraine — en l’occurrence les turbines vapeur Arabelle qui équipent les réacteurs nucléaires — à l’étranger. Ensuite parce que cette vente a été l’occasion, comme le rappelle Marianne, d’arroser le monde des affaires parisien en distribuant plus de 100 millions d’euros de commissions aux divers acteurs périphériques à cette opération.

Entre 2014 et 2016, « l’âge d’or des fusions-acquisitions en France »Alexis Kohler est issu de la haute bourgeoisie alsacienne. Énarque, comme Emmanuel Macron, il a fait ses premières armes au sein de l’Agence des participations de l’État (APE) qu’il intègre en 2008. Le rocardien (libéral, donc) y fait son nid, y développe une vision de l’entreprise publique devant se plier au dogme de la mondialisation. C’est cette vision qui poussera Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, qui juge trop libéral le logiciel de l’ambitieux technocrate à ne pas le nommer responsable de l’APE en 2014. Pour une fois, il faut bien le reconnaître : Montebourg a eu du flair.En 2012, Alexis Kohler intègre le cabinet de Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie, en tant que directeur adjoint. C’est à cette période qu’il entame une collaboration régulière — idyllique, presque — avec le futur hôte de l’Élysée, celui qui en est alors le secrétaire général adjoint. Ensemble ils vont mener « à bien » la privatisation — bradée — de la Française des Jeux, celle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, celle d’Alstom, d’Alcatel, ou bien plus récemment, le rachat de Suez par Véolia. Des licenciements à la clé (environ 5 000 à Alstom d’après une source syndicale citée par Marianne)… et, surtout, des profits pour les actionnaires. Entre 2014 et 2016, « ces deux années du duo Macron-Kohler à Bercy ont été l’âge d’or des fusions-acquisitions en France » signale à l’Obs le député LR Olivier Marleix, auteur en 2021 de l’essai Les Liquidateurs(Robert Laffont).

Soupçons de trafic d’influence et de conflits d’intérêtsCelui qu’Alain Minc qualifiait de « jumeau » d’Emmanuel Macron doit faire face aux soupçons. En 2018, Mediapart rappelait que ses cousins au deuxième degré étaient les propriétaires de MSC, un groupe de transport de croisière maritime italo-suisse. Or cette entreprise comptait parmi les clients du port du Havre et des chantiers STX à Saint-Nazaire. Des structures dont l’État est actionnaire et qui avaient pour représentant au conseil d’administration un certain… Alexis Kohler.L’intéressé est également soupçonné d’avoir été l’un des acteurs de l’ombre de l’offre d’achat (OPA) lancée sur Suez par Veolia. Le parquet national financier (PNF) a été saisi par les syndicats de Suez, qui se sont plaints d’un éventuel « trafic d’influence ». Ils soupçonnent que le secrétaire général de l’Élysée ait poussé les présidents de Veolia, Meridiam et Engie (qui a vendu 30 % de ses parts de Suez à Véolia) à s’entendre pour favoriser cette OPA lors d’un conseil d’administration d’Engie.Bien qu’il ait échoué dans certains dossiers – notamment ceux de de la privatisation des Aéroports de Paris (ADP) ou bien du projet Hercule d’éclatement d’EDF en trois branches –, Alexis Kohler n’en demeure pas moins l’homme fort de l’exécutif, l’homme-lige de Macron, celui qui coordonne, celui qui est plus craint que le Premier ministre, celui par qui les appels passent, celui qui nomme les directeurs de cabinets ministériels, voire les ministres eux-mêmes. A-t-il lui aussi cédé aux charmes de la réindustrialisation tant mise en avant par Emmanuel Macron depuis maintenant près de deux ans ? Que l’alsacien qui a consacré toute une partie de sa vie à la destruction de l’outil économique français au nom du sacro-saint dogmatisme néolibéral ait également retourné sa veste, voilà qui aurait de quoi surprendre.

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La rédaction Publié le 21 janvier 2022. FRONT POPULAIRE

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