Au Kazakhstan, vent de révolte sur le pays des grandes steppes

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Par Alain Barluet. LE FIGARO. 23 janvier 2022

Dans la ville d’Almaty, dans l’est du Kazakhstan, la mairie a été incendiée le 5 janvier lors des manifestations. Yan Blagov/AP

REPORTAGE – Un mélange explosif d’émeutes sociales et de luttes entre les dirigeants vient de secouer la puissance d’Asie centrale. Le président Kassym-Jomart Tokaïev a rétabli l’ordre grâce à la Russie, mais le clan du «père de la nation», Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir durant trente ans, n’a pas dit son dernier mot.

Envoyé spécial à Janaozen, Noursoultan et Almaty

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«Sous nos pieds, il y a plein de pétrole et de gaz mais nous n’avons rien. On nous ment depuis trente ans. Pour les autorités, nous ne sommes pas des personnes, seulement des cafards…» C’est avec des gens comme Baojan Dostanov, des femmes et des hommes cabossés comme lui par la misère, que tout a commencé. Et c’est ici même, à Janaozen, au cœur de l’eldorado pétrolier du Kazakhstan, à l’extrême ouest du pays, que s’est levé, début janvier, un vent de révolte qui vient de secouer la principale puissance économique d’Asie centrale, pourtant réputée stable. «Nous avons un gouvernement de voleurs. C’est effrayant comme ils volent. Des bandits dirigés par le patron des bandits», accuse ce conducteur de véhicules de chantier dans une entreprise pétrolière, visage carré et épaisse moustache d’un noir de jais. Ses propos visent d’abord Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans, l’homme fort du Kazakhstan depuis 1989, chef de l’État durant trois décennies, et ses proches, qui détiennent une bonne partie de la richesse nationale.

On parle désormais d’un «janvier sanglant». Des journées – et des nuits – où des manifestations, d’abord pacifiques, ont dégénéré en incendie des bâtiments publics, en affrontements à l’arme de guerre, en attaques de commissariats de police et en pillages de magasins dans une dizaine de villes du pays. Partie de Janaozen, cette fièvre a culminé à Almaty, l’ex-Alma-Ata, le centre économique et culturel du Kazakhstan. Bilan officiel: 225 tués et 4300 blessés – des chiffres jugés largement sous-évalués – et plus de 10.000 arrestations. Des événements dramatiquesqui restent entourés de nombreuses zones d’ombre.

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La politique de cette ancienne république d’URSS, la dernière à être devenue indépendante en 1991, reste une boîte noire. Les explications sont sans doute à rechercher du côté des rivalités au sommet du pouvoir, entre, d’une part, le «clan» de Noursoultan Nazarbaïev et, d’autre part, son homme lige, le président en titre qu’il a fait élire en 2019, l’ancien diplomate Kassym-Jomart Tokaïev, 68 ans. Au total donc, une lutte à couteaux tirés au sein des élites qui s’est greffée sur un vaste mouvement social.

«Les gens ne veulent pas seulement un salaire»

«Le 1er janvier, nous avons appris que le prix du GNL (le gaz naturel liquéfié, NDLR) avait été doublé du jour au lendemain. Or toutes les voitures roulent ici au GNL», raconte Baojan Dostanov. «Les gens ont immédiatement commencé à se téléphoner. Très mécontents, ils sont descendus dans la rue le lendemain et se sont rassemblés devant l’akimat (la mairie). Au moins dix mille personnes. Au début, la police est venue, puis quand les gens ont commencé à crier, elle est partie…» Selon l’usage, des yourtes ont été dressées dans une ambiance festive pour accueillir les manifestants et préparer les repas. Certains sont venus de loin, de toute la région du Mangystau. Les rassemblements ont duré jusqu’au 8 janvier, «tranquillement et sans violences». Mais dès le 3 janvier, les manifestations ont gagné la grande ville régionale d’Aktau, sur les bords de la mer Caspienne, distante de 150 kilomètres de Janaozen, avant de faire tache d’huile dans six régions du pays.

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«Il ne fait pas bon vivre ici», explique Dostanov, qui raconte s’être mis à militer quand Nazarbaïev a «volé» son troisième mandat, lors de l’élection présidentielle de 2005. «Cela fait soixante ans que l’on extrait le pétrole ici, mais regardez à quoi ressemble notre émirat du Golfe!», s’efforce-t-il de plaisanter. «Quand j’ai vu Dubaï, j’ai pleuré», lui fait écho un autre des 150.000 habitants de cette ville sans aucun charme. On compte parmi eux 10.000 «pétroliers» comme on surnomme ceux qui sont employés dans le secteur des hydrocarbures. «Ils peuvent gagner l’équivalent de 1000 euros par mois ; les autres ne touchent que des kopecks, quand ils ont du travail», poursuit l’activiste, qui insiste toutefois pour dire que «tout le monde a été solidaire».

Un rassemblement de protestation à Janaozen, le 7 janvier. Orda.kz/TASS via Reuters Connect

Les rues sont bordées d’immeubles de quatre étages en mauvaises briques, aux façades rafistolées avec des plaques de tôle ou de contreplaqué. En hiver souffle un vent glacial et incessant. En été, les températures peuvent dépasser les cinquante degrés. Il y a la sécheresse et la poussière. «Nous réclamons que l’on plante des arbres pour nous protéger du vent. En vain.», déplore Baojan Dostanov.

Pour la première fois, les gens sont sortis massivement dans la rue avec des revendications non seulement sociales mais politiquesShalkat Nurseitov, politologue

Une route défoncée mène hors de la ville. À perte de vue, la steppe est piquetée de dizaines de puits de pétrole dont les bras oscillent comme des culbutos obstinés. L’horizon semble dégringoler dans une immense cuvette: à cet endroit du globe, on est à près de cent cinquante mètres au-dessous du niveau de la mer. Nulle âme qui vive, hormis des chameaux qui paissent tranquillement… Une grosse usine de GNL, hérissée de tuyaux, se dresse en périphérie. Partout des chantiers à peine entamés ou laissés en plan, des bâtiments inachevés, fermés ou laissés à l’abandon, comme cette usine d’engrais qui, dit-on, a été financée naguère par des capitaux indiens puis a été contrainte de baisser le rideau. «Si une affaire se porte bien, le patron est arrêté, son entreprise saisie et le comité national de sécurité (KNB) – le KGB local – reçoit sa part», affirme Baojan Dostanov. Dans le même temps, enchaîne-t-il, «des gens survivent dans des sous-sols, des kiosques… Quatre-vingt-quinze pour cent des habitants ont dû prendre un crédit, pour acheter leur appartement, leur voiture, et même de la nourriture, ou pour marier leur fils… Et lorsqu’elles ne peuvent pas payer, combien de personnes se sont jetées du troisième ou du quatrième étage!»

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Janaozen illustre le cancer qui ronge le Kazakhstan – les inégalités, ressort majeur de la vague de mécontentement. Selon le cabinet anglo-néerlandais KPMG, 162 personnes détiennent 55% des richesses de ce pays de 19 millions d’habitants, vaste comme cinq fois la France. L’économie repose à 60% sur les exportations d’hydrocarbures – le Kazakhstan se situe au dixième rang mondial. Le pays a surtout longtemps été qualifié de véritable «scandale géologique» tant il concentre, à lui seul, tous les éléments de la classification des éléments établie par le chimiste Dmitri Mendeleïev au XIXe siècle: outre le pétrole et le gaz, l’uranium (il en est le premier producteur mondial), le charbon, les terres rares, les métaux précieux…

«Nous en avons assez de la pauvreté»

«Le prix du gaz a été la goutte qui a fait déborder le vase», explique Joloman Seyilov, 38 ans. Chaleureux, visage rond, il se présente comme un «patriote kazakh» et ne parle d’ailleurs qu’imparfaitement le russe. Considéré à Janaozen comme une figure des manifestations, l’activiste a fait ses classes lors du mouvement de contestation, récurrent depuis 2016, contre les ventes de terres agricoles aux investisseurs chinois. Avant de répondre aux questions, Joloman insiste pour d’abord boire le thé et faire une partie de billard. «Les gens ne veulent pas seulement un salaire, ils veulent changer de système, ils veulent un Kazakhstan démocratique», finit-il par lâcher. Des paroles qui résonnent avec celles d’un autre activiste, Ardak Makatov, rencontré à l’autre bout du pays, à Noursoultan, la capitale, qui s’appelait Astana avant d’être rebaptisée, en mars 2019, du prénom du «père de la nation» («Yelbassi», en langue kazakhe). Lui aussi est descendu dans la rue avec ceux qui criaient «Shal, Ket!» («Dehors le vieux»). «Je veux de vrais changements. Qu’on nous donne la possibilité de créer des partis d’opposition, qu’on s’arrache le plus rapidement possible du passé de Nazarbaïev», insiste Ardak Makatov.

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«Pour la première fois, les gens sont sortis massivement dans la rue avec des revendications non seulement sociales mais politiques», explique le politologue Shalkat Nurseitov, attablé dans un Starbucks d’Almaty. «Les gens ont compris que, sans changements politiques, il serait impossible de changer leur situation socio-économique.» Selon ce jeune analyste réputé, «le facteur Janaozen a joué un rôle». «Depuis 2011, la ville est associée à des luttes pacifiques. Pendant neuf mois, cette année-là, les habitants se sont mobilisés. Mais aucune réforme radicale n’a eu lieu ensuite», ajoute-t-il.

Dès le 4 janvier dernier pourtant, les autorités ont fait marche arrière et ont rétabli le prix du GNL à son niveau d’avant la crise. «Mais les revendications ne concernaient plus seulement le gaz. Les gens ont réclamé de pouvoir élire directement leurs maires. Ils disaient: “Nous en avons assez de la pauvreté, du chômage, nous voulons que Nazarbaïev et Tokaïev s’en aillent”, raconte Saniya Toiken, une journaliste de Radio Azattyk (la branche kazakhe de Radio Liberté), présente sur place dès le 3 janvier.Si les identités des 19 policiers tués lors des troubles sont connues, il n’en va pas de même pour les victimes civiles

À Janaozen la rebelle, les raisons de la colère prospèrent depuis longtemps. Les événements dramatiques survenus en 2011 restent dans toutes les têtes. Baojan Dostanov, le vétéran des luttes, y participait. «Les gens manifestaient pacifiquement mais il y a eu des provocations, comme cette fois à Almaty. Des snipers, depuis les toits, ont fait feu sur la foule. Il y avait 200 tireurs, armés de Kalachnikovs», raconte-t-il. Le bilan officiel a été de seize morts. «En réalité, il y aurait eu des centaines de tués», affirme Baojan Dostanov. «Les corps ont été récupérés à la morgue et enterrés quelque part pour dissimuler l’ampleur du massacre»,ajoute ce témoin. Des parents recherchent toujours le corps de leur enfant. «Le 4 janvier dernier, une femme est venue manifester. Elle était sans nouvelles de son fils depuis 2011», dit-il. Après ces terribles événements, «les salaires ont été un peu augmentés, mais seulement pour les travailleurs du pétrole et pour la police. Pour les citoyens ordinaires, presque rien n’a changé», juge Boljan Dastanov. Selon lui, l’histoire s’est répétée cette fois à Almaty avec ces mêmes provocations, ces violences et ces victimes que l’on cache. «225 personnes tuées? Ils mentent, c’est certainement beaucoup plus…»

Une voiture criblée de balles sur la Place de la République, à Almaty, le 10 janvier. Sharifulin Valery/Tass/ABACA

Le 4 janvier au soir, quelque 2000 manifestants qui s’étaient réunis devant le théâtre Alatay de l’ex-Alma-Ata scandaient : «Janaozen, nous sommes ensemble.» Et à Janaozen, précisément, malgré les coupures d’internet, on allait rapidement comprendre que tout le pays était désormais sur un volcan. Pourtant, dès le 8 janvier, les gens ont commencé à rentrer chez eux. Les vieux de la ville ont conseillé d’interrompre le mouvement. Et puis, il y a eu des menaces. «On a dit aux gens que des terroristes et des extrémistes étaient sur le point d’arriver, que les tirs allaient commencer et qu’il fallait partir», raconte la journaliste Saniya Toiken. Revivre les horreurs de 2011, jamais. Alors les manifestants de Janaozen ont quitté la place de la ville. «Ils ont juste dit qu’ils donnaient cinq mois aux autorités pour faire des réformes et que sinon, ils sortiraient à nouveau…», relate-t-elle.

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Partout, on veut vous prendre à témoin: «Nous ne sommes pas des terroristes.» C’est qu’en attribuant les émeutes à «20.000 terroristes» entraînés à l’étranger et en donnant l’autorisation aux forces de l’ordre de «tirer pour tuer», le président Tokaïev a profondément choqué. Artiste et performer, Ashkat Akhmedyarov reçoit dans un petit appartement de Noursoultan. Il peste avec humour contre l’architecture mégalomaniaque de cette capitale surgie de la steppe, avec ses «immenses avenues tracées par des gens qui ne quittent pas leurs limousines». Il porte, sur son jean, le caftan traditionnel des populations d’Asie centrale, en velours bleu, qu’il retourne soudainement avec un grand sourire. Sur la doublure, à l’intérieur du manteau, il a collé une banderole sur chaque pan : «Activistes» sur l’un,«Pas terroristes», sur l’autre. Courageusement, il est allé jusqu’à s’afficher devant le bâtiment des ministères, au centre de la capitale.

«C’est la fin de l’ère Nazarbaïev, mais pas celle de son système»

Deux semaines après la fin des émeutes, la peur s’est ajoutée aux stigmates de la violence. Selon de nombreux témoignages, les arrestations de «suspects» au petit matin à leur domicile (sur la base de dénonciations ou des vidéos tournées par les forces de l’ordre), la traque des «terroristes» et les exactions policières en prison se poursuivent. Si les identités des 19 policiers tués lors des troubles sont connues, il n’en va pas de même pour les victimes civiles. Bakhytjan Toregojina, qui anime à Almaty l’organisation des droits de l’homme Conscience, Esprit, Vérité, est parvenu à compiler une liste de 576 noms de personnes tuées, blessées, emprisonnées ou disparues. Un travail de fourmi pour recueillir des informations, qui sont ensuite publiées sur internet. Grâce à ces données, elle rédige des plaintes adressées au procureur, sans grand optimisme de les voir aboutir.

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«Il y a beaucoup de cadavres non identifiés dans les morgues. Selon certains chiffres, 525 personnes se trouveraient actuellement dans des centres de détention provisoire et la moitié d’entre elles seraient blessées par balle. Et tous les jours, des blessés graves décèdent à l’hôpital», explique-t-elle. Selon Bakhytjan Toregojina, «l’État s’efforce de faire en sorte que toutes les personnes tuées et arrêtées soient désignées comme “terroristes”. «Nous recueillons des informations pour prouver que ces personnes ne sont pas des terroristes», poursuit-elle. Pendant la conversation, son mobile ne cesse de sonner. Une quarantaine d’adolescents ont été arrêtés après avoir volé des téléphones dans des magasins saccagés. «Ils sont mineurs, surtout qu’ils ne signent rien sans la présence d’un avocat, leurs parents ont le droit de les voir», conseille-t-elle à son interlocuteur paniqué.

Le 10 janvier, des policiers procèdent à des arrestations, dans la ville d’Almaty. Valery Sharifulin/TASS via Reuters Connect

Nurlan, lui, est en quête de justice pour son frère aîné, Yerlan. Cet archéologue renommé de 49 ans, très attaché à la préservation du patrimoine kazakh, a disparu une fin d’après-midi de janvier. Après un dîner avec des amis, il était sorti sur la place de la République où se déroulaient des manifestations, non loin de son domicile, juste pour jeter un œil. Lors d’un dernier coup de téléphone, passé à 18 h 54, il dit avoir été arrêté par la Garde nationale. Puis des cris, et plus rien. Son corps a été retrouvé, les mains liées, allongé sur le sol d’une morgue d’Almaty. L’universitaire, les mains brisées, a été battu avec un bâton et a reçu plusieurs coups de feu, dont un dans le cœur. «Comment est-ce possible au XXIe siècle?, s’interroge son frère, la voix étranglée, aux côtés de son avocate. Yerlan voulait préserver les vieilles pierres, il n’avait rien d’un extrémiste ni d’un terroriste…»

Noursoultan Nazarbaïev, en réapparaissant mardi dernier à la télévision pour annoncer qu’il n’était plus qu’un «retraité», n’a pas tari le flot de questions qui submerge les Kazakhs, bien au contraire. Les quelque 2000 militaires de l’alliance dominée par la Russie, qui avaient débarqué en urgence le 6 janvier, après avoir été appelés à la rescousse par Kassym-Jomart Tokaïev, ont achevé leur retrait dès la semaine dernière. Toutefois, au Kazakhstan, on se méfie des Russes – et les relations sont parfois difficiles pour les 20 % de la population d’origine slave (qui étaient 70% il y a vingt ans). Les Kazakhs redoutent les contreparties que pourrait réclamer Moscou pour son aide militaire lors des troubles. Mais surtout, on se demande si cette crise, la plus grave en trente ans d’indépendance, sera suivie d’avancées démocratiques. Le président Tokaïev a indiqué qu’il présenterait des réformes cette année. Pourtant, la circonspection, voire le pessimisme l’emportent, à court terme tout au moins. «C’est la fin de l’ère Nazarbaïev, mais pas celle de son système», estime le politologue Shalkat Nurseitov. «Si Tokaïev veut rentrer dans l’histoire, il doit être un président de transition, préparer sa sortie sans violence, une nouvelle constitution et l’élection d’un parlement indépendant», ajoute l’expert. Faute de quoi, tous conviennent que la colère ne s’apaisera pas au Kazakhstan. Et il y a fort à parier que l’on entendra à nouveau parler de ceux de Janaozen.

L’ex-président, Noursoultan Nazarbaïev, le 18 janvier, lors d’une allocution télévisée dans laquelle il apporte son plein soutien à son successeur, Kassym-Jomart Tokaïev, après les émeutes meurtrières.ELBASY.KZ/via REUTERS

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