Président-candidat: «Mauvaise excuse»

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Par Yves Thréard. LE FIGARO. 25 janvier 2022

Yves Thréard. Le Figaro

L’éditorial du Figaro, par Yves Thréard.

On peut être le maître des horloges sans être celui du temps. Le premier décide de l’heure: c’est facile, factuel et précis. La tâche du second est beaucoup plus délicate, car, pour une raison ou une autre, dans la durée, le temps peut lui échapper. Déclarés tardivement candidats à leur réélection, en 1981 et 2012, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy l’ont amèrement regretté. Étaient-ils trop sûrs d’eux? Emmanuel Macron, lui, a prétendu lundi, en visite dans la Creuse, qu’il avait «encore beaucoup de choses à faire» avant de dévoiler ses intentions. Certes, personne n’en doute, mais l’excuse relève plus de l’esquive que d’un motif valable. La gestion de la crise sanitaire – qui mériterait d’ailleurs d’être au cœur du débat électoral – a bon dos.

À 75 jours du premier tour de la présidentielle, le chef de l’État gagnerait en efficacité et en clarté en annonçant sa candidature. S’il s’y refuse, c’est peut-être qu’il ne sait pas encore sur quel axe majeur il compte engager sa campagne. Critiqué pour sa politique régalienne, il est à présent rattrapé par de vives attentes sur le pouvoir d’achat et de fortes inquiétudes sur la vie chère. Le «en même temps», qui a montré ses limites lors de ce quinquennat, peut-il continuer à servir de mantra? Les sondages commencent à montrer un léger tassement, surtout en popularité. L’avertissement n’est pas anodin à l’heure où de plus en plus de voix dénoncent la vraie-fausse campagne du présidentsortant avec les moyens de l’État. Se pose également la question de sa participation aux confrontations télévisées face à ses concurrents . Elle ne serait pas souhaitée par l’Élysée avant l’entre-deux-tours. Mais à quel titre? Le fait du prince?

À son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron avait promis «de nouveaux visages et de nouveaux usages». Les premiers n’ont guère brillé et les seconds se font toujours attendre. Cinq ans plus tard, les pratiques du vieux monde restent de mise. On cite à l’envi le cardinal de Retz, mais s’installer dans l’ambiguïté n’est pas forcément la meilleure des solutions.

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