Les maths ne sont plus la voie royale vers le supérieur

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Par Caroline Beyer LE FIGARO 31 janvier 2022

Les maths s’imposent comme la spécialité indis­pensable pour intégrer une classe préparatoire économique et commerciale générale. lev dolgachov/Syda Productions – Fotolia

Si les maths demeurent la discipline reine au lycée, les soubresauts du changement se font jour dans certains cursus, notamment dans les filières de santé.

Les mathématiques restent-elles un outil de sélection pour accéder aux études supérieures, ou la réforme du bac, qui a mis fin aux trois filières, a-t-elle changé la donne? C’était l’un des objectifs affichés par cette réforme, qui a mis en place treize spécialités que les élèves peuvent combiner, à raison de trois en première – les «triplettes» -, puis de deux en terminale – les «doublettes».

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«Si l’on constate toujours les mêmes réflexes du côté des familles et des formations du supérieur, un mouvement s’amorce», constate l’Inspection générale de l’Éducation nationale, qui vient de rendre un rapport d’analyse des vœux et affectations dans l’enseignement supérieur des bacheliers 2021, la première génération d’élèves issus de la réforme du lycée.

«Un tropisme»

Les maths demeurent la discipline reine (41 % des bacheliers 2021 l’ont choisie et 20 % l’ont combinée avec la physique-chimie), mais les soubresauts du changement se font jour dans certains cursus. Ainsi, les filières de santé sont ciblées par la doublette physique et SVT: 55 % des étudiants de Pass (parcours d’accès spécifique santé) – l’ancienne première année de médecine – en sont issus, là où, précédemment, 97 % de ces étudiants étaient passés par la filière S. Reste cependant «un tropisme» de certaines universités sur la spécialité mathématiques, constate la mission de l’inspection.

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Mais le changement le plus marquant vient du droit et des sciences politiques, où les profils scientifiques ont quasiment disparu en 2021: 5 % des admis en IEP ont suivi une doublette de spécialité scientifique et 8 % en licence de droit, alors qu’ils représentaient, en 2020, 20 % des admis en IEP et 16 % en droit. Sans surprise, c’est la doublette histoire-géographie, géopolitique, sciences politiques (HGGSP) et sciences économiques et sociales (SES) qui alimente désormais le plus ces filières.

Majorité de jeunes hommes

En parallèle, les maths s’imposent comme la spécialité indispensable pour intégrer une classe préparatoire économique et commerciale générale (ECG). Près de 40 % des candidats ont suivi la doublette mathématiques et sciences éco. Une aubaine pour ces classes prépas, car ces profils ont suivi au lycée des mathématiques de haut niveau – supérieur à celui de l’ancienne filière S -, davantage adaptées aux besoins de la statistique et de la finance.

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Enfin, la réforme du bac a fait apparaître un vivier de purs scientifiques. Quelque 38.000 élèves ont choisi la doublette mathématiques et physique, accompagnée de l’option «maths expertes» (trois heures par semaine, en plus des six heures de la spécialité maths). Des profils qui se dirigent à 80 % vers des filières scientifiques les destinant aux écoles d’ingénieurs ou à la recherche. Là où les élèves de l’ex-filière S ne s’y dirigeaient qu’à 60 %. «L’un des objectif de la réforme était de retrouver un vivier passionné par les sciences», rappellent les inspecteurs généraux, se félicitant que les maths ne soient plus «simplement un outil de sélection». Pour autant, ils constatent que la spécialité reste «fortement valorisée, même dans des formations où cette discipline joue un rôle mineur».

Qui sont les élèves qui optent pour la doublette maths et physique-chimie, la plus choisie en terminale? Beaucoup viennent de catégories sociales favorisées (59 %, contre 45 % en moyenne dans les autres spécialités) et une majorité sont des jeunes hommes (près de 64 %). Cette désaffection des filles pour les maths n’est pas sans inquiéter les sociétés savantes et associations de la discipline. «Seulement 25 % des filles en 2021 ont un enseignement de mathématiques de plus de six heures hebdomadaires, contre 45 % avant la réforme», ont-elles alerté le 25 janvier, dans un communiqué.

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