En trois cartes, les scénarios possibles d’une attaque de l’Ukraine par la Russie

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Par Charles LescurierService Infographie et agence Reuters LE FIGARO. 2 février 2022

INFOGRAPHIE – Au moins 100 000 soldats russes sont massés près des frontières de l’Ukraine. Ce dispositif pourrait préfigurer plusieurs scénarios d’invasion. Dans le même temps les États-Unis annoncent le déploiement de 3 000 militaires en Europe de l’Est en soutien aux forces de l’Otan.SOMMAIRE

Les frontières nord, est et sud-est de l’Ukraine sont sous pression. Seront-elles bientôt franchies par une déferlante russe ? Quelque 100 000 soldats aux ordres de Moscou sont déployés sur trois côtés du pays, ainsi que des véhicules de combat d’infanterie, des chars, de l’artillerie automotrice et des équipements de défense aérienne. Une accumulation de troupes et de matériels qui ne cesse de croître depuis le printemps 2021 et qui est visible sur les images satellites diffusées par la société spatiale américaine Maxar Technologies, reprises par l’agence Reuters. Alors que Kiev est candidat à l’Otan et bénéficie déjà d’armes et de formation de la part de ses membres, le Kremlin veut empêcher ce rapprochement qu’elle considère comme une ligne rouge.

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La Russie nie tout projet d’invasion, mais les Occidentaux ont été échaudés par la guerre de 2014, à l’issue de laquelle Moscou a annexé la Crimée. Depuis, la Russie soutient toujours les forces séparatistes qui ont pris le contrôle du Donbass, à l’est du pays. À la suite de cette agression, l’Ukraine a considérablement augmenté ses dépenses militaires. Elles sont passées de 3 % en 2013 à 6 % du PIB en 2022, soit plus de 11 milliards de dollars. Elle a aussi bénéficié de l’aide occidentale, notamment de la fourniture de lance-missiles portables antichars américains Javelin et antiaériens Stinger. Elle a aussi acquis des drones d’attaque turcs Bayraktar TB2. Malgré ce renforcement, avec un effectif de 260 000 hommes, son armée représente un peu plus du quart de celle de la Russie (900 000).https://static.lefigaro.fr/infographies//WEB_202205_Ukraine_Graphique/WEB_202205_Ukraine_Graphique.html

Les prémices : cyberattaques et suprématie aérienne

Les analystes du Centre d’études stratégiques internationales (CSIS) basés à Washington, qui ont étudié plusieurs scénarios, estiment qu’une offensive pourrait débuter par des cyberattaques contre les systèmes de commandement militaires ukrainiens, les moyens de communication et les réseaux électriques. L’Ukraine a d’ailleurs déjà été victime, à la mi-janvier 2022, de cyberattaques ayant visé plusieurs sites gouvernementaux, précisant avoir les preuves de l’implication de la Russie, ce que dément Moscou.

Ensuite, le contrôle du ciel serait recherché par des frappes aériennes et des tirs de missiles détruisant ou clouant au sol l’aviation ukrainienne, réputée faible. Le feu passerait alors au vert pour l’avancée des troupes russes en profondeur dans le territoire ukrainien. Selon le CSIS, plusieurs choix d’itinéraires s’ouvriraient à elles, en fonction des objectifs assignés par Moscou.

Première option : l’attaque à l’est

La Russie pourrait envahir, puis prendre le contrôle du territoire ukrainien à l’est du Dniepr, s’établissant dans la partie industrielle orientale, la plus russophone, mais laissant l’autre moitié du pays dans un « état économiquement viable ».

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Deuxième option : une avancée vers l’ouest

Si l’offensive à l’est est un succès, les militaires russes pourraient traverser le Dniepr et continuer leur progression vers l’ouest à travers la campagne ukrainienne. Ils pourraient également avancer le long de la Mer Noire pour s’emparer d’Odessa (1 million d’habitants) et de ses installations portuaires. Ce serait la clé d’une occupation du pays à grande échelle, qui exigerait cependant des moyens militaires et humains considérables.

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Troisième option : le contrôle de la mer

La Russie pourrait être confrontée à une guérilla de résistance dans les zones urbaines. Pour éviter un enlisement, elle pourrait privilégier une attaque le long de la mer Noire, jusqu’à la prise d’Odessa. Une domination russe sur le sud du pays, du Donbass à Odessa et à la Crimée, priverait l’Ukraine de ses accès à la mer et de ses ports, l’affaiblissant économiquement et politiquement.

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Le timing : la «raspoutitsa»

Les experts expliquent que la Russie devrait agir rapidement ou retarder son intervention à l’été, à cause de la «raspoutitsa »: en russe, la saison des mauvaises routes, qui au cours de l’histoire a freiné les armées mongoles, napoléoniennes et allemandes. À partir de mars, le dégel transforme les axes routiers en rivières de boue, au risque d’immobiliser les blindés qui deviennent alors des cibles de choix pour les armes antichars.

À VOIR AUSSI – Vladimir Poutine: «J’espère qu’au final nous trouverons une solution» concernant l’Ukrainehttps://imasdk.googleapis.com/js/core/bridge3.496.0_fr.html#goog_2794677360 seconds of 1 minute, 12 secondsVolume 0% 

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