[Saint Clair] Présidentielle 2022 : la faute politique de Marion Maréchal

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sur la présidentielle

Notre chroniqueur, Frédéric Saint Clair, analyse le choc politique que Marion Maréchal a provoqué en affichant sa préférence pour Éric Zemmour, à quelques mois de la présidentielle. Par  Frédéric Saint Clair. VALEURS ACTUELLES Publié le 1 février 2022

Marine Le Pen et Marion Maréchal. Photo © Thomas Samson et Alberto Pizzoli/AFPPartager cet article sur FacebookTwitterLinkedIn

Plus que de faute politique, il faudrait parler de faute(s) politique(s)… Car plusieurs erreurs ont été commises lors de cette séquence dont nul ne tirera bénéfice, ni Marion Maréchal ni Éric Zemmour. Petit retour sur les causes d’un mini-séisme ravageur.

Erreur n° 1 : Fait rare en politique où les ego sont habituellement surdimensionnés, Marion Maréchal se sous-estime, et minimise son influence jusqu’à évoquer son retour en politique au détour d’une conversation off avec un journaliste du Parisien… On croit rêver ! Alors que politiques et médias ont les yeux rivés sur elle. Alors qu’une guerre ouverte ultra-médiatisée oppose les deux droites radicales. Son retour aurait dû être bien plus travaillé : prise de parole personnelle. Europe 1, 8 h 15. Et propos très ciselé façon Richelieu.

Erreur n° 2 : Plus que le « ralliement à Zemmour », la faute politique magistrale a été le « je ne soutiendrai pas Marine Le Pen ». Véritable coup de poignard qui enflamme une guerre déjà trop assassine entre les deux rives du nationalisme français. Deux rives qui ne se rejoindront pas, mais qui ont vocation à créer des ponts pour accéder au pouvoir.

Le coup de poignard à Marine et le ralliement politiquement précoce à Zemmour sont mortifères.

Erreur n° 3 : Avoir minimisé l’intérêt qu’elle suscite auprès des électeurs RN. Certes, sa ligne et ses soutiens ont été ostracisés au sein du parti, mais les électeurs RN continuent de considérer Marion Maréchal comme une figure d’avenir. Son potentiel politique premier réside dans sa capacité à créer ces ponts – qu’elle rejoigne Reconquête in fine ou pas – car c’est un rôle qu’Éric Zemmour est absolument incapable de jouer.

Le coup de poignard à Marine et le ralliement politiquement précoce à Zemmour sont mortifères. En cas de second tour Macron-Pécresse, elle sera la traîtresse qui a ruiné les espoirs de Marine Le Pen. En cas de second tour Macron-Le Pen, celle qui a trahi et qui s’est plantée de candidat. Bénéfice net pour Éric Zemmour en terme électoral : zéro ! Bénéfice net pour le retour en politique de Marion Maréchal : zéro !

Erreur n° 4 : La véritable figure de la droite contre-révolutionnaire française, c’est elle, et non Éric Zemmour. C’est Zemmour qui est chez elle, et pas l’inverse. Le terme de ralliement est donc impropre. Elle a d’ailleurs déjà souligné plusieurs points de désaccord avec la ligne officielle de Reconquête – points essentiels en matière de national-conservatisme. Infléchir la ligne Zemmour supposait donc une autre stratégie d’approche.

Erreur n° 5 : Se laisser dicter le tempo par une fausse urgence politico-médiatique, ramenant ainsi son retour en politique à un choix partisan (Reconquête ou RN ?) déguisé en conviction idéologique. Pour les électeurs, c’est l’avenir de la France qui est en jeu, et non un choix partisan. Au lieu de dominer cette séquence politique, Marion Maréchal s’est laissé dominer par elle.

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