Ministère de la Santé : les « bras cassés » qui ont géré le Covid

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EXCLUSIF. Dans son livre « Le Ministère des bras cassés », Marc Payet raconte les coulisses du ministère de la Santé, qui a souvent perdu pied pendant la crise.

Olivier Veran, ministre de la Sante, lors d'une conference de presse, le 10 decembre 2020. A l'epoque, alors que l'epidemie de Covid ne faiblit pas, la France durcit sa strategie de deconfinement.

 Par Gwendoline Dos Santos et Jérôme Vincent

Publié le 02/02/2022 LE POINT

Avec plus de 130 000 morts recensés depuis deux ans, le bilan de la France face à l’épidémie de Covid est très lourd. L’Allemagne fait mieux, le Royaume-Uni fait pire. L’État et le gouvernement ont-ils été à la hauteur  ? À travers un livre de 206 pages (paru chez Albin Michel), le journaliste Marc Payet, déjà auteur en 2003 dans Le Parisien d’une série de révélations sur la canicule, répond à cette question présente sur toutes les lèvres à la veille de l’élection présidentielle. Il nous emmène découvrir les dédales du ministère de la Santé, au centre de toute l’affaire. Une année durant, il démonte pièce par pièce la machinerie étatique, à Paris et en région, interviewe plus de 50 personnes, ministres et conseillers à Bercy ou place Beauvau, directeurs d’agence régionale et anciens directeurs généraux de la santé, médecins de ville, politiques… De quoi tirer un portrait au plus juste des «  bras cassés  » du ministère de la Santé.

Si Agnès Buzyn, Olivier Véran, qui lui a vite succédé avenue de Ségur, ou Jérôme Salomon, à la tête de la Direction générale de la santé, en prennent pour leur grade, au fil des pages, l’auteur met en lumière le millefeuille plombant ce ministère et son administration très souvent en retard.

Un ministère « en vrac »

«  Le constat se posait déjà avant le début de la crise du Covid  », écrit Marc Payet. Sylvain Fort, ancienne «  plume  » d’Emmanuel Macron de 2017 à janvier 2019, le dit lui-même en ne mâchant pas ses mots. «  Que le ministère de la Santé soit “en vrac” était un constat déjà fait lorsque j’étais à l’Élysée. Les deux effondrés, c’étaient la Culture et la Santé. Ils sont désertés par les énarques et par les pros. Ce sont surtout des apparatchiks aux manettes.  » La machine tousse. Elle manque de s’étouffer, comme l’illustre parfaitement le journaliste à travers l’épisode macabre du manque de masques, le «  péché originel  ».

Mais Le Ministère des bras cassés n’a rien d’un livre spectacle, c’est un récit informé, détaillé, intelligent, laissant une large place au contradictoire. Ainsi l’auteur a-t-il accédé à une personne à la parole rare, Anne-Marie Armanteras. La conseillère santé du président de la République, qui a coordonné un nombre incalculable de réunions, en tire une leçon. «  Si l’on s’en sort, c’est de manière collective. Il faut rester modeste face à un tel défi.  » 

Retrouvez des extraits du livre Le ministère des bras cassés
Olivier Véran-Jérôme Salomon, la guerre des ego
Santé Publique France dans le collimateur de Bercy
Un mille-feuille indigeste
7 jours sur 7 à la manoeuvre
Une administration déplumée

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