Présidentielle : le jour d’après, la grande union des droites ?

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Frédéric Lassez 2 février 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Ralliera ou ralliera pas ? C’est la grande question qui agite désormais la droite et les observateurs des petits jeux politiciens. Et, surtout, pourquoi cette attraction d’un Zemmour qui stagne dans les sondages alors que Marine Le Pen semble conserver toutes ses chances d’accéder au second tour ? Parce que, parmi les acteurs politiques, nombreux sont ceux qui se projettent déjà dans « le jour d’après ».

Vous allez crier au défaitisme, mais pour comprendre ce qui se joue actuellement, il faut se livrer à une petite analyse prospective en partant de la situation suivante : une glaciation des courbes des sondages avec un Emmanuel Macron qui se maintient en tête et qui, sauf dégel printanier toujours possible, l’emporterait largement au second tour quel que soit le duel annoncé.

Bien entendu, on peut fantasmer sur le « vote caché », l’abstention différentielle ou les « changeurs » qui sautent d’un candidat à l’autre. Mais les bons stratèges politiques n’ont pas peur… de se faire peur en imaginant le pire.

Donc, ça ne va pas vous plaire, mais voilà le scénario : nous sommes le jour d’après et Macron vient d’être réélu. Face à qui ? Je ne peux pas vous le dire, vous m’accuseriez de partialité. Ce qui est certain, c’est que chacun des trois candidats de droite accuse les deux autres d’être responsables de la défaite. C’est l’union qu’il fallait faire ! Depuis le temps que Robert Ménard vous le disait !

Passée cette séquence d’étripage, les stratèges de chaque camp se posent la question léniniste fondamentale : que faire ? Car le « troisième tour » approche avec les élections législatives.

« Et si Macron était contraint à la cohabitation ? » s’interrogeait Sophie de Menthon, dans Causeur, le 19 janvier dernier. Comme elle le soulignait, la victoire à la présidentielle ne résoudrait pas tout. La suite relèverait du parcours d’obstacles pour le Président élu : « Les législatives qui suivront immédiatement […] n’ont pratiquement aucune chance de donner une majorité claire au parti En Marche !, à moins d’un retournement de situation que l’on imagine mal pour l’instant. »

Autre élément à anticiper : l’élection de Macron laisserait les Républicains mais aussi le RN au tapis. Marine Le Pen, qui en serait à son troisième échec, ne pourrait que difficilement contenir l’hémorragie de militants qui s’ensuivrait. Par contre, face à ce scénario de défaite, Éric Zemmour aurait un temps d’avance. En réussissant à couper le « cordon sanitaire » chiraquien, il aurait déjà ouvert la voie à la reconstitution d’une grande force politique de droite capable de proposer, à terme, face à un Macron sans réelle légitimité populaire, une alternative crédible. C’est ce qui explique les ralliements.

C’est aussi pourquoi, bien que séduisante pour la présidentielle, l’alliance entre Zemmour et Marine Le Pen serait un piège dans la perspective du « jour d’après ». Elle serait immédiatement assimilée non pas à une « union des droites » mais a une union des « extrêmes droites ». Et Reconquête se retrouverait, par la suite, enfermé dans ce positionnement alors que Zemmour revendique d’être entre LR et le RN. Relisez son discours de Villepinte : « Nous devons nous réunir, nous devons nous rassembler, nous devons nous unifier. Je veux rendre le droit de vote aux électeurs du Front national, et je veux rendre la droite aux électeurs de LR. » Et surtout : « Je veux parler aux orphelins du RPR », alors que tous « nous affublent du qualificatif infamant d’extrême droite ».

Dans Le Figaro du 29 janvier dernier, Arnaud Benedetti écrivait : « >La question de la temporalité, de la perception de cette temporalité, est un facteur souvent décisif pour comprendre les comportements politiques. » Tandis que Marine Le Pen s’en tient à l’échéance à venir des présidentielles, Zemmour se projette déjà au-delà : « Il enjambe l’échéance du printemps pour préparer messianiquement l’union de toutes les droites, quand Marine Le Pen mise tout, nonobstant la résilience qu’elle dégage avec une forme de maîtrise inattendue et bluffante, sur l’échéance électorale à venir : son carré d’as est exclusivement et avant tout indexé sur l’agenda présidentiel. »

Qui fait le bon pari ? Qui s’aligne sur la bonne temporalité ? À vous de faire un peu de prospective !

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