Guyane : l’impressionnant raid armé des chercheurs d’or clandestins contre une base militaire française

Scroll down to content

Réservé aux abonnés

( Ce qui est surtout impressionnant et inquiétant, c’est l’absence de riposte armée de nos militaires…Artofus)

Par Etienne Jacob

Publié hier à 21:15, mis à jour il y a 3 heures

Les militaires du 9e régiment d'infanterie de marine de l'armée française.
Les militaires du 9e régiment d’infanterie de marine de l’armée française. jody amiet / AFP

INFO LE FIGARO – Armés de machettes, des orpailleurs illégaux se sont introduits, samedi soir, sur un site de l’armée.

Les chercheurs d’or clandestins se rebellent avec violence en Guyane. Samedi, des orpailleurs illégaux ont été aperçus par un équipage de la brigade maritime qui patrouillait à la frontière franco-surinamaise, sur le fleuve Maroni, a appris Le Figaro de sources concordantes. À la vue des forces de l’ordre, les «garimpeiros» ont pris la fuite sur leur pirogue, puis sur la rive, côté français, abandonnant leur marchandise. Plusieurs centaines de kilos de matériel, conditionnés dans des ballots destinés au ravitaillement des sites d’orpaillage, ont ainsi été saisies par les douaniers de Saint-Laurent-du-Maroni, appelés sur place.

Dieu seul le saitNewsletter

Le dimanche

Religions, laïcité, spiritualité, à retrouver dans la lettre de Jean-Marie Guénois.S’INSCRIRE

À LIRE AUSSIOrpaillage illégal en Guyane : une commission d’enquête parlementaire pour «connaître la vérité»

Les douaniers ont alors décidé de monter à bord des pirogues et de ramener tout le matériel en direction des locaux des Forces armées en Guyane, escortés par la police aux frontières et les agents de la brigade maritime. Tout à coup, une pirogue, équipée d’un moteur de 200 CV avec cinq personnes à bord, a foncé à toute vitesse sur les fonctionnaires, lesquels ont chaviré. Deux d’entre eux ont été légèrement blessés, précise une source judiciaire au Figaro. S’entame alors une course-poursuite effrénée entre le bateau de la brigade maritime et les orpailleurs sur leur pirogue. Trop rapides, ceux-ci n’ont pas pu être rattrapés. Les pirogues saisies ont, elles, été ramenées et entreposées sur la base militaire des Forces armées de Guyane.

Une militaire frappée et projetée au sol

Mais les bandits étaient bien décidés à récupérer leurs embarcations. Le soir même, aux alentours de 23 heures, une quinzaine de ces «garimpeiros», dont certains étaient armés de machettes, ont accosté sur la base militaire du 9e régiment d’infanterie de marine de l’armée française. Une militaire de l’opération Sentinelle a été «maîtrisée, frappée et projetée au sol» par les assaillants, indique une source proche de l’armée. Les orpailleurs ont repris les deux pirogues qui avaient été saisies dans la journée. «Le vol a duré cinq minutes, les renforts appelés en urgence n’ont pu que constater le vol», précise une source judiciaire. Le lendemain, une plainte a été déposée et une enquête ouverte pour découvrir les auteurs de cette attaque. Contactée par nos soins, une source policière s’inquiète de cet évènement, rappelant qu’en juillet 2019, trois militaires ont été tués lors d’une opération anti-orpaillage. «L’orpaillage ne connaît pas la crise et tend même à s’intensifier dans la zone», confie-t-elle.

À LIRE AUSSICocaïne: comment les mules venues de Guyane inondent la France métropolitaine en poudre blanche

En Guyane, le long du fleuve Maroni, le trafic de cocaïne est loin d’être le seul à alimenter l’économie souterraine. L’or, issu de l’orpaillage illégal, aussi. Chaque année, «entre 8 et 10 tonnes d’or d’une valeur de 400 à 500 millions d’euros se volatilise du sol français», s’alarmait l’ex-député de Guyane, Gabriel Serville, début 2021. Or, la France disait avoir saisi seulement trois kilos d’or entre janvier et novembre 2021. Les garimpeiros, pour la plupart Brésiliens, sont traqués depuis vingt ans par l’armée, à travers les opérations Anaconda, puis Harpie. Mais ils sont rarement interpellés. Les autorités, en nette infériorité numérique, préfèrent détruire leurs installations, nocives pour l’environnement en raison du mercure utilisé pour extraire l’or. «C’est David contre Goliath, il y a près de 10.000 garimpeiros dans la zone», reconnaît notre source policière. «On a beaucoup de mal à appréhender celui qui dirige le site. On appréhende les petites mains», reconnaissait en novembre 2021 le procureur de Guyane, Samuel Finielz.

À VOIR AUSSI – Guyane: l’éprouvante formation des militaires français dans la jungle

https://imasdk.googleapis.com/js/core/bridge3.496.0_fr.html#goog_2034103899

0 seconds of 1 minute, 25 secondsVolume 0%

La rédaction vous conseille

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :