Éric Piolle : le maire de Grenoble est pour le port du voile, pour « en finir avec la pression sur les corps »

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Marie Delarue 18 février 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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Ce vendredi matin, dans sa Matinale d’Europe 1, Dimitri Pavlenko recevait le maire EELV de Grenoble, Éric Piolle, un fervent soutien de Yannick Jadot. Et qu’importe si le candidat Vert plafonne à 5 %, « le seul qui puisse accéder au second tour, chez les écologistes et la gauche au sens large, c’est Yannick Jadot », dit-il.

Sa démonstration est simple : il y a aujourd’hui trois blocs qui se dessinent : « Il y a un projet réactionnaire avec Marine Le Pen, Éric Zemmour et dans lequel glisse une partie des Républicains – on va mettre des frontières, des murs partout, purger, revenir à avant, vous verrez c’était super le début du XXe… » Le second est « un projet néolibéral qui s’affirme, c’est celui d’Emmanuel Macron. Il est pour les inégalités sociales, c’est le Président des riches. Pour le climat, il dit en faire un tout petit peu mais pas du tout… » Et puis il y a le projet des Verts, « le troisième pôle, ce [qu’il] appelle l’arc humaniste, il se restructure autour de l’écologie politique. Ça a fonctionné pour la première fois de façon massive aux municipales, ça peut fonctionner là aussi aux présidentielles. »Il suffit d’y croire.

Si Dimitri Pavlenko a invité, ce matin-là, Éric Piolle, c’est parce que le maire de Grenoble tenait, la veille au soir, une conférence audio au terme de laquelle il a tweeté quelques annonces d’importance. On a ainsi appris qu’il soutenait « le combat des hijabeuses », ces joueuses de foot qui réclament de pouvoir porter le voile pendant leurs compétitions, chose que refuse la FFF. Il explique que le strict respect de la loi de 1905 sur la laïcité « autorise à porter des signes religieux dans la rue ». Cette loi a pour principe « le respect du culte, dit-il, et personne ne peut faire pression sur vous pour vous obliger à exercer un culte et personne ne peut vous empêcher d’exercer un culte ».

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Le journaliste a beau lui faire remarquer qu’il y a peu de rapports entre un match de foot et l’exercice d’un culte, M. Piolle n’en a cure. « Aux JO, les signes religieux sont autorisés », poursuit-il, et « la FFF tord la loi, d’ailleurs la ministre Élisabeth Moreno a rappelé cela. Elle a soutenu les hijabeuses. » Le fait qu’elle ait, depuis, dit le contraire est sans importance : elle y reviendra, il en est sûr. D’ailleurs, aux JO de Paris en 2024, « les sportives et les sportifs auront le droit de porter des signes religieux et auront le droit, j’espère, de s’habiller comme les gens le souhaitent ». Et plus question de mettre « les beach-volleyeuses en minishort, là aussi, ça doit être fini », dit Éric Piolle. « Ce rapport à la pression sur les corps (sic) doit être fini », assène-t-il.

Dans ce qui paraît un curieux renversement, Éric Piolle considère en effet que le port du voile, ou du burkini (désormais autorisé dans les piscines grenobloises), est une libération. Il va plus loin : « La question n’est pas tellement le burkini. Il y a aussi des gens qui n’ont pas envie de montrer leur corps, c’est leur choix, c’est aussi ceux qui veulent se protéger du soleil. On fait la promotion de la santé (sic). »

Il le répète, le problème est « cette insupportable pression sur les corps ». Ainsi avait-il « été extrêmement choqué quand le ministre de l’Éducation nationale, M. Blanquer, avait dit que les crop-tops n’étaient pas des tenues républicaines et qu’il fallait, pour les jeunes filles, venir à l’école habillées décemment ». Les jeunes filles doivent pouvoir être quasi nues ou voilées si cela leur convient, et Éric Piolle pense « qu’il faut plutôt éduquer le regard des garçons ».

Enfin, à propos du « Mois décolonial » qui « vise à déconstruire l’imaginaire post-colonial », il se tiendra bien de nouveau au mois de mars à Grenoble. Toutefois, M. Piolle précise qu’il ne soutient pas l’initiative mais… il la finance. La nuance est subtile.

Eric Piolle et ses pairs finiront en babouches et turban, çà « libère le corps ».

Et ça facilite la conduite des vélos.

Artofus.

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