Avec Macron chef de guerre, est-ce encore bien utile de maintenir l’élection présidentielle ?

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Marie Delarue 25 février 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Des semaines qu’Emmanuel Macron nous jouait la valse-hésitation, telle une jeune fille sur le point de perdre sa virginité : j’y vais ou pas ?

Il peaufinait sa mise en scène, aidé par un contexte « porteur » : posant ici en chef de l’Europe, là en vainqueur du Covid, au bout de la table en artisan de la paix mondiale… tellement occupé qu’il n’avait pas le temps de sacrifier à cette contrainte administrative qu’est une déclaration de candidature. Il l’avait dit, en a même fait un slogan : je serai « Président jusqu’au dernier quart d’heure ».

Et puis voilà que survient « LA surprise, celle qui, à chaque campagne présidentielle, vient bouleverser la donne et rebat les cartes du scrutin à quelques semaines seulement de l’échéance », comme disait Nicolas Beytout, ce vendredi matin (Europe1). En 2017, elle avait eu François Fillon : explosion judiciaire en plein vol.

François Fillon est allé voir ailleurs. À l’Est, justement : il est entré au conseil d’administration du groupe pétrolier russe Zaroubejneft. Alors, il a commenté LA surprise du jour, celle de l’attaque de l’Ukraine par le camarade Poutine. C’est « le refus des Occidentaux » d’entendre les revendications russes concernant l’OTAN qui a conduit à ce drame, dit-il dans un tweet, ajoutant que « cette attitude conduit aujourd’hui à une confrontation dangereuse qui aurait pu être évitée ». À quoi son ex-amie Valérie Pécresse a répondu : « Il n’est plus dans la vie politique française, ses propos ne nous concernent pas. »

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Il est vrai que l’avis de Fillon est de ceux qu’il ne fait pas bon exprimer aujourd’hui, toute la nation étant censée se ranger derrière le Président, de Zemmour à Mélenchon en passant par Le Pen et Jadot, quitte à manger son chapeau.

Ben oui, parce que la voilà, la grande chance d’Emmanuel Macron, celle qui – en apparence – rend obsolète la campagne : le chef de guerre, père de la nation et tuteur de l’Europe, ne peut être contesté. Juste soutenu dans ses œuvres. Le conflit qui démarre le place d’office au-dessus de la mêlée, dans les hautes sphères de l’inaccessibilité. Comme le dit un de ses proches dont Le Figaro (24/2/2022) reprend les propos : « Tout le monde comprend ce que ça veut dire que d’exercer la fonction de président de la République. » Et, dès lors, « difficile de se livrer aux petites polémiques qui rythment l’ordinaire d’une période électorale. Résultat la retenue s’impose, et met la campagne sur pause. Y compris celle d’Emmanuel Macron », écrit le quotidien.

Certes, le Président ne pourra échapper à la déclaration de candidature, puisque la loi l’y contraint, mais ce sera assurément a minima. Déjà, on nous explique que l’agenda est bouleversé : Emmanuel Macron s’est fait représenter au dîner du CRIF par son Premier ministre, et s’il inaugure samedi le Salon de l’agriculture, pas de déambulation dans les allées car l’heure est grave. Ce « devrait être cette fois de simples rencontres avec les organisations syndicales agricoles présentes sur place, pour évoquer les conséquences directes et indirectes de cette crise », notamment sur les cours du blé, des céréales et des prix de l’énergie.

Ce qu’on croit comprendre, c’est que le Président, jusqu’au dernier quart d’heure, n’aura pas de temps à perdre à dérouler et discuter son programme. Pas la peine, la situation à l’international fait le job pour lui mieux encore que la crise du Covid. L’un de ses proches résume : « Dans ce contexte compliqué, le Président peut bénéficier d’une prime à quatre valeurs : le sang-froid, la détermination, la préservation de l’unité nationale et européenne, et l’expérience. »

D’où la question : est-ce encore bien utile de maintenir l’élection présidentielle ? On pourrait la supprimer peut-être, et voter Macron par acclamations. Ça ferait des économies…!!!!!

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