LES 500 PARRAINS DE LA RÉPUBLIQUE

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Trois candidats importants à l’élection présidentielle pourraient être éliminés avant de se proposer aux urnes ; rien de moins que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour. Faut-il s’en inquiéter ?

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© Capture d’écran YouTube

Oui, il convient de s’inquiéter de cette situation mettant en danger près d’un électeurs sur deux, les trois susnommés cumulant 40 % des voix dans les sondages. Peut-on en revanche croire qu’ils ne les auront pas en bout de course ? Longtemps, nous ne nous sommes pas affolés, imaginant que les choses rentreraient dans l’ordre.

Ce qu’un esprit rationnel était en droit de penser il y a encore quelques jours n’est désormais plus si certain. Marine Le Pen et Éric Zemmour – Jean-Luc Mélenchon semble désormais à l’abri – sont à deux doigts ne pas pouvoir concourir alors que l’une était au second tour de la précédente élection et que l’autre, bien que neuf en politique, est crédité d’intentions de votes supérieures à la barre des 10 % depuis déjà plusieurs mois. En parallèle, les candidates des Républicains et du Parti socialiste ont réuni des milliers de signatures, interdisant dans le même temps aux élus de leurs partis respectifs de les accorder aux « candidats des extrêmes » – Geoffroy Didier ayant déclaré en janvier que les élus des Républicains qui oseraient parrainer Eric Zemmour seraient exclus du parti.

Lire aussi : Faut-il réformer le système des parrainages ?

Une préconisation suivie à la lettre par l’inénarrable Aurélien Pradié, jamais pris en défaut quand il s’agit de montrer « du courage », c’est-à-dire de se comporter en roquet donneur de leçons contre tous ceux qui ont encore l’outrecuidance de défendre une droite dure sur les questions d’immigration, qui a adressé à Clément Borolli un courrier dont l’objet était « procédure disciplinaire » : « Mon attention a été appelée sur votre soutien à Eric Zemmour. (…) Je vous rappelle que conformément à la ligne adoptée par notre famille politique, aucune alliance n’est tolérée avec l’extrême droite que nous combattons avec la plus grande fermeté ».

Ce qu’omet de préciser ce tenant d’une droite cassoulet, c’est que certains cadres des Républicains considèrent qu’un parrainage vaut soutien. C’est précisément cette idée qui empêche des candidats d’ouverture d’aborder sereinement l’élection et de faire campagne, focalisés qu’ils sont sur la récolte des signatures. Terrifiés, parfois par manque de courage élémentaire, ne soyons pas trop larmoyants, des élus n’osent pas parrainer de peur qu’on les soupçonne de soutenir un candidat qui pourrait déplaire au beau-père de la cousine de leur premier adjoint à la voirie.

Face à cette situation critique qui pourrait encore dégoûter un peu plus les Français de la chose politique, et plonger un peu plus certains Français dans l’abstentionnisme militant et l’antipolitique, François Bayrou et David Lisnard ont décidé d’agir. Le premier a constitué une bourse de parrainages pour les candidats crédités de plus de 10 % dans les sondages, conscient depuis longtemps que la Ve République est à bout de souffle à cause du manque de représentativité de ses institutions paralysées par le mode de scrutin majoritaire à deux tours adapté au bipartisme, ou encore la levée de l’anonymat des parrainages décidé par François Hollande. En fait de mettre un terme aux candidatures fantaisistes, cette règle pourrait surtout éliminer préventivement les candidats les moins implantés dans le jeu politique local. Du pain bénit pour LR et le PS, deux partis en chute libre au niveau national, mais toujours bien présents au ras-du-sol.

Il est temps de balancer ces règles anachroniques et peu démocratiques dans les limbes de l’histoire d’où elles n’auraient jamais dû sortir

Le second, président de l’Association des maires de France, a appelé les maires à se décrisper et à ne plus se soumettre au chantage en apportant leurs signatures aux trois candidats qui pourraient ne pas les avoir. Il a fait preuve de sens civique. Malheureusement, sa démarche de donner sa signature à Jean-Luc Mélenchon, sera peu suivie d’effets chez des élus de gauche particulièrement sectaires qui se réjouissent ouvertement que Marine Le Pen ou Éric Zemmour puissent être éliminés d’office, à l’image d’Anne Hidalgo ou de Sandrine Rousseau. Il sera d’ailleurs difficile de faire à Éric Zemmour un procès en implantation locale, son mouvement étant très récent.

La question du système des parrainages ne devrait pas en être une. Il est temps de balancer ces règles anachroniques et peu démocratiques dans les limbes de l’histoire d’où elles n’auraient jamais dû sortir. Il est temps, aussi, de renverser la table d’un jeu faussé où 35 % des Français savent que s’ils tombent sur pile les autres gagnent et que s’ils tombent sur face ce sont eux qui perdent.

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