Présidentielle : pourquoi Emmanuel Macron est le candidat de l’establishment des affaires

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Présidentielle : pourquoi Emmanuel Macron est le candidat de l'establishment des affaires
Quand François Fillon, lors de la campagne précédente, se faisait l’agrégat des réseaux financiers ou des groupes d’intérêt, le chef de l’État, lui, gère les sphères économiques en leur administrant à distance de quoi satisfaire leur appétit.
AFP

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Enquête

Par Clément Fayol et Louis Hausalter , avec Vanessa Ratignier

Publié le 04/03/2022 à 7:00

Le chef de l’État a gagné le cœur du capitalisme français. Pas en choyant les grands patrons, très peu conviés dans son bureau, mais à coups de cadeaux fiscaux et de facilités en tout genre. À un mois de la présidentielle, il est clairement le candidat de l’establishment des affaires.

Ils sont entrés en fonction pratiquement au même moment. Une semaine à peine avant l’élection d’Emmanuel Macron, le 7 mai 2017, Laurent Burelle, milliardaire et patron du groupe Plastic Omnium, a pris la tête du principal lobby du secteur privé, l’Association française des entreprises privées (Afep). Un poste stratégique qui fait de lui le représentant des plus gros groupes français. Un quinquennat plus tard, c’est l’heure du bilan, et Burelle a des arguments à faire valoir à ses pairs.

Ses promesses, lui les a tenues. Officiellement, pour prendre ce poste, il suffit d’incarner au mieux les intérêts du capitalisme français. Officieusement, Burelle, qui était administrateur de l’Afep depuis 2014, a fait campagne sur deux points clés qu’il s’engageait à défendre bec et ongles auprès de l’exécutif. Dans les argumentaires qu’il faisait circuler chez les prestigieux administrateurs de l’association, il promettait de peser pour alléger la fiscalité sur le patrimoine et le capital, ainsi que d’obtenir une réforme des droits de succession. Le patron lobbyiste en avait rêvé, Emmanuel Macron l’a fait dans les six premiers mois de sa présidence.

LES GRANDS PATRONS RAVIS

À la fin de 2017, la suppression de l’ISF pour le patrimoine et la « flat tax » sur les revenus financiers sont votées dans le premier budget du quinquennat. Laurent Burelle et l’Afep peuvent célébrer ce qui n’est même pas une victoire, puisqu’ils n’ont pas eu à batailler. Quant aux droits de succession, il faudra attendre plus longtemps, jusqu’à un potentiel second mandat Macron. Bruno Le Maire, multiple invité aux agapes de l’Afep, vient d’ouvrir la porte à « un geste » sur les transmissions des entreprises familiales, histoire d’envoyer un nouveau signal à l’approche de la présidentielle. « C’est le paradoxe Macronrésume un lobbyiste. En 2017, les très grands patrons, qui soutenaient plutôt Fillon, ­pensaient qu’ils auraient à se battre contre un président qui portait un discours mettant en avant les entrepreneurs contre les héritiers. Finalement, avec l’ISF, il leur a fait un cadeau qu’ils n’avaient pas demandé. Macron ose ce que la droite n’aurait pas osé. » Cerise sur le gâteau : en novembre 2021, Laurent Burelle a été élevé à la dignité de grand officier de l’ordre du Mérite sur décret du président de la République.

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