[Tribune ] La présidence de la République n’est pas un bail par tacite reconduction

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Stéphane Buffetaut 6 mars 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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Le président de la République vient d’annoncer qu’il serait candidat pour un second mandat. Ce qui n’est évidemment pas une surprise, même si certains tentaient de créer un suspense autour de ce secret de Polichinelle.

Emmanuel Macron annonce d’emblée qu’il ne pourra faire réellement campagne en raison des circonstances extérieures. Ses propos sous-entendent presque que son éventuelle réélection ne serait qu’une formalité. L’invasion de l’Ukraine lui rend un sinistre service en lui permettant de se poser en maître de la diplomatie plus qu’en chef de guerre. Car l’Occident n’entend surtout pas entrer en guerre et laisse l’Ukraine seule face à l’envahisseur. Ici les rodomontades, là-bas la guerre.

Pourtant, la campagne présidentielle française doit bien être menée et il n’y a aucune raison de ménager le candidat Président au motif qu’il est juridiquement le chef des armées et de la diplomatie. On attend de lui qu’il exerce ses responsabilités le mieux possible en cette période tragique, mais la démocratie exige que l’on puisse mettre en cause son bilan.

Or, celui-ci est désastreux. Non pas seulement parce que le personnage s’est montré méprisant à l’égard de bien des Français, mais aussi parce que les résultats concrets de son quinquennat sont mauvais, voire catastrophiques, sur bien des plans : sécurité, immigration, cohésion sociale, coût de la vie, centralisme, absurdité administrative, recul des libertés essentielles, déconstruction sociétale, qualité de l’enseignement, déficit commercial, endettement de l’État, politique africaine, politique militaire, politique énergétique, alignement sur les États-Unis, « européisme » béat, wokisme rampant.

Dans sa lettre de candidature, Emmanuel Macron évoque son habituel credo européen. Mais la guerre sur le sol du Vieux Continent apporte la démonstration que l’Union européenne, c’est « l’Europe impuissance ». L’Union européenne n’a pas su ni pu éviter le conflit. Par son alignement sur les États-Unis, et par son ineptie diplomatique à l’égard de la Russie, elle a non seulement manqué de nombreuses occasions, mais encore contribué à rendre la situation incontrôlable. Sa dépendance stratégique totale à l’égard des USA l’a conduite à l’impuissance militaire. Impuissance voulue et assumée. Avant le Brexit, l’effort militaire conjugué de la France et du Royaume-Uni représentait 60 % du budget militaire des 28 États membres. Ceux-ci ne voulaient pas payer le prix de leur sécurité. Le réveil est brutal, mais une armée ne se crée pas en un jour, même à coups de millions d’euros.

L’exemple européen démontre que M. Macron est dans l’incantation, l’illusion idéologique. Rien n’est plus dangereux pour un peuple que l’on rend ainsi vulnérable, car on préfère lui vendre « des mensonges qui rassurent plutôt que des vérités qui dérangent ». La vérité, c’est qu’à la fin du quinquennat, la France est affaiblie.

Alors que la guerre ressurgit à nos portes, l’exemple de notre armée est parlant : en 1991, la France pouvait aligner 1.349 chars d’assaut (222 aujourd’hui), 686 avions (254 aujourd’hui), 37 navires de guerre (19 aujourd’hui), 453.000 hommes (203.000 aujourd’hui), 420.000 réservistes (41.000 aujourd’hui) (rapport parlementaire du 17 février 2022) ! On se souvient que le général de Villiers avait démissionné pour protester contre le manque de moyens. Qui avait raison, du Président ou du chef d’état-major ? Et certains irresponsables du gouvernement persistent à jouer les « va-t-en-guerre ».

Le président de la République est un homme dangereux. Il préfère ses rêves européens et mondialistes aux réalités françaises. Car celles-ci sont les réalités quotidiennes d’un peuple pour qui la mondialisation n’est pas forcément heureuse, l’immigration pas une chance, l’État pas un protecteur mais un oppresseur, l’Union européenne pas une sécurité. Ce personnage vit, pense et agit prisonnier d’une idéologie dite progressiste mais certainement destructrice. Il faut qu’il quitte le pouvoir. Le plus tôt sera le mieux. La France n’a pas cinq ans à perdre. Français, entrez en campagne !

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