Guerre en Ukraine : le retour du Grand Jeu. A LIRE !

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Le retour de la guerre en Europe est symptomatique d’une rivalité renouvelée entre les grandes puissances, à laquelle les Occidentaux doivent s’adapter. 

Badge d'un soldat de l'operation Lynx de l'Otan a la base de Rukla, en Lituanie, qui fit l'objet d'une visite d'Emmanuel Macron le 29 septembre 2020.
Badge d’un soldat de l’opération Lynx de l’Otan à la base de Rukla, en Lituanie, qui fit l’objet d’une visite d’Emmanuel Macron le 29 septembre 2020.© LUDOVIC MARIN / AFP

Par Joel Kotkin et Hugo Krüger* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)

Publié le 04/04/2022 LE POINT

L’invasion de l’Ukraine par la Russie restera dans les mémoires comme l’un des grands crimes du XXIe siècle. La crise humanitaire qu’elle a provoquée a déjà poussé plus de quatre millions de réfugiés à fuir leur pays. Avec l’imposition de sanctions, les leaders internationaux devront peser leurs options politiques, car une hausse des prix de l’énergie a de quoi déclencher, en Europe, des pénuries alimentaires à l’automne prochain, et entraîner une catastrophe encore plus grave en Afrique et dans d’autres pays en développement. Dans un tel contexte, il est aisé d’appréhender la guerre actuelle en Ukraine en des termes manichéens. Mais une fois ce conflit terminé, ou lorsqu’il aura muté en guérilla, ce sont les identités nationales, la géopolitique et l’économie, et non des principes abstraits, qui mèneront la danse.

Nous revenons à une situation qui n’est pas sans rappeler le «  Grand Jeu » qui, au XIXe siècle, aura vu la Grande-Bretagne et la Russie tsariste se disputer les ressources de l’Asie centrale, tandis que d’autres pays européens – la France, l’Allemagne, la Belgique – s’évertuaient à étendre leurs empires à l’Afrique, riche en matières premières. Après une période d’accalmie aux lendemains de l’effondrement de l’Union soviétique, le Grand Jeu a repris, avec les États-Unis et la Chine tenant le haut de l’affiche. L’humiliant retrait des États-Unis d’Afghanistan, un pays au centre de l’ancien Jeu, a stimulé les ambitions de la Chine et de la Russie à gagner le nouveau. Les acteurs ont changé et le Grand Jeu d’aujourd’hui met en scène un nouveau conflit – le « duopole » de la Russie et de la Chine, avec leurs alliés que sont l’Iran et le Venezuela, contre les États-Unis et l’Occident démocratique.

La Chine au secours de l’économie russe

Ce conflit ne sera pas nécessairement militaire, et si la Russie et la Chine sont les piliers du duopole, elles joueront chacune leur propre partition. La Russie reste une nation lourdement militarisée, dont l’économie, alimentée par le pétrole et le gaz, fournit à son gouvernement grosso modo 40 % de ses revenus. La Chine, pour sa part, s’appuie sur le pétrole russe et celui d’États alliés comme l’Iran pour échafauder la plus formidable économie industrielle du monde. La Chine a de quoi apporter du lest financier à l’économie russe en déroute, y compris un système alternatif de cartes de paiement pour remplacer celui de l’Occident.

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L’exclusion de la Russie de l’économie dominée par l’Occident a rapproché les deux géants autocratiques, et la Russie peut désormais compter sur des fonds chinoispour financer son si crucial secteur des ressources. Mais ce qui rend la Russie séduisante, et même profitable, aux yeux des Chinois, ne relève pas de l’idéologie, mais de l’énergie. Malgré les rêves de voir tous les pays du monde se donner la main, les parallèles avec la dernière guerre mondiale sont bien plus pertinents qu’on pourrait le croire.

« Les produits pétroliers, écrivait en 1943 le géographe américain C.F. Jones, « sont le sang des batailles qui abreuvent la victoire ». Le terrain de l’invasion russe a notamment été préparé par l’énergie, car les ressources de Poutine lui paient ses instruments de terreur favoris. Selon le militant des droits de l’homme Garry Kasparov, l’Europe aura de facto donné le « feu vert » à Poutine pour envahir l’Ukraine, car l’Allemagne et « les Pays-Bas, l’Italie, la France, la Grande-Bretagne » ont tous financé la « machine de guerre » de la Russie durant la dernière décennie. Après tout, les missiles pilonnant Kharkiv et Kiev ont été payés par l’Occident.

Indécentes (et vaines) courbettes

Si l’Occident avait effectivement compris comment freiner Poutine, il aurait immédiatement interdit le pétrole russe, une décision que le président américain Joe Biden n’a finalement prise qu’à contrecœur et sous une forte pression. Du côté de l’Europe, on affirme réduire sa consommation d’ici l’hiver prochain. Et voilà que les États-Unis – un pays sur le point de devenir le premier exportateur de gaz au monde et d’ores et déjà autosuffisant en pétrole – ont été contraints de supplier les autocraties d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et même du Venezuela pour qu’ils viennent en aide à l’automobiliste américain en colère. Jusqu’à présent, même ces indécentes courbettes n’ont pas suffi. Ce qui montre combien la force américaine et la détermination européenne se sont effondrées sous le poids des réalités énergétiques.

Le tragique de la chose, c’est que les blessures causées par la vulnérabilité aux exportations énergétiques russes sont largement auto-infligées – le résultat d’une approche fantaisiste de la réduction des émissions de carbone. La tentative de forcer une « neutralité carbone » dans un délai serré, et ce sans compenser par la production de gaz naturel et de nucléaire nécessaire pour que la transition n’ait pas de conséquences économiques dévastatrices, contribue très certainement à expliquer que la Russie ait réussi à amasser autant de liquidités avant la guerre. L’Occident, y compris les États-Unis, riches en pétrole et en gaz, se sont tournés vers la Russie comme source temporaire d’approvisionnement dans leur quête du nirvana – une existence sans combustibles fossiles.

À LIRE AUSSI« Label vert » : Bruxelles dit oui aux investissements dans le gaz et le nucléaireUn dictateur aussi impitoyable que Poutine sait reconnaître des « idiots utiles » quand il en voit. Des intérêts russes auraient financé des militants anti gaz de schiste pendant des années. Mais nul besoin de recourir à des méthodes sournoises quand les puissances occidentales font preuve d’un manque de sérieux aussi manifeste. Comme le fait remarquer Mike Shellenberger : « À l’heure où nous interdisions les pailles en plastique, la Russie forait et doublait sa production d’énergie nucléaire. »

Poutine, selon Shellenberger, comprend son intérêt national : la Russie produit trois fois plus de pétrole qu’elle ne peut en utiliser sur son territoire, et deux fois la quantité de gaz ou de charbon dont elle a besoin. Elle fournit environ 20 % du pétrole de l’Europe, 40 % de son gaz et 20 % de son charbon. Le cas le plus critique est sans doute celui de l’Allemagne, l’économie dominante de l’Europe, avec son Energiewende (« transition énergétique ») tant vantée, qui visait à abandonner d’un coup l’énergie nucléaire et le charbon. Non seulement le coût de la vie en Allemagne a augmenté, mais le pays a accru sa dépendance au gaz russe.

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Mais les militants et les politiques écologistes ne sont pas les seuls à avoir poussé le désastre énergétique actuel. Le capitalisme des parties prenantes ESG aura engendré un manque d’investissement dans les combustibles fossiles, alors même que l’explosion de la demande de « terres rares » semble annoncer une série de catastrophes environnementales. En 2022, le stockage du gaz en Europe a atteint un seuil dangereux, en deçà des 50 % de sa capacité, et les tensions avec la Russie ont provoqué une flambée des prix du gaz en Europe.

Même si le gaz naturel liquéfié américain en vient à supplanter l’approvisionnement russe, la transition prendra des mois. Ici, l’histoire se répète comme une triste farce. Comme dans les années 1930, les conciliateurs occidentaux ont laissé la porte grande ouverte à l’expansionnisme russe. Un Occident se berçant d’illusions n’a pas pris de mesures pour contenir la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014, réduisant au contraire le stock d’armes létales de l’Ukraine et refusant de sanctionner le pipeline Nordstream 2. Face à une tel affichage de faiblesse, Poutine a répondu comme le font toujours les brutes.

À LIRE AUSSINord Stream, l’histoire d’un fiasco stratégique allemandPoutine n’est pas le seul à suivre le modèle énergétique westphalien, qui fait primer la souveraineté nationale sur les exigences du capital mondial ou des institutions internationales. La Chine profite également de la décarbonation rapide de l’Occident, en injectant de l’argent dans les fonds verts occidentaux, qu’importeses propres investissements massifs dans le charbon. Les Chinois savent que, au moins à moyen terme, les combustibles fossiles resteront essentiels à leur croissance économique. Après tout, les combustibles fossiles représentent encore 81 % de l’ensemble des approvisionnements en énergie et, même si chaque pays tient ses promesses climatiques, ils en représenteront encore environ les trois quarts en 2040.

La Russie est déjà la deuxième source de pétrole de la Chine (après l’Arabie saoudite). Elle vient de signer un accord tricennal pour la construction massive de nouveaux gazoducs russes et lui a acheté d’autres matières premières comme le charbon, l’orge et le blé. La Chine représente désormais 18,6 % des exportations de la Russie. Acheter du pétrole et du gaz et brûler du charbon ne pose aucun problème à un pays qui se moque bien des gros yeux que peuvent lui faire les écologistes, et qui ne prévoit pas de réduire ses émissions avant 2030. Pour les pays en développement comme l’Inde, les échéances sont encore plus longues. L’Inde est susceptible de devenir la troisième puissance mondiale après la Chine et les États-Unis, et elle dépend également de la Russie pour 49 % de ses armements.

Des pénuries aux fermetures d’usines

La doxa verte occidentale – qui s’oppose au nucléaire et au gaz naturel, en plus des combustibles plus sales – fait basculer l’avantage concurrentiel vers la Chine. Avant même l’invasion de l’Ukraine, la réalité du coût et du manque de fiabilité des énergies « renouvelables » accélérait déjà la désindustrialisation du Royaume-Uni et d’autres parties de l’UE. L’actuelle pénurie d’énergie est à l’origine de fermetures d’usines en Europe et, à moins d’une tentative concertée de relance de l’industrie manufacturière, les prix élevés de l’énergie risquent d’accélérer le transfert vers des pays moins réglementairement sourcilleux comme l’Inde et la Chine – de loin les plus gros émetteurs de CO2 au monde. D’ici à ce que la Chine, l’Inde et d’autres pays en développement se sentent capables de réduire leurs émissions en se tournant vers l’énergie nucléaire, l’Occident aura sans doute achevé son auto-désindustrialisation, et même les plus grandes puissances industrielles de jadis seront définitivement prises au piège des chaînes d’approvisionnement chinoises,notoirement prolifiques en carbone.

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Comme la Russie, la Chine peut remercier le mouvement ESG, poussé par des sociétés financières comme Blackrock et insistant pour que l’économie se plie à leurs obsessions « net zéro ». Le deux poids deux mesures de Wall Street représente une adhésion effective à l’hégémonie de la Chine, qui paralyse l’industrie occidentaletout en augmentant les échanges avec le plus gros pollueur du monde et le parangon de l’autocratie. Jusqu’à présent, des options plus satisfaisantes – augmentation du travail à distance, énergie géothermique, production de gaz naturel, énergie nucléaire et nouvelles technologies – ne sont pas à l’ordre du jour des entreprises.

Sur des sujets comme celui des voitures électriques, les décisions gouvernementales confèrent de facto à la Chine une position dominante dans l’avenir du transport terrestre. La Chine conserve également un quasi-monopole sur la chaîne d’approvisionnement des batteries pour véhicules électriques, dont le contrôle de 80 % du raffinage des matières premières dans le monde, 77 % de la capacité mondiale des cellules et 60 % de la fabrication des composants. La Chine produit quatre fois plus de batteries que les États-Unis, à la deuxième place, et contrôle des matières premières essentielles, notamment de grandes concentrations de terres rares, de lithium, de cuivre et de cobalt. Les États-Unis possèdent bien certains de ces minéraux, mais l’opposition écologiste rend peu probable leur exploitation, du moins pendant les années Biden. La Chine et la Russie ont vite fait en sorte de sécuriser ceux qu’elles possèdent, mais d’autres peuvent être obtenus auprès d’États vassaux émergents en Afrique et en Asie centrale, ainsi qu’en Amérique latine.

La Chine, bientôt première superpuissance mondiale ?

Ce qui va dans le sens de l’objectif déclaré de la Chine de dominer les chaînes d’approvisionnement et de devenir la première superpuissance mondiale d’ici 2050 – une perspective certes effrayante, mais à tout le moins plus cohérente que les vagues fantasmes des gouvernements occidentaux voulant « reconstruire en mieux » ou mener une « réinitialisation » anti-croissance. Un renouveau industriel en Occident sera difficile sans énergie fiable comme le gaz naturel et le nucléaire – les alternatives intermittentes que sont le solaire et l’éolien doivent être complétées par d’autres sources lorsqu’il n’y a pas de soleil ou de vent.

À quoi ressemblera le monde d’après l’invasion – pas celui de demain, mais de la prochaine décennie ? Le passé peut certainement se révéler instructif. Les axiomes de l’ordre néolibéral sont en passe d’être remplacés par une situation bien plus proche de la loi de la jungle. Dans ce monde, un égoïsme de moins en moins voilé l’emportera sur les belles et grandes déclarations morales. L’Europe et l’Amérique peuvent y voir « une guerre contre la démocratie », sauf que la plus grande démocratie du monde, l’Inde, se montre circonspecte sur la question, et Israël, qui a besoin de la Russie pour contrôler son turbulent voisin, la Syrie, a été réticent à se joindre à la cause anti-Poutine.

À LIRE AUSSILe grand embarras d’Israël devant la guerre en UkraineQue de nombreux pays africains, dépendant fortement de la Chine, n’aient pas suivi la condamnation de l’invasion est tout aussi révélateur. Qu’ils soient plus ou moins démocratiques ou carrément despotiques, il est peu probable qu’ils renoncent à ce que le duopole leur offre en termes de ressources, de pouvoir financier ou de marchandises pour le simple plaisir d’être dans le camp du bien. Les prix élevés du gaz paralysent déjà des économies de l’Afrique subsaharienne.

L’alimentation est également une préoccupation majeure pour les pays en développement, et la Russie joue ici un rôle majeur, puisqu’elle produit environ un cinquième des exportations mondiales de blé. Sans surprise, l’Afrique a été diviséepar la résolution de l’ONU condamnant l’agression russe : le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Namibie se sont abstenus, tandis que des partenaires commerciaux traditionnels des États-Unis comme le Botswana, le Kenya et le Nigeria l’ont approuvée.

Un nouveau système indépendant du contrôle occidental

Même si le coup de Poutine en Ukraine se révèle perdant du fait du régime de sanctions actuel, l’émergence du duopole semble devoir se renforcer dans les années à venir. La Chine (et, dans une certaine mesure, l’Inde) commence à construire un nouveau système financier, indépendant du contrôle occidental. Si une telle démarche ne sera pas sans rencontrer de sérieux écueils, des experts laissent entendre qu’elle pourrait aider la Chine à survivre à ce genre d’assaut économique si – ou, plus probablement, quand – elle entreprendra d’absorber Taïwan, après ses campagnes répressives menées au Xinjiang et à Hongkong. C’est en tout cas ce que craignent de nombreux Taïwanais. En prenant le contrôle de cette île économiquement très dynamique, les Chinois mettraient la main sur la plaque tournante la plus vitale de l’industrie des semi-conducteurs, soit un atout supplémentaire pour leur projet de domination de l’avenir économique, et donc politique.

Pour l’Occident, le moment est critique. On saluera la solidarité européenne contre Poutine, y compris au sein d’une gauche traditionnellement pacifiste. La décision de l’Allemagne d’augmenter enfin ses dépenses de défense et de modifier sa politique énergétique pour s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis de la Russie constitue à n’en pas douter un heureux point de départ. Notamment, le pays a décidé de reclasser le nucléaire et le gaz naturel dans la catégorie des « énergies vertes ». Mais ces progrès promettent d’être limités. Comme nous l’avons vu après l’invasion de la Crimée en 2014, la volonté européenne a tendance à vaciller sous les coups des intérêts personnels, et la poussée vers le « net zéro », même si elle sera peut-être temporairement retardée par l’invasion, est si chère au cœur de bien des progressistes occidentaux et de leurs alliés du secteur privé qu’elle refera probablement surface dès que la guerre aura passé son épilogue.

À LIRE AUSSIGuerre en Ukraine – Joschka Fischer : « Le virage allemand est profond et durable »Il serait assurément utile que l’establishment de la défense occidentale se recentre sur les défis posés par le duopole. Malheureusement, si l’on en croit un étrange tweet du chef du MI6, les préoccupations d’une grande partie de ce même establishment demeurent l’absolutisme vert et les droits des minorités sexuelles. Les armées américaines et européennes s’inquiètent du changement climatique et dusuprémacisme blanc, alors qu’elles feraient mieux de consacrer leur temps à renforcer leurs fragiles capacités militaires. La Chine, pour sa part, est en train deconstruire la plus grande flotte navale du monde. Pas, comme le prétendait la marine américaine sous Obama, pour être une « force du bien », mais pour étendre son influence dans le Pacifique Est, en Afrique et au-delà.

Malheureusement, difficile de trouver des dirigeants occidentaux susceptibles de greffer une certaine colonne vertébrale au monde démocratique libéral. Personne de la trempe de Churchill, Roosevelt, Truman, ou même de Reagan. La chaotique présidence de Trump a disparu, remplacée par un Biden fade et faiblard, auquel même le Guardian prévoit des tourments à cause de ses connexions familiales. La réaction de l’envoyé spécial des États-Unis pour le climat, John Kerry, à l’invasion russe est un cas d’école : il s’est dit inquiet de ses « conséquences massives en termes d’émissions ». Peut-être fallait-il qu’il y retranche toutes les émissions perdues avec la contraction de la croissance économique et la mort de milliers de soldats et de civils.

L’Occident doit se réveiller

En fin de compte, l’Occident aura peut-être à choisir entre ses objectifs climatiques actuels et l’hégémonie des autoritaristes. Notre meilleur espoir est que l’agression de Poutine pousse l’Occident à se réveiller, à se réindustrialiser et à trouver une politique énergétique viable. Nous avons besoin de politiques solides et de dirigeants capables de jouer aux échecs avec Xi ou Poutine, ou n’importe quel prochain dirigeant de l’État russe. Les autocrates jouent déjà au Grand Jeu et si nous ne nous attelons pas à en maîtriser aussi bien les règles, nous ne pourrons que perdre la partie.

*Joel Kotkin est chargé de recherches en prospective urbaine à l’université Chapman et directeur exécutif de l’Urban Reform Institute, basé à Houston. Son dernier livre, « The Coming of Neo-feudalism: A Warning to the Global Middle Class », est disponible chez Encounter. Vous pouvez le suivre sur Twitter @joelkotkin

Hügo Krüger est un ingénieur en génie civil fort d’une expérience dans les secteurs du nucléaire, du béton, du pétrole et du gaz. Il contribue régulièrement au blog sud-africain anglophone Rational Standard et à l’Afrikaans Newspaper Rapport.

** Cet article est paru dans Quillette. Quillette est un journal australien en ligne qui promeut le libre-échange d’idées sur de nombreux sujets, même les plus polémiques. Cette jeune parution, devenue référence, cherche à raviver le débat intellectuel anglo-saxon en donnant une voix à des chercheurs et des penseurs qui peinent à se faire entendre. Quillette aborde des sujets aussi variés que la polarisation politique, la crise du libéralisme, le féminisme ou encore le racisme. Le Point publie chaque semaine la traduction d’un article paru dans Quillette.

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